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Paul cherche à être durable

C’est décidé, c’est lâché, fini le boulot stressant, les réunions à s’arracher les cheveux. Paul a décidé de prendre du recul avec le tourbillon de la vie. S’éloigner de la ville et adopter un rythme plus calme, plus propice à poser les choses… et à adopter une alimentation plus durable. Car pratiquer le développement durable au travers de son alimentation est une tendance forte, décrite dans l'étude Comportements alimentaires de demain*. Comment se traduit-elle chez Paul ?

Être durable passe entre autre par la réduction de notre empreinte sur les ressources de la planète.
© Pixabay

Depuis quelques mois fini les courses "pousse caddie". Pour agir vraiment sur son environnement, Paul cherche avant tout l’équation "meilleur produit respectant l’environnement, rémunérant correctement ses producteurs tout en étant économiquement réaliste". Et ce n’est pas toujours facile !

Néanmoins, de nouvelles possibilités éclosent tous les jours et Paul veut profiter de sa nouvelle vie pour les explorer…

 

Supprimer au maximum les emballages

Un des premiers constats, qu’il a fait depuis longtemps, c’est cette incohérence entre "chercher des produits alimentaires toujours moins chers" et "ajouter au produit un (voire des !) emballage" qui coûtent en marketing, en publicité, en recherche et en fabrication… Vivons-nous vraiment beaucoup mieux au milieu de nos "sacs jaunes" que lorsqu’on se contentait de sacs en papier ?

Être durable passe entre autre par la réduction de notre empreinte sur les ressources de la planète. Pour résoudre ce premier terme de l’équation Paul a cherché autour de lui les distributeurs qui pratiquaient de la vente en vrac. Pâtes, riz, huile, chocolat, café, semoule, sucre, farine, céréales, lessive, shampoing, nettoyant sol… Il y en a de plus en plus et Paul arrive dans ces magasins avec ses bocaux ou ses bouteilles vides. Il les remplit et le tour est joué. Quasiment tout peut être acheté sans emballage pour peu que le commerçant en ait la volonté. Pour certains autres produits c’est techniquement plus compliqué, la bière par exemple joue plutôt la carte de la consigne (encore que certains bars commencent à proposer des growlers, ces grosses bouteilles à bouchons qui permettent d’emporter chez soi de la bière pression) mais même les yaourts ou le vin peuvent maintenant être vendus sans emballage…

 

Réduire la chaîne d'intermédiaires

Pour lier environnement et impact social positif, Paul a aussi décidé (maintenant qu’il est rural) de faire profiter ses voisins directs de ses achats. En prenant son panier hebdomadaire chez le maraîcher de sa commune et en achetant sa viande en caissette à son ami éleveur, non seulement il leur fait profiter des euros qu’il aurait laissés dans la chaîne de distribution mais ces euros participeront au développement de leur territoire commun. La boucle est bouclée !

Il avait déjà commencé quand il était en ville en adhérant à une Amap, pour soutenir un jeune exploitant qui cherchait à s’installer. Donner du sens à ses achats, il n’est pas le seul y penser. En 2016, 76 % des Français estimaient déjà que la consommation responsable est un moyen de s’impliquer dans le développement durable (1)

 

Tendances consommation

Réfléchir équitable

Enfin pour être réellement durable, il cherche aussi à répondre à la question du juste prix. Adepte depuis longtemps du commerce équitable qui s’est d’abord développé sur les produits dits "du sud" (café, chocolat…) il est aujourd’hui attentif au développement de la marque "C’est qui le Patron" qui affiche clairement comme ambition de répartir équitablement la marge générée par ses produits entre les différents acteurs de la chaîne alimentaire.  Portée par un (très bon) communiquant, la marque qui a commencé par proposer en grande surface des briques de lait ou de jus de pomme ambitionne d’utiliser le pouvoir des consommateurs pour ré-équilibrer les relations économiques dans les filières. Suivi par exemple par la coopérative d’aucy, la démarche semble prometteuse. Pour autant, dans un monde aujourd’hui globalisé où le prix des matières premières agricoles suit principalement les cours mondiaux, ces initiatives qui se veulent citoyennes et partagées par les consommateurs seront-elles "durables" sur le long terme… ?

(1)  Etude Ethicity - GreenFlex

 

Tendances conso

INFO :

* L’étude complète Comportements Alimentaires de Demain ainsi que les 16 fiches tendances sont accessibles à l’adresse suivante :

http://agriculture.gouv.fr/etude-prospective-sur-les-comportements-alimentaires-de-demain

Elle a été financée dans le cadre du Contrat de la filière alimentaire par le ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt et ses partenaires Ania, CGAD, CGI, Coop de France, FCD et FranceAgriMer.

 

Quels impacts sur les produits agricoles

- Développement et expansion de pratiques agro-écologiques au sein des exploitations agricoles. Ces pratiques incitent à réduire et à raisonner davantage la quantité d’intrants utilisés que sont les fertilisants, les pesticides, l’eau d’irrigation, l’alimentation animale ou encore les antibiotiques. L’évolution des pratiques est facilitée par l’émergence de nouveaux outils comme l’agriculture de précision ou de nouveaux produits comme les produits de biocontrôle permettant de lutter contre les maladies et les ravageurs.

- Augmentation du nombre de fermes converties en agriculture  biologique en raison de la demande croissante en produits biologiques.

- Accroissement de l’autonomie en protéines végétales pour l’alimentation animale, favorisant le développement voire l’émergence de filières locales tout en limitant la dépendance des éleveurs vis-à-vis des importations d’aliments.

 - Augmentation de la part d’aliments non OGM dans l’alimentation animale, qui représentaient 20% en 2012 (Coop de France, 2013).

-  Développement continu de nouvelles filières de valorisation des légumineuses, sources de protéines  pour l’alimentation humaine et animale, et d’azote pour les cultures suivantes.

-  Émergence de nouveaux labels ou mise en avant de labels existants, tels que la certification "Haute Valeur Environnementale" (HVE) créée en 2011 par le Ministère de l’agriculture ou la démarche Agri Confiance, permettant de valoriser les efforts des agriculteurs en matière d’environnement, avec un système de contrôle exigeant, et une évolution de la réglementation en matière de développement durable.

-  Développement croissant de la vente directe à la ferme.

 

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