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Pendant le confinement, les apprentis ont continué à se former

Une enquête de la Draaf, réalisée 15 jours après le début du confinement, le démontre : les CFA, les centres de formation des apprentis ont perdu le contact avec à peine plus de 3 % de leurs élèves. Un score remarquable, dû à l’implication de leurs formateurs, qui ont multiplié les canaux de communication. Mais le retour sur les bancs de l’école ne s’annonce pas simple.

Les évaluations, formatives, ont permis de vérifier si les notions étaient acquises, de souligner la progression des apprentis, leurs efforts. Les évaluations certificatives, qui serviront à l’obtention des diplômes, seront elles organisées en juin.
© Janeb13

Public, privé, Maisons familiales ou réseau des chambres d’agriculture : les quatre familles de l’enseignement agricole sont parvenues à garder le contact avec leurs élèves. Ainsi, sur les 1 722 apprentis que compte la Bretagne, une enquête de la Draaf, la direction régionale de l’alimentation, l’agriculture et la forêt, estime que seuls 3,4 % sont "hors du champ de l’accompagnement pédagogique", pour cause de maladie, d’absence de matériel informatique ou de connexion à Internet, de zone blanche…

Une énergie débordante
"Les établissements ont fait la preuve d’une énergie débordante", souligne Loïk Kermoal, du service régional de la formation et du développement, qui a réalisé l’enquête. "Les formateurs ont dû se mettre en marche du jour au lendemain, avec des modalités qu’ils ne connaissaient pas". Et les réponses ont été multiples. "Ils se sont adaptés aux outils qu’ils avaient ou en ont mis d’autres en place". Et au-delà des seuls enseignants, c’est tout le personnel qui a été mobilisé, "pour appeler les élèves qui ne se connectaient pas, par exemple".
En ce qui concerne la formation des apprentis, le confinement a peut-être été plus facile à gérer en agriculture et agro-équipement que dans d’autres secteurs d’activité. "Hormis pour l’aménagement paysager, qui a été à l’arrêt les premières semaines, les entreprises ont continué à fonctionner", explique Pascal Renouvel, directeur du CFA ECB, qui regroupe les centres de formation des apprentis de l’enseignement catholique de Bretagne. "Et les jeunes ont continué à être encadrés". Parfois, c’est d’ailleurs au sein de ces entreprises qu’ils ont pu avoir accès à leurs cours. "D’autres jeunes, qui n’étaient pas équipés en informatique, ont pu récupérer leurs cours à la mairie ou par correspondance", indique Loïk Kermoal.

Évaluer sans noter
Dans un tel contexte, il s’est vite révélé compliqué de mettre en place des évaluations. "Nous n’avons pas pu mettre de notes pendant le confinement, détaille Pascal Renouvel. Il n’y aurait pas eu équité de traitement entre les jeunes qui étaient correctement équipés en informatique et ceux qui ne l’étaient pas". Les évaluations, formatives, ont néanmoins permis de vérifier si les notions étaient acquises, de souligner la progression des apprentis, leurs efforts. "Les évaluations certificatives, qui serviront à l’obtention des diplômes, seront organisées en juin. Mais leurs modalités sont encore en cours de définition".

Une rentrée échelonnée
"Les formateurs ont découvert une autre façon de travailler, dont ils vont sans doute s’inspirer demain, se félicite Loïk Kermoal. Mais la période du confinement a été difficile, voire épuisante pour eux". Et le retour en centre ne s’annonce pas simple. "C’est sans doute à ce moment-là qu’on pourra vraiment mesurer le décrochage de certains élèves".
En lycée pro, la rentrée se fera essentiellement à partir du 2 juin, peut-être un peu plus tôt pour les 4e et 3e. "En donnant la priorité aux CAP, indique Pascal Renouvel. Certains élèves y ont eu plus de mal à s’organiser pour travailler à distance et ont besoin d’un contact avec leurs formateurs pour éviter de décrocher". Reste l’épineuse question de l’internat, qui concerne de nombreux établissements. "Ça risque d’être un point bloquant. Même s’il n’y a qu’un jeune par chambre, le nettoyage des douches, par exemple, se révèle très compliqué". Et c’est au final au chef d’établissement qu’il reviendra de décider s’il peut, ou non, accueillir les élèves.

Préparer la rentrée de septembre
Pour tous les établissements, se pose aussi la question de la rentrée scolaire de septembre. Si elle s'annonçait bien, public comme privé bénéficiant du transfert des formations jusqu'ici assurées par les chambres d'agriculture, "elle sera finalement plus compliquée que prévu", analyse Pascal Renouvel, certaines entreprises, fortement impactées par le Covid 19 pouvant se montrer réticentes à embaucher des apprentis. Mais le directeur du CFA ECB se veut rassurant en direction des familles. "Nous pourrons accueillir des jeunes pendant trois mois, le temps qu’ils trouvent une entreprise pour réaliser leur apprentissage. Et nous mettrons tout en œuvre pour les aider dans leurs recherches".
En attendant, toutes les équipes se montrent imaginatives pour renseigner les jeunes et leur famille. "Les établissements organisent, dès à présent, des portes ouvertes virtuelles à travers des webinaires, des rendez-vous Facebook, des visites virtuelles de leurs locaux… Et communiquent aussi sur les réseaux sociaux".

 

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