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Rallye bâtiment laitier
Optimiser l'équipement laitier

Comment concilier économie, efficacité et temps de travail ? Les réponses innovantes ou originales mises en place sur 3 exploitations, 15 agriculteurs les ont découvertes, le 22 novembre dernier, dans le rallye bâtiment laitier, organisé par la Chambre d'agriculture du Morbihan, sur le secteur de Vannes. Le point sur chaque réalisation.

 

Dejà optimisés, les équipements de traite en place dans les exploitations, peinent à répondre à l’augmentation du nombre de vaches laitières dans les troupeaux que précipite l'après quotas. Car que ce soit en TPA, en épi ou au roto, « un poste trait 5 vaches par heure. Mathématiquement, avec une 2X5 il faudra compter 1 heure pour traire 50 vaches », pointe, Nicolas Debéthune, conseiller bâtiment. Plus de vaches à traire, et c'est le temps de traite qui explose. Une réalité qui, si elle perdure, devient difficile à vivre pour bon nombre d'éleveurs et limite de fait le développement de l'exploitation.

 

« Ouvrir les horizons »

Alors face à l'agrandissement prévisible des salles de traites, des réponses sont nécessaires. C'est l'objet de ce rallye organisé mardi dernier sur trois exploitations du pays de Vannes. A chaque visite, une option technico-économique différente. A Crac'h, l 'éleveur a choisi de cibler son investissement sur son besoin  plutôt que de refaire l'ensemble de son bâtiment en risquant de pénaliser économiquement son résultat. Il a concentré ses investissements sur le bloc de traite refait à neuf. A Theix, pour garantir la fluidité de la traite, un système original de sortie rapde a été choisie. Enfin, à Surzur, passer de postes en épi à une TPA, moins consommatrice en surface, a permis de faire face à l'accroissement du troupeau lié à l'arrivée de nouveaux associés. «Ce type de rallye permet d'ouvrir des nouveaux horizons pour des éleveurs qui réfléchissent à la traite « . A découvrir sans modération.

 

Claire Le Clève

  

 

 

Réserver l’investissement à l’indispensable

Le groupe s’est tout d’abord donné rendez vous à Crac'h, chez Patrick Le Blé à Keryagune.

En 2008 l’éleveur trayait une quarantaine de vaches dans une étable entravée datant des années 80. « Le système était rentabilisé, ce n’était pas le problème, mais petit à petit l’entretien du matériel commençait à poser question. Et surtout, passé 45 ans on commence à se préoccuper de son dos ! » résume l'éleveur.

Accompagné par Nicolas Debéthune, conseiller bâtiment à la Chambre d ‘Agriculture du Morbihan, Patrick a entamé une réflexion sur la modernisation de son élevage.

Premier constat, le bâtiment se trouvant au milieu du village, tant qu’à faire du neuf, il était préférable de prévoir de le délocaliser. « Comme mon système est très herbager, on a prévu de mettre le bâtiment au milieu des pâtures. C’est facile ! J’ai 52 ha de SAU dont 52 ha accessibles aux vaches !! »

Et puis la réalité financière a rattrapé le projet. « On comptait sur une aide à la délocalisation mais elle nous a été refusée. Et puis il y a eu la crise du lait. Je me suis recentré sur ce qui était nécessaire à mon exploitation et à sa transmission. 52 ha avec une étable ce n’est pas facile à transmettre ; avec un bloc traite et un bâtiment déjà prévu c’est mieux. »

Le projet a donc évolué. Un bloc traite, une table d’alimentation découverte et une fosse pour la mise aux normes de l’ensemble ont été construits à l’écart du village. Le travail s’en trouve simplifié (plus de fils à prévoir pour traverser la route du village)et la santé préservée. Les vaches couchent dans l’ancienne étable transformée en aire paillée. « Mais avec mon système elles n’y viennent que trois mois par an » précise Patrick Le Blé.

