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65ième AG de la FDSEA
Osons agir pour ne pas subir

"Réveillez-vous". Le 21 mars, Thierry Merret, président de la FDSEA, a fustigé la résignation du monde agricole. Et exhorté les paysans à redevenir militants.

"Les agriculteurs se trouvent aujourd'hui pris en tenaille entre l'amont et l'aval". Cette année, la FDSEA a profité de son rapport d'orientation pour alerter ses adhérents sur les "dérives du système" : d'un côté, les coûts des approvisionnements explosent et de l'autre, le prix de vente des produits est insuffisant. "La faiblesse de notre pouvoir de négociation est notre talon d'Achille". Pour le renforcer, le syndicat planche, depuis 2008, sur les OP, organisations de producteurs, chargées, entre autres, de regrouper l'offre. "Osons nous regrouper pour rééquilibrer les rapports de force avec nos partenaires commerciaux". Mais, seuls, OP et AOP ne pourront pas remédier à tous les maux du marché. "Les soutiens de la PAC et les outils de gestion du marché restent une priorité absolue".

 

Amont et aval

 

Si le prix de vente de ses produits est vital pour l'agriculteur, il ne doit pas oublier que l'acte d'achat est, lui aussi, facteur de compétitivité. "Depuis 2002, le coût des intrants a augmenté en moyenne de 50%, voire même de 93% pour les engrais et amendements", indique la FDSEA qui dénonce une hyper-concentration des entreprises de l'amont, phytos ou semences. Mais aussi une flambée des normes en tous genres, phytos, bien-être animal, environnement, hygiène et sécurité alimentaire..., ce qui a un impact direct sur le coût de revient. "Il faut que, là aussi, l'agriculteur reprenne la main". Et la FDSEA d'insister sur la formation et l'information, tout en ne s'interdisant pas de partir sur le terrain juridique. "Nous allons lutter contre les pratiques anticoncurrentielles". C'est ainsi qu'elle vient de demander réparation du préjudice subi dans l'affaire sur l'entente sur les phosphates destinés à l'alimentation animale.

 

Des contrats inter-filière

 

"Rares sont les départements qui produisent un tel travail". Luc Smessaert, membre du Bureau de la FNSEA, a salué le rapport d'orientation de la FDSEA. Avant d'apporter sa pierre à l'édifice. Renforcer le pouvoir de négociation des agriculteurs ? Une évidence ! " Lactalis utilise une méthode féodale pour faire passer son contrat ! Le rapport de force est indispensable". Se battre aussi sur l'amont ? "Nous avons monté des opérations d'achat groupé de co-produits de betteraves pour casser la spéculation à la hausse". Producteur de lait dans l'Oise, il est également céréalier. Et plaide pour des contrats inter-filière avec les éleveurs, en céréales et protéines, "une sorte de circuit court, pour limiter les intermédiaires".

 

La Bretagne, zone de handicaps

 

Si la FDSEA veut se battre pour que les producteurs retrouvent du pouvoir au sein de la filière, amont ou aval, elle n'en oublie pas la réforme de la PAC, qui se profile. "La PAC post 2013 va modifier le soutien à l'agriculture et à nos exploitations, constate Thierry Merret. La Bretagne risque d'être la grande perdante. A nous de faire des propositions". Parmi celles-ci figure la demande de classer la région en zone à handicap naturel, à cause de l'éloignement des centres de consommation et de la surenchère environnementale. "Ces handicaps doivent être reconnus. Et compensés".

 

Algues vertes, Loi littoral...

De nombreux sujets d'inquiétude

 

L'AG de la FDSEA est l'occasion, pour les adhérents, de faire entendre leurs inquiétudes. Cette année, algues vertes et Loi littoral ont mobilisé les débats.

 

 

"Que se passera-t-il si les objectifs fixés par les plans d'action ne sont pas atteints ?" Il a beaucoup été question d'algues vertes, à l'assemblée générale de la FDSEA. Et l'inquiétude est palpable ! "Sur le bassin versant de Kermorvan, il n'y a eu qu'un an entre l'engagement volontaire des agriculteurs et le réglementaire", rappelle Thierry Merret, le président. Qui signale au passage que la FDSEA a contesté devant le Conseil d'Etat la conformité à la Constitution du dispositif ZSCE, zone soumise à contrainte environnementale.

 

A chacun sa responsabilité

 

"Il faut que les pouvoirs publics réalisent une étude scientifique impartiale pour faire la lumière sur l'origine des marées vertes". Pour Thierry Merret, il ne s'agit pas de négationnisme. "C'est juste du bon sens".

"Il n'y a pas lieu de stigmatiser la seule profession agricole, rajoute Mikaël Quernez, vice-président du Conseil général. Les stations d'épuration ont aussi parfois du retard". Pour Mickaël Prigent, élu FDSEA du canton de Plouzévédé, les collectivités territoriales doivent aussi s'interroger sur leurs pratiques en ce qui concerne l'entretien des bords des routes. "L'herbe est fauchée sur les talus et les bas-côtés, et reste pourrir sur place, en larguant de l'azote. 5 mètres de chaque côté, ça représente un hectare et 60 à 80 unités d'azote pour un kilomètre de route !"

 

Une zone littorale gelée ?

 

"Demain, pourra-t-on encore investir en zone littorale", s'interroge Jean-Yves Gouriou, en évoquant l'arrêt des travaux de la plate-forme de la Sica. Des algues vertes à la Loi littoral, il n'y a qu'un pas. Et, là encore, l'inquiétude est grande. "Avec nos 1 200 km de côtes, 33% de la SAU du Finistère est concernée par la Loi littoral", indique Thierry Merret. "Il faut parvenir à réviser cette loi sur certains points, reconnaît Jean-Jacques Brot, Préfet. Notamment quand il n'y a pas de co-visibilité, de bâtiment protégé...".

 

 

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