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Peste porcine africaine, vigilance absolue !

Dix ans que la rentabilité n'était plus au rendez- vous et, là, depuis 2016, les éleveurs de porcs respirent un peu. Une très relative embellie que la filière porcine bretonne ne voudrait pas voir contrariée par un accident quelconque. Dans la liste des risques, la prochaine crise pourrait être sanitaire alors qu'une peste porcine (dite africaine) très virulente progresse aux frontières Est de l'Europe. Le message est très clair : vigilance absolue !

De gauche à droite, Elisabeth Sallé animatrice OVS Porcs Bretagne, Philippe Le Coz président de l'URGTV, Karine Proux, chef de service alimentation à la Draaf, Marcel Corman, président de l'OVS Porcs Bretagne, Jean Douard, président de la fédération régionale de chasse et Jacques Crolais, directeur de l'UGPVB.
De gauche à droite, Elisabeth Sallé animatrice OVS Porcs Bretagne, Philippe Le Coz président de l'URGTV, Karine Proux, chef de service alimentation à la Draaf, Marcel Corman, président de l'OVS Porcs Bretagne, Jean Douard, président de la fédération régionale de chasse et Jacques Crolais, directeur de l'UGPVB.
© Terra

L'Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB), l'Union régionale des vétérinaires  (URGTV), la fédération régionale des chasseurs de Bretagne, la Direction régionale de l'agriculture, ils étaient tous représentés, comme une preuve supplémentaire de l'urgence du message : la peste porcine africaine ne doit pas entrer en Bretagne. Si tel était le cas, cela détruirait la filière. "De 2006 à 2016, nous avons vécu un contexte de rentabilité nulle. Aujourd'hui, nous sommes enfin dans une conjoncture positive. On ne peut prendre aucun risque" rappelait Jacques Crolais, directeur de l'UGPVB, avant de préconiser d'agir en "mode vigipirate".

Incompatible avec l'Èlevage

"Ce n'est pas une fatalité" a insisté vendredi Marcel Corman, le président de l'OVS Porcs Bretagne (organisme à vocation sanitaire porcs) avant de laisser le spécialiste détailler les tenants et aboutissants de la maladie. La peste porcine africaine, contrairement au nom qui lui a été donné "peut sévir partout" expliquait Philippe Le Coz, président de l'URGTV, "c'est la pire des maladies sur les sangliers et les porcs", elle provoque des hécatombres avec 80 à 100 % de mortalité, elle est incurable, sans vaccin, et donc "incompatible avec l'élevage". Le virus de la PPA "voyage très bien... même sans contact direct. C'est la peur de tous les pays producteurs de porcs" confirmait-il.

Danger sanitaire de première catégorie

Aujourd'hui, la peste porcine africaine se répand à partir de foyers en Estonie, Lettonie et Lituanie où elle a d'abord sévi  en 2015 sur des animaux sauvages avant de s'éparpiller en Ukraine. Elle est aujourd'hui présente en Pologne, en Hongrie et Roumanie. Le risque que pointent les acteurs bretons de la filière porc, c'est que la maladie se rapproche et étende son rayonnement jusqu'à la Bretagne, via les transports et/ou via l'importation d'animaux contaminés, de viandes porteuses d'un virus qui résiste autant et très longtemps à des températures très basses (jusqu'à -20°C) qu'à une cuisson inférieure à 60°C pendant 30 minutes. En Europe, un autre foyer de PPA est lui aussi placé sous contrôle sanitaire, la Sardaigne, où les sangliers véhiculent le virus, signalait pour sa part Karine Proux, chef de service régional de l'alimentation à la Draaf Bretagne, en insistant sur la mobilisation des services de l'État. La maladie est classée danger sanitaire de première catégorie et impose une lutte obligatoire qui vise prioritairement les importations de sangliers, soumises à certificats sanitaires.

Chasseurs en première ligne

Les sangliers sont, avec les porcs, les deux espèces animales menacées par la peste porcine africaine, toutes deux victimes et vecteur de la maladie. Et qui dit sanglier dit chasseur, une proximité qui explique la participation de Jean Douard, président de la fédération regionale de chasse à ce point presse de l'OVS Porcs Bretagne. Parce qu'ils parcourent des milliers de kilomètres dans les campagnes chaque semaine, les chasseurs sont des observateurs avisés de la faune sauvage et des possibles maladies qui la touchent... Et à ce titre joueront un rôle de sentinelle, assure Jean Douard. Des chasseurs partenaires donc et certainement pas coupables pré désignés d'une éventuelle contamination par des sangliers importés depuis l'Europe de l'Est. Ce commerce-là existe, il est le fait de chasseurs opérant sur des territoires privés où les sangliers ne suffisent pas à leur reproduction naturelle. Quand ces chasses privées sont théoriquement closes, ces importations constituent un vrai risque, reconnait le président des chasseurs bretons, opposé à ces intrusions. L'UGPVB pour sa part ne cache pas son souhait que ces importations de sangliers soient interdites.

5 recommandations

En 5 fiches et autant de recommandations, l'OVS Porcs Bretagne diffuse actuellement des informations précises sur la peste porcine africaine et les moyens de s'en protéger.

- Ne pas introduire de porcs provenant de pays non indemnes de PPA.

- Respecter et faire respecter un délai de 72 heures entre le dernier contact avec des porcs ou des sangliers d'un pays non indemne de PPA et l'entrée dans un élevage.

- Eviter d'effectuer des transports à destination ou depuis un pays non indemne de PPA.

- Interdiction de nourrir des porcs avec des déchets alimentaires, quelle que soit leur origine.

- Ne pas introduire de matériel de chasse dans l'enceinte de l'élevage.

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