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Pas facile d'être une coopérative laitière

Hasard des dates, c'est jeudi 4 juin, le lendemain même de l'accord sur le prix du lait que Coralis tenait son assemblée générale. Et du prix du lait, il a beaucoup été question.

Joseph Gautier, président de Coralis.
Joseph Gautier, président de Coralis.
© Cécile Julien

En 2008, Coralis a collecté 208 millions de litres, avec une moyenne de 317.000 litres par apporteur. La coopérative a présenté ses résultats lors de son assemblée générale du 4 juin. Les activités industrielles ont permis de dégager un chiffre d'affaires de 127 millions d'euros. Si en début d'année, le lait était bien valorisé, la fin de 2008 a connu un sacré renversement de tendance. "Avec 1,4 million d'euros, nous avons réussi à préserver un résultat positif mais il est plus faible que nos prévisions", souligne Joseph Gautier, président de Coralis. L'ensemble du groupe - lait, productions végétales et agrofournitures - ne dégage un résultat que de 0,8 millions, soit 0,28% du chiffre d'affaires. Pour 2009, la situation des marchés laitiers est mauvaise car l'offre demeure excédentaire face à la consommation. Faute d'être compétitive à l'export, la France voit ses stocks s'accroître. La mauvaise valorisation des 30% de la collecte transformée en produits industriels pèse lourdement sur le prix. "La sortie ne se fera pas avoir mi-2010, le temps de résorber les stocks", estime Denis Finot, directeur de la coopérative. Et que les prix européens s'harmonisent.

"C'est la disparition des outils de régulation qui est à l'origine de cette spirale à la baisse, déplore le président de Coralis. Pour contenir la libéralisation des marchés c'est aux opérateurs économiques d'en créer de nouveaux. C'est pourquoi notre coopérative réfléchit actuellement à la contractualisation". Quant au prix payé aux producteurs, Joseph Gautier reconnaît que les décisions ne sont pas faciles à prendre. "Les administrateurs, qui sont avant tout des éleveurs, ont a cœur de prendre les meilleures décisions pour les agriculteurs et la pérennité de l'outil de transformation". Ils se retrouveront prochainement pour étudier l'accord interprofessionnel et fixer les prix de mai et juin.

 

Toujours s'adapter

Pour contrer cette conjoncture difficile, Coralis poursuit son adaptation. En mars, la laiterie CLE de Derval a été reprise. Le rapatriement de ses litrages à Cesson va permettre de saturer l'outil et donc de contenir les coûts. "Nous confirmons notre position de fournisseur significatif" apprécie Joseph Gautier. Face à l'incertitude des marchés des "matières grasses" , les efforts se poursuivent sur la réduction des coûts de transformation. Pour permettre aux éleveurs de poursuivre l'adaptation économique de leur exploitation, la coopérative a adhéré au Bureau technique de promotion laitière, qui partagera sa démarche Ecolait.

Côté nutrition animale, un nouveau partenariat avec la Cooperl a vu Coralis aliments devenir Vern aliments et se spécialiser dans l'aliment bovin. Ce qui permettra d'optimiser les usines.

Quelle agriculture pour nourrir l'humanité

 

L'économie mondiale n'est pas à un paradoxe près. Alors que les prix s'effondrent en Europe, 3 milliards d'humains ont faim. Parmi eux, 80% sont des paysans. Alors qu'elle peine déjà à nourrir, faute d'une bonne répartition, ses 6,7 milliards d'habitants, la planète en accueillera 3 milliards de plus d'ici 50 ans. Comment faire pour que chacun mange à sa faim, que les différences de coûts de production et de soutien ne fassent pas s'écrouler les agricultures ?"Il faut continuer à développer la productivité et échanger à l'échelle de bassins de production", estime Marcel Mazoyer, expert de la FAO. A l'échelle d'une coopérative comme Coralis, cela passe par différentes démarches. Comme la démarche Bleu Blanc Cœur dans laquelle la laiterie s'est engagée. "Améliorer la qualité nutritionnelle de nos produits permet de nous différencier des importations et donc d'améliorer la valeur ajoutée", explique Nathalie Kerhoas, responsable de l'association Bleu Blanc

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