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Pépiniériste : un terreau fertile pour la diversification

Voilà plus de 15 ans qu'à l'Earl de Kerroc'h, les choux-fleurs côtoient les hortensias. Exemple d'une diversification qui s'enracine et se renforce année après année.

Roselyne et Jean-Pierre Le Rolland.
Roselyne et Jean-Pierre Le Rolland.
© Terra
Surplombant la mer, à quelques mètres de la côte, la pépinière de Kerroc'h à Ploubazlanec s'étend dans un cadre idyllique. Ici, hortensias, azalées, leylandiis, bruyères… bénéficient de la douceur du climat. Mais pour Roselyne Le Rolland, pépiniériste, il n'y a pas une minute à perdre entre le rempotage, le désherbage et l'expédition des 120 000 plants annuels.

A chacun son activité
A l'Earl de Kerroc'h, mari et femme gèrent de A à Z son activité. Jean-Pierre Le Rolland installé en 1984, s'occupe de la production de légumes sur deux autres sites : 20 ha de choux-fleurs, 35 ha de légumes industriels et 25 ha de cultures de vente. "Depuis 2005, je m'occupe exclusivement de la pépinière. Jean-Pierre me donne un coup de main au moment des grandes séries de rempotage et d'expédition", explique Roselyne.
Conjointe exploitante, Roselyne s'installe en 1996 sur l'exploitation de ses parents. A l'époque, cela fait déjà cinq ans que le couple a lancé une activité de diversification : ils produisent à façon des hortensias pour un pépiniériste de Pléhédel sur 1 000 m2 de serre et 3 000 m2 de terrain. En 2001, l'Ucpt rachète la pépinière, dans la foulée, un groupement de producteurs se met sur pied.
La pépinière s'agrandit pour atteindre 3 000 m2 de serre et 13 000 m2 d'aire de stockage.

La mécanisation : ne pas négliger
Sur l'année, le travail saisonnier représente deux équivalents temps plein, concentré sur une période allant de juin à mi-septembre. Le reste du temps, Roselyne travaille seule ou avec le salarié permanent lequel partage son temps entre les légumes et la pépinière. "Dans l'idéal, il me faudrait un permanent, confie la productrice. Peut-être d'ici, un an ou deux ans".
Il faut dire qu'avec 27 espèces de plantes, déclinées sous 90 variétés, il y a de quoi s'occuper. Dès l'arrivée des jeunes plants, le rempotage démarre. La grosse période débute en novembre puis s'étale de février à mai. La taille et le désherbage s'étendent sur toute l'année. Beaucoup de travaux sont encore manuels : le désherbage des hortensias, le "distançage" ou encore le tri, le nettoyage, l'étiquetage des pots avant expédition. Certes, le rempotage mécanisé et les tapis roulant, utilisés pour sortir les pots de la serre, facilitent le travail mais la mécanisation demeure toutefois limitée. "Dès le départ, un jeune a tout intérêt à bien réfléchir la mécanisation de son outil de travail et investir dans une structure bien adaptée. Le distançage, le taillage par exemple peuvent être mécanisés. Ici, ce n'est pas possible", souligne la productrice.

Un marché porteur
Dans le souci d'optimiser les frais d'expédition, c'est à Pleubian dans un nouveau dépôt exclusivement réservé à l'activité "pépinière" de l'Ucpt que les plants sont expédiés avant de rejoindre les rayons des GMS ou de travers la Manche, vers l'Angleterre. "C'est le plus gros de notre activité. Ensuite, on livre au quotidien les jardineries". Volume et prix sont négociés auprès des clients par un commercial. En septembre, la productrice connaîtra les commandes pour le printemps prochain. Ce court laps de temps ne facilite pas la gestion des volumes car il faut compter un an et demi de temps de culture, la commande des plants comprise. L'idéal ? Vendre 30 à 35% du stock à l'automne est un bon indicateur. "Parfois, on a des surprises sur les quantités demandées. Une façon de gérer le risque est de traiter des séries limitées autour de 10 000 pots", explique-t-elle. Au maximum de sa capacité, la pépinière tourne plein pot. Agrandir la structure ? "Impossible, nous sommes entourés par la mer !", s'exclament les producteurs.
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