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Petite équipe, grands projets

Le pôle agronomique Ouest met en œuvre des projets de recherche multipartenaires et multidisciplinaires bénéficiant au développement économique du secteur agricole et agroalimentaire de l’Ouest. Mardi dernier, il a tenu son comité scientifique et industriel dans les locaux du conseil régional des Pays de la Loire.

Le comité scientifique et industriel du pôle agronomique ouest s’est réuni le 19 mai dernier à Nantes. Présidé alternativement par Dominique Tremblay, conseiller régional des Pays de la Loire, en charge de l’agriculture et de l’alimentation, et par son homologue de la région Bretagne, Michel Morin, il réunit des chercheurs, des enseignants, des industriels…
Le comité scientifique et industriel du pôle agronomique ouest s’est réuni le 19 mai dernier à Nantes. Présidé alternativement par Dominique Tremblay, conseiller régional des Pays de la Loire, en charge de l’agriculture et de l’alimentation, et par son homologue de la région Bretagne, Michel Morin, il réunit des chercheurs, des enseignants, des industriels…
© Terra

Depuis plus de vingt ans, le pôle agronomique Ouest (PAO) travaille à la mise en œuvre de projets de recherche structurants pour le grand ouest, dans les domaines de l’agroalimentaire et de l’agronomie au sens large. Cette petite structure (7 personnes) est placée sous la présidence alternée d’élus des régions Bretagne et Pays de la Loire, mais ce n’est pas sa seule originalité !

En effet, elle monte des projets de recherche associant des partenaires très divers : centres de recherche publique et établissements d’enseignement supérieur, centres techniques, chambres d’agriculture et un très grand nombre d’industries des secteurs agroalimentaires… Et même au sein de ce groupe des industriels, c’est encore leur diversité qui surprend : on peut trouver des géants comme Lactalis ou Sodiaal, aux côtés de "petits" comme la Laiterie de Montaigu ou Sill, la règle étant de faire en sorte qu’aucun travail ou résultat "ne puisse être confisqué" par un seul des partenaires.

Une recherche précompétitive

Le secret de cette alchimie ? Faire une recherche dite précompétitive, c’est-à-dire ne visant pas à mettre au point un produit particulier, mais utile à tous, parce qu’orientée, décidée et suivie par tous, et au final, participant au développement économique des deux régions (1).

Bien que très fructueux, ce travail de l’ombre, de mise en réseau de différents partenaires d’horizons, de disciplines et même de "cultures" variés, n’est pas encore très connu. C’est pourquoi le pôle agronomique Ouest a décidé d’ouvrir à la presse son comité scientifique et industriel, qui s’est tenu à Nantes le 19 mai dernier et a présenté quelques exemples de ses travaux en cours.

Une "empreinte digitale"... d'un fromage

Clémentine Le Boucher vient ainsi de terminer sa thèse sur l’utilisation de la métabolomique pour suivre l’évolution de l’affinage des fromages. La métabolomique, c’est un peu l’équivalent de la génomique, mais au lieu d’analyser les gènes et de les corréler à des caractères, elle cherche à caractériser l’ensemble des métabolites présents dans un produit. Clémentine a montré que cette technique de pointe, qui jusqu’à présent était plutôt employée dans le domaine biomédical, pouvait être utilisée aussi par les IAA… A elles désormais de s’en emparer !

Deux autres travaux faisant l’objet de thèses ont été exposés : ils concernent également l’industrie laitière, mais cette fois dans le cadre d’un programme de recherche plus vaste intitulé "Profil", qui vise à innover au sein des produits laitiers existants en leur permettant d’afficher les mentions "ingrédients 100 % naturels" ou encore "sans conservateurs, colorants, texturants, etc…"

En clair, il s’agit de trouver, au sein même des matières premières dont dispose l’industrie laitière (composants du lait, bactéries lactiques..), des ingrédients pouvant remplacer des additifs chimiques. Lucille Garnier a ainsi présenté la thèse qu’elle commence sur des microorganismes lactiques produisant des métabolites ayant des propriétés antifongiques, et Thibault Loiseleux a évoqué la création de texture (par exemple pour des crèmes desserts) à partir d’assemblages de protéines de lait.

SOS protein

Enfin, un autre grand projet a été présenté, qui intéresse cette fois très directement le monde agricole. Intitulé SOS protein, ce projet vise à tendre vers plus d’autonomie protéique pour les élevages de l’Ouest. Il comprend 5 axes de recherche concernant la production de grains, celle de fourrages (dont luzerne et prairies), celle d’oléoprotéagineux, l’amélioration technologique de la digestibilité des protéines végétales et même l’incidence sur les territoires que pourrait avoir le développement de ces cultures.

Nicolas Carton a présenté le travail de thèse qu’il démarre à l’école d’agriculture d’Angers autour du lupin blanc et de son association en culture avec une plante dite de service (en l’occurrence le triticale). L’objectif est de mieux contrôler les adventices du lupin (qui posent souvent problèmes aux agriculteurs !), de comprendre les mécanismes de l’éventuelle protection apportée par la céréale, et si possible de définir les meilleures modalités d’association. Les chambres d’agriculture, les semenciers et la coopérative Terrena(2) sont impliqués dans ce travail.

"Dans SOS protein, nous associons des gens qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble", commente Jean-Luc Millécamps, du PAO. Pour ce projet autour du lupin, lorsque la question de ses maladies fongiques s’est posée, le PAO n’a pas hésité à solliciter les meilleurs microbiologistes de l’Ouest qu’il connaissait : les spécialistes des produits laitiers. Et ils ont accepté de se pencher sur la question ! Preuve que la culture de la transversalité, déjà inscrite dans les gènes du PAO, a su se diffuser chez tous ses partenaires !

(1) Allant parfois même au-delà des "frontières", puisque des acteurs de Normandie sont aussi parfois associés aux projets.(2) Terrena dispose des techniques de récoltes adaptées pour séparer les deux graines.

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