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Pascal Elie : "Ne pas être simple consommateur, s’engager"

Syndiqué à la FDSEA, Pascal Elie l’a toujours été. Mais depuis cette année, le responsable communal est devenu cantonal. Une responsabilité qui fait de lui "un relais" pour porter l’échelon local au départemental et inversement pour, avant tout, "défendre nos intérêts d’agriculteurs".

Pascal Elie estime que la dynamique syndicale actuellement à l’œuvre "n’a peut-être jamais été aussi forte, peut être à cause de la crise. Tout le monde se serre les coudes pour aller défendre et ramener des acquis aux adhérents"
Pascal Elie estime que la dynamique syndicale actuellement à l’œuvre "n’a peut-être jamais été aussi forte, peut être à cause de la crise. Tout le monde se serre les coudes pour aller défendre et ramener des acquis aux adhérents"
© Claire Le Clève

 

 

"Si on se dit à chaque fois que c’est les autres qui vont y aller...". Non, "ne pas être simple consommateur. Aujourd’hui, les gens paient et voudraient tout récupérer tout de suite. Le syndicat, ce n’est pas ça, c’est sur du long terme". Pascal Elie, qui s’est installé à 23 ans sur l’exploitation laitière de ses parents, à Mohon, n’est pas de cette veine là. A cette conception de l’adhésion syndicale, il lui préfère celle de l’engagement. "J’ai toujours été syndiqué, mes parents avant moi. Cela a toujours été une conviction car il y a toujours eu des acquis qui profitent et permettent de défendre notre profession", estime t-il, l’ADN syndical naturellement chevillé au corps. Une conception de l’engagement qu’il fait aussi vivre au sein de son club de foot et du comité sportif et des fêtes de sa commune mais aussi au sein du bureau de la Cuma matériel de la Croix de l’iff. Un réseau professionnel qu’il apprécie aussi, car "il rapproche les gens", estime-t-il, conscient de la force du collectif. A 47 ans, associé depuis 2010 en Gaec où production laitière des 90 Prim’holstein sur 148 ha côtoie celle du poulailler de 1 200 m² et du bâtiment abritant 440 porcs engraissés, l’organisation entre associés, polyvalents, lui permet de s’organiser.

 

S’organiser pour assumer

Et s’il est fort de son expérience précédente de délégué, durant 10 ans, "sur la commune de Mohon-La Trinité-Porhoët", il reconnaît aussi découvrir ce nouveau mandat cantonal : "je démarre dans cette nouvelle fonction. Il faut se donner le temps de l’assumer et j’en ai l’ambition. On aura du travail à faire", évalue-t-il. "J’ai été élu, je prends le rôle et la responsabilité", enchaîne-t-il en conscience, aussi de la disponibilité qu’il devra y accorder. "C’est une organisation mais la programmation est établie trois ou quatre mois à l’avance. Ça permet de s’organiser et d’anticiper avec l’assurance, en cas de coup dur, de pouvoir compter sur le suppléant ou les collègues", ce sans les surcharger "mais plus facilement que lorsqu’on est seul sur la ferme". Une fonction où il ne doute pas de "prendre quelques coups", mais où il s’attachera à "remonter du canton au département toutes les problématiques du secteur". Une fonction où il sait aussi bénéficier d’une ouverture, "au dialogue, à la prise de parole, c’est pas facile mais ça s’apprend. C’est un apport tant professionnel que privé que l’on peut mettre à profit ailleurs".

 

Faire entendre les problématiques locales

Un rôle de "relais, ce qui fait le charme de la responsabilité. On ne vit pas les mêmes réalités que dans les cantons du sud. S’il n’y a personne pour les porter, comment faire reconnaître alors nos problématiques", plaide-t-il. Et tel une courroie de transmission, "il va falloir ramener, les réponses et l’information sur d’autres questions au local". Et il envisage de prendre son bâton de pèlerin et faire "ma tournée, avec Frank (Guéhennec), une journée de relance et aussi prendre la température et faire de la com car certains ne connaissent pas les services de la FD, c’est important", souligne t-il. "Les gens ne voient le syndicat que par rapport aux manifs. C’est autre chose que ça, c’est une structure d’aide et d’appui, surtout aujourd’hui, par ces temps de crise profonde et qui durent".

 

Inter : Détermination forte

"La crise laitière frappe les campagnes, elle va casser durement si on ne retrouve pas rapidement un prix rémunérateur", pointe-t-il comme remède principal. "On aura beau restructurer à max nos charges, à un moment, c’est incompressible ! ". Pour autant, Pascal Elie reste malgré tout "confiant en l’avenir. La Bretagne a des atouts, tant en transformation qu’en productions. Je ne vois pas comment la Bretagne pourrait s’en sortir économiquement autrement que par l’agriculture. Il faut qu’on réussisse à la garder", estime-t-il malgré l’exposition désormais de toutes ses productions aux prix mondiaux. Et c’est aussi pour cela qu’il s’est engagé, épaulé par un "môle" syndical. "On a un très bon bureau aujourd’hui, un très beau groupe avec une grosse dynamique qui n’a peut-être jamais été aussi forte, peut être à cause de la crise. Tout le monde se serre les coudes pour aller défendre et ramener des acquis aux adhérents".

Claire le Clève

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