Pour autant, une stabulation jouxtant la salle de traite est déjà pensée. « On a déjà placé des massifs bétonnés à l’emplacement des futurs poteaux. Ce sera le futur chantier…pour le prochain ? »

 

Concrètement :

Salle de traite TPA sortie latérale 2 x 6, table d’alimentation 49 places, fosse géomembrane 550 m3. L’ensemble environ 120 000 €. Stabulation non construite environ 70 000 €

 

 

Favoriser la fluidité de la traite

Le groupe a ensuite été reçu à Theix, au GAEC de Lirey, par Olivier et Lionel Cario. Là encore il s’agit d’une délocalisation. La problématique littorale très forte et l’avancée urbaine avaient incité ces deux frères à changer de site d’élevage pour leur élevage de 80 vl.. « Des bâtiments existants on voyait la mer, et surtout il fallait attendre que les voisins partent au boulot pour sortir les vaches, et le soir se dépêcher de les rentrer avant les premiers retours pour ne pas être embêtés avec les fils. » « En tenant compte de la bande des 500 m, de la proximité des habitations de Theix et des terrains en propriété, nous sommes arrivés à Lanfloy, à environ 1 km du site initial. Il a fallu reconstruire une ferme à partir de rien ! »

La conception a été faite avec Jean-Claude Cogrel, alors conseiller bâtiment à la Chambre, et en partenariat avec le CAUE du Morbihan pour intégrer au mieux ce nouveau site dans le paysage. L’ensemble a été réfléchi par le prisme de la fonctionnalité. « Nous voulions une salle de traite sans couloirs de retour, afin de faciliter la sortie des vaches et ne pas perdre de temps entre les lots sur les quais. Il est important de prendre son temps pour traire, mais perdre du temps et s’énerver pour des vaches qui coincent à la sortie, non merci. » Le premier réflexe a été de se tourner vers une salle de traite TPA. « Et puis on a trouvé une annonce pour une salle de traite EPI avec une lisse rotative pour faire la sortie. On aimait autant la traite par le côté et en plus elle nous revenait à 17 000 F (2 600 €) au lieu de 40 000 F (6 100 €) pour une TPA !! », poursuivent les éleveurs qui ont concilié économie et fluidité à la traite. « Aujourd’hui on trait nos 80 laitières en une toute petite heure. »

 

 

Profiter des bâtiments existants

Pour finir, le groupe a rencontré Daniel Jouannic, du GAEC à 4 associés, du Pont Nevez à Surzur. Là pas de délocalisation mais la vie d’une entreprise qui croît et se développe. « On avait 40 vaches, puis 80 et maintenant 120. » Le bâtiment, une stabulation paillée est de facture classique, la fosse à une extrémité a permis l’extension à l’opposé. « Le bloc traite était en pignon, aujourd’hui il se retrouve en position centrale ! » Mais si le logement s’est agrandi, comment faire évoluer la traite ? Changer de système ? « On a d’abord pensé à passer en roto, et puis on a eu peur de la cadence que cela entraîne, on passera peut être un jour au robot, mais pour l’instant on est encore sur la traite manuelle. » Agrandir la salle de traite ? « Pour augmenter le nombre de postes il n’y avait au début pas trop de choix : prendre dans l’aire d’attente ou côté laiterie »,argumente Daniel Jouannic Et puis une autre solution est apparue. Avec une salle de traite EPI 2x6 et deux couloirs de retour, il est possible d’installer une salle de traite TPA 2x10 sans toucher à la structure du bâtiment (voir schéma). « On a pu changer le système de traite tout en continuant à traire, en faisant les deux quais l’un après l’autre. On en a profiter pour rénover un peu les quais, mais, avec le recul, on aurait du aller jusqu’à refaire les pentes pour les accentuer car il faut au moins 5-6% de pente pour que les vaches écartent bien leurs aplombs arrière » pointe l'éleveur.

Quand on sait qu’il faut compter environ 5 000 € de matériel et 5 000 € de bâtiment par poste de traite, cette opération permet quand même une bonne économie !

 

Nicolas Debéthune , conseiller bâtiment, chambre d'agriculture du Morbihan

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