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Passer du programme aux actes !

Le Président de la République dispose de la majorité nécessaire pour gouverner. Soit ! Que le gouvernement commence dès maintenant à appliquer son programme en faveur de l’agriculture et de l’agroalimentaire ! L’enchaînement des crises le prouve : nous ne disposons pas des outils permettant de protéger notre agriculture des perturbations des marchés internationaux, du déséquilibre des relations commerciales dans notre pays et des distorsions de concurrence. Le risque est grand d’une déstructuration de nos filières. Pourtant, la Bretagne, terre d’élevage et terre légumière, dispose d’atouts réels pour répondre aux besoins des consommateurs français et étrangers.

Le savoir-faire des agriculteurs bretons, le respect de normes nombreuses (sociales, sanitaires, environnementales, qualitatives) font de leurs produits des biens à haute valeur ajoutée. Leur valorisation n’est hélas pas à la hauteur, en regard de la qualité et des efforts fournis ! Il s’agit de l’enjeu central des prochains mois pour le ministre de l’agriculture. Les états généraux de l’alimentation doivent avoir une entrée économique. Le producteur doit retrouver toute sa place dans la filière alimentaire. Son travail doit être rémunéré de façon à, non seulement couvrir ses charges, mais également à dégager un revenu.

La distribution ne peut continuer à utiliser l’image des agriculteurs à son profit, sans que cela soit bénéfique à ces derniers.

Une véritable réforme de la loi de modernisation de l’économie (LME), aujourd'hui très favorable aux distributeurs, est indispensable. Les négociations commerciales doivent se faire d’abord entre producteurs et transformateurs ; la discussion transformateurs/distributeurs se réalisant dans un second temps en tenant compte du résultat de la première phase. Le renforcement du poids des producteurs passera également par leur meilleure organisation. L’État doit accompagner cette démarche, par la révision du droit de la concurrence et du droit du commerce. Les règles actuelles constituent des freins empêchant les agriculteurs d’utiliser les marges de manœuvre du droit européen. D’autres sujets sont aussi importants : la création d’outils fiscaux adaptés à la production agricole, la simplification des réglementations et la création d’un droit à l’erreur.

Enfin, face aux attaques de certaines associations ou individus, la défense de notre élevage doit être une cause nationale. L’engagement du gouvernement, aux côtés des représentants agricoles, doit donner lieu à une prise de position sans équivoque. Aux nouveaux députés élus, notre message est simple : Nous avons partagé avec vous les constats en amont de votre élection. Alors, ne perdez pas une minute et engagez les travaux nécessaires dès maintenant !

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