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Plan de fumure, un service à la carte

Lignol. L'une est productrice de porc, l'autre de lait et prêteur de terre. Les deux partagent la même envie de bien faire, de comprendre, s'approprier et quantifier leurs pratiques. Alors en commun, elles ont acheté un Quantofix. Un pas de plus vers l'autonomie vers laquelle les accompagne, à la carte, la chambre d'agriculture sur leur plan de fumure.

 

 

"Je veux comprendre". D'autres pas. Mais à l'earl du Crano, où le premier fils vient de rejