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Passer la vitesse supérieure sur la collecte des déchets

En matière de gestion des déchets exogènes agricoles, la France peut s'enorgueillir d'avoir créé avec Adivalor, l’exemple le plus avancé de démarche volontaire d'organisation nationale ayant vocation à récupérer les déchets d’agrofourniture. En Bretagne, malgré un maillage territorial conséquent, la marge de progrès est encore palpable. D'autant plus que le contexte et les attentes évoluent.

Dans l'objectif de contribuer au développement d'une agriculture durable, et respectueuse de l'environnement, les organisations représentant l'industrie de la protection des plantes, les coopératives agricoles, les négociants agricoles et les agriculteurs, actionnaires d'Adivalor, ont créé la filière dès 2001. Peu à peu, le périmètre des collectes s’est progressivement élargi et concerne aujourd'hui les emballages vides (EV), les produits phytopharmaceutiques non utilisables (PPNU), les films agricoles usagés (FAU), et les ficelles et filets balles rondes. La filière mise en place intervient exclusivement sur les déchets professionnels et le service de collecte proposé par les partenaires d'Adivalor est réservé aujourd'hui aux agriculteurs, entreprises, collectivités, et administrations. En matière de gestion des déchets, ces dix dernières années ont été marquées par le développement, sur le plan réglementaire, du concept de "responsabilité élargie au producteur" : le principe de "pollueur-payeur" s’applique au détenteur du déchet mais également aux distributeurs, fabricants et aux importateurs du produit à l’origine du déchet.


748 sites de collecte en Bretagne
En Bretagne, on ne compte pas moins de 90 opérateurs de collecte (coopératives agricoles, négoces…) qui mettent 748 sites à disposition et quatre plateformes de regroupement, tri et préparation. Les résultats 2018 et 2019 font apparaître que les collectes des emballages vides de produits pharmaceutiques sont plutôt satisfaisants par rapport à la moyenne nationale. En revanche, il y a encore beaucoup de collectes refusées pour non-conformité. Sur ce sujet, Pierre de Lépinau, directeur général d'Adivalor, a rappelé la "règle d'ORE". À savoir la nécessité d'avoir des bidons Ouverts, Rincés et Égouttés. En effet, les principaux motifs de non-conformité qui entraînent des refus de collecte sont des sacs non transparents, des bouchons sur les bidons (risque de propulsion lors du pressage) et écoulements dans le sac.
Pour ce qui concerne les films agricoles usagés, la Bretagne, avec 50 % des films achetés en France, représente un gros gisement. Pour autant, les taux de collecte sont assez faibles, de l'ordre de 30 à 60 % et le taux de souillure est important, à hauteur de 65 %. "Si les taux de collecte sont assez moyens au regard des moyennes nationales, ils sont tout de même en augmentation au fil des années", précise Léo Rousseau, d'Adivalor. Alors la question que l'on peut se poser légitimement, c'est où passent ces déchets ? Quels sont les leviers pour augmenter les taux de collecte et a contrario quels sont les freins ? C'est tout le travail qui sera engagé prochainement à travers un stage tutoré et proposé à quatre ou cinq étudiants.


Une charte régionale
Par ailleurs, une charte régionale a été signée à l'occasion du dernier comité de pilotage pour une gestion durable des déchets plastiques agricoles. "Il s'agit d'un engagement pour l'amélioration des taux de collecte et une contribution de l'agriculture bretonne à la valorisation des ressources", explique Éric Delalande, agriculteur à Dol de Bretagne, élu à la chambre d'agriculture et qui succède à Elisabeth Chevrier sur ce dossier. FRSEA, Négoce Ouest, et Coop de France, sont à ce jour les autres signataires de cette charte qui est ouverte à tous les acteurs agricoles qui le souhaiteront. Une charte qui va trouver aussi un écho auprès de la région Bretagne qui déploie sa Breizh COP et qui a elle aussi identifié les plastiques agricoles parmi les priorités du plan régional de prévention et de gestion des déchets. Au travers de cette charte, "les acteurs agricoles s'inscrivent dans une démarche de progrès volontaire et se fixent eux-mêmes leurs engagements, plutôt que d'attendre des obligations réglementaires". Reste à savoir si cette charte aura un effet boule de neige positif auprès de tous les acteurs. Toujours est-il que pour le directeur général d'Adivalor, il n'y aura pas le choix car "toutes les évolutions actuelles, transformations et lois à venir poussent dans le sens à devenir des acteurs irréprochables". C'est-à-dire être capable d'arriver à terme à 100 % de collecte et 100 % de recyclage. De quoi créer quelques inquiétudes... mais surtout des opportunités à saisir.

Exemple de bonnes pratiques de tri

"Quand on s'est attaqués au chantier du nouveau bâtiment, on a profité de l'occasion pour tout réorganiser et ranger la ferme, y compris pour la gestion des déchets". Yohann Pegeault s'est installé il y a un an et a rejoint son père et son frère sur le Gaec de la Métairie Neuve à Plélan le Grand. En production laitière, les trois associés produisent 1,1 million de litres de lait avec 140 vaches et 140 hectares. À côté du local phyto, ils ont aménagé un espace réservé au stockage de leurs déchets. Des affichettes permettent de savoir où stocker les ficelles, bidons... "Quand on ne sait pas où ça se met, ça reste pendant des mois dans un coin du bâtiment et ensuite on est vite débordé. Alors que quand c'est organisé, finalement, c'est beaucoup moins contraignant", explique Yohann Pegeault.
Sur la ferme ils ont aussi mis en place quelques trucs et astuces pour se faciliter la tâche. Comme cette rigole en PVC fixée le long du mur et qui permet de bien rincer les bidons. "Ça nous permet d'être sûr d'utiliser tout le produit et c'est plus pratique pour le rinçage", confirme Yohann Pegeault. Et les bouchons sont ensuite mis à part. Dans le même esprit, ils ont fabriqué de grandes poubelles pour accueillir les ficelles et filets d'élevage. "Au fur et à mesure que la ferme s'est agrandie, on a tout réorganisé petit à petit", conclut Yohann.

Prochaines dates des collectes
- Pour les produits phytopharmaceutiques non utilisables (PPNU) et équipements de protection individuel (EPI) :
du 19 au 20 novembre 2019 (sauf Triskalia,
du 23 au 27 septembre).
En 2020 elle aura lieu les 18 et 19 novembre.
- Pour les films plastiques d'élevage, ficelles et filets : du 20 au 24 janvier 2020 (sauf Triskalia du 3 février au 17 avril 2020).
À noter qu'en Ille-et-Vilaine, une deuxième collecte est programmée du 12 au 13 novembre 2020.
- Pour les emballages vides (bidons, sacs, boîtes, bouchons, big bag) : du 1er au 5 juin 2020.

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