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Ludovic Le Mée - Éleveur de vaches allaitantes Élu chambre d’agriculture des Côtes d’Armor
Pas de conclusion hâtive en viande bovine

Le maintien voir le développement des filières de qualité en viande bovine, et la continuité des activités d’abattage pourraient laisser penser que la crise actuelle aura un impact très modeste pour les éleveurs bretons de vaches allaitantes. Il s’agit bien là d’une conclusion bien hâtive au regard du poids de ces filières dans la construction de nos revenus. Cette crise a renforcé la morosité économique pour la plupart des éleveurs de vaches allaitantes.

Certes, pour répondre à la demande des consommateurs en quête de valeur, de proximité, les filières qualité ou circuits courts ont su s’adapter grâce à leur agilité, à l’imagination des éleveurs comme l’illustrent les témoignages dans le dossier spécial de ce numéro de Terra. Et on ne peut que s’en féliciter et remercier l’ensemble des acteurs de ces filières. Mais n’oublions pas qu’elles ne représentent qu’une faible partie des animaux vendus dans nos exploitations de vaches allaitantes. 9 animaux en moyenne par livreur pour le label blond par exemple. Rappelons aussi que les niveaux des prix obtenus servent aussi à couvrir les surcoûts imposés par les cahiers des charges.

Mais pour la majorité de nos produits qui sont vendus en filière classique, les prix sont restés au plus bas faute de débouchés pour la viande en RHD, mais aussi du fait de la perte de valorisation sur les cuirs en tannerie. La demande en viande hachée a concentré les abattages sur les vaches laitières. Les vaches allaitantes, les jeunes bovins sont restés plus longtemps sur nos exploitations. Tout cela pèse sur nos trésoreries.

La passion de notre métier qui nous anime ne doit pas faire oublier l’urgence d’avoir un revenu décent.

Pour cela, l’ensemble de la filière et notamment les distributeurs, les consommateurs doivent acter que les prix de nos animaux soient en phase avec nos coûts de production.

La société doit aussi y contribuer eu égard aux services rendus par l’élevage allaitant en Bretagne. Le pâturage de nos animaux se base sur des prairies de longue durée ou permanentes qui sont de véritables puits de stockage du carbone. Elles sont par ailleurs sources de biodiversité sans parler des haies qui les entourent.

Sans les troupeaux allaitants qui colorent les prés, le paysage breton risque d’être bien terne.

Cette demande de relocalisation, d’indépendance alimentaire est une chance à saisir. Nous disposons d’atouts indéniables en Bretagne. La répartition entre les animaux d’origine allaitante et issus du troupeau laitier est en adéquation avec la demande des consommateurs sans oublier la présence d’outils d’abattage et de transformation. Sachons tirer les enseignements de cette crise, pour bâtir dès à présent une filière robuste qui permette aux éleveurs de viande bovine d’en vivre dignement.

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