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Partag'emploi, une autre façon d'envisager l'embauche à temps partiel

Un atelier qui s'agrandit ? Des parents qui partent en retraite ? C'est pour répondre à la demande d'agriculteurs en recherche de main d'oeuvre que Finistère remplacement, la FDSEA et les JA ont lancé Partag'emploi il y a 10 ans déjà. L'idée ? Bénéficier de l'aide d'un salarié quelques heures par semaine, sans avoir à se charger des formalités liées à l'embauche. Témoignages.

De gauche à droite : Gwénaëlle Bonniou, productrice de porcs à Tréflévénez, Frédérick Jaouen et Jean-Michel Gouez, producteurs de lait à Milizac, et David Autret, salarié de Partag'emploi.
De gauche à droite : Gwénaëlle Bonniou, productrice de porcs à Tréflévénez, Frédérick Jaouen et Jean-Michel Gouez, producteurs de lait à Milizac, et David Autret, salarié de Partag'emploi.
© Chantal Pape

Lancé en 2009 suite à la demande pressante d'adhérents en recherche d'un complément de main d'oeuvre, Partag'emploi compte désormais 28 îlots et autant de salariés, qui interviennent dans 81 exploitations, principalement en élevage, lait, porc, volaille, viande bovine... "J'y suis venu presque par hasard", reconnaît David Autret. Non issu du milieu agricole, il s'inscrit à l'Ireo de Lesneven pour un Bac pro suivi d'un BTS Acse.

"Mon oncle est producteur de légumes. Mais au fil des stages, j'ai découvert l'élevage, lait, porc, bêtes à viande". Et c'est aussi lors d'un stage qu'il décroche son emploi. "Mon patron recherchait un salarié 2 à 3 jours par semaine". Partag'emploi fera le lien avec un autre élevage, sur la même commune, et David décroche le poste, en lait, porc et pommes de terre. Un système qui lui convient. "Je préfère travailler sur deux exploitations plutôt que de rester toujours au même endroit. Ca me permet de voir plus de choses, d'apprendre, de progresser. Et j'ai bien l'intention de m'installer d'ici 4-5 ans... Je pourrai m'inspirer de ce que j'ai vu".

Se libérer des formalités administratives

Producteur de lait à Milizac, c'est un problème de santé, au ,début des années 2000, qui contraint Jean-Michel Gouez à embaucher. "Je n'avais pas besoin de quelqu'un à plein temps. J'ai trouvé deux voisins intéressés. Et ensemble, nous avons créé un groupement d'employeurs".

Le premier salarié reste en poste 10 ans, le second un an et demi. Et quand le troisième s'en va à son tour, deux ans et demi après avoir été embauché, les trois employeurs décident de mettre fin à l'expérience. "En 2005, un surcroît d'activité m'avait déjà conduit à faire appel à Partag'emploi pour embaucher un salarié deux jours par semaine. Je suis entré dans un second îlot, cette fois pour un jour par semaine". Un fonctionnement qui lui convient. "Les salaréis doivent s'adapter, nous aussi !"

Jusque là engagé dans un groupement d'employeurs apprécie la tranquillité d'esprit que lui procure la nouvelle formule, Partag'emploi assurant toutes les formalités administratives. "Quitte à payer un peu plus cher la journée, je suis peinard, renchérit Frédérick Jaouen. Il y a toujours le risque de ne pas bien faire les choses". Et ce n'est pas le seull avantage qu'ils voient à la formule ! "Quand le salarié est en arrêt pour maladie ou accident, il est aussitôt remplacé, ce qui est appréciable !"

Fidéliser les salariés

Lui aussi producteur de lait à Milizac, Frédérick Jaouen a longtemps fait partie du même groupement d'employeurs que Jean-Michel Gouez. Et à sa dissolution, comme son voisin, il s'est tourné vers Partag'emploi. "Je n'ai pas eu besoin de chercher un salarié", souligne l'éleveur. Un avantage de taille sur un marché de l'emploi agricole en forte tension. "Et ça a tout de suite collé".

Un avis que partage Gwénaëlle Bonniou, productrice de porcs à Tréflévénez. "Notre salarié vient tout juste de partir. Nous avons déjà embauché quelqu'un pour le lavage. Nous cherchions quelqu'un pour quelques heures par semaine". Après accord avec l'autre élevage de l'îlot, ce sera trois jours une semaine et un jour la semaine suivante, pour tenir compte des pointes de travail liées à la conduite en bandes. "Il est animalier. Et autonome", apprécie l'éleveuse.

Satisfaite de la formule, elle s'attache maintenant à fidéliser le salarié. "Hors de question de lui laisser toutes les corvées". Un comportement qu'a aussi adopté Frédérick Jaouen. "Le salarié touche à toutes les tâches de l'élevage, pas seulement à la traite". Et c'est aussi lui qui assure le remplacement pendant les congés de l'éleveur. "Il connaît bien la ferme. Et je pars l'esprit tranquille, quasiment sans avoir besoin de laisser de consignes". A Plouarzel, c'est aussi David Autret qui réalise les remplacements pour congés. "C'est moi qui fais le lien entre les exploitants, s'il y a besoin de changer les jours où j'interviens chez l'un ou chez l'autre. Et pour les congés".

Satisfait de la formule, Jean-Michel Gouez pointe quand même un inconvénient... "Il faut payer de la TVA à 20%. Et faire l'avance de trésorerie". N'empêche... "Partgag'emploi a encore de beaux jours devant lui", lance Patrice Quéméneur, son président.

 

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