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Ostréiculteurs : des éleveurs les pieds dans l'eau

Dans le sud de la Bretagne vivent des éleveurs qui travaillent les pieds dans l'eau. Au bord de la rivière de Penerf, au Tour du Parc, à Belon, partout où la géographie s'y prête, ils se sont installés, composant avec les multiples contraintes qui rythment leurs journées. Pour le bonheur des gourmands qui se régalent des fruits délicieux venus de la mer, les ostréiculteurs font perdurer les traditions d'un élevage réputé pour l'excellence de ses produits.

Depuis Audierne jusqu'au Croisic, ils sont 430, presque tous exploitants individuels, ostréiculteurs en région Bretagne sud. L'activité est cependant concentrée autour du golf du Morbihan dans des petites exploitations de 4 à 5 ha en moyenne, pour qui l'huître est plus qu'un métier : une manière de vivre, un engagement dans leur territoire.

Qui sont-ils ?

Issus du milieu agricole pour beaucoup, les ostréiculteurs sont souvent des jeunes qui sont venus chercher un petit boulot pour l'été et ne sont jamais repartis. Encore fortement masculine, la profession a vu arriver dans les dernières décennies des fils de producteurs laitiers du littoral qui ne pouvaient reprendre la ferme parentale à cause de la pression foncière et des contraintes d'épandage spécifiques aux bords de mer. Ils se sont donc reconvertis dans le coquillage, passant presque sans heurt des ruminants aux bivalves.

L'écart n'est d'ailleurs pas si grand qu'on pourrait le croire, car l'huître est un herbivore et certaines grandes caractéristiques des pâturages se retrouvent dans le phytoplancton dont elle se nourrit. Ainsi, ces micro-algues prolifèrent essentiellement à l'inter-saison, tout comme l'herbe, et dans des conditions identiques. Et elles ont besoin pour cela d'azote et de potasse. Mais point trop n'en faut sinon leur prolifération produira une eutrophisation préjudiciable à l'écosystème marin. Tout est question d'équilibre.

Une vie sous contraintes

Et de même que l'herbe, le phytoplancton est impacté négativement par des mauvaises pratiques, à ceci près que les ostréiculteurs ne maîtrisent pas ces dernières. Par exemple, un afflux d'herbicides dans les eaux littorales va, de manière logique, réduire la quantité de micro-algues et, par là, pénaliser le développement de l'huître.

Le travail des ostréiculteurs se fait au milieu de multiples contraintes. A celles de la météo, qui sont partagées par tous les agriculteurs, s'ajoutent celles des marées. Il faut en effet attendre la marée basse pour effectuer la plupart des tâches et, qui plus est, en fonction du secteur dans lequel on veut travailler, il faut tenir compte du coefficient. S'ajoute à cela la qualité de l'eau, qui dépend totalement de ce qui se passe sur la terre et en particulier des pratiques agricole, fertilisation et usage des produits phytosanitaires en tête. L'impact peut être énorme, sans que les "terriens" en aient conscience.

Cap 2000

Si, pour cette raison, les relations ont parfois été conflictuelles entre les éleveurs et les ostréiculteurs, une démarche d'apaisement a été entreprise dans le sud de la Bretagne par la création de l'association Cap 2000. Regroupant des agriculteurs, des ostréiculteur et des pêcheurs à pieds, elle veut être un espace de dialogue et de concertation pour permettre à tous de développer leur activité sans pénaliser celle des autres, un outil qui vise à la pérennité des activités primaires littorales et à la qualité de l'eau, dont les ostréiculteurs sont des sentinelles, du fait de la sensibilité de leurs élevages.

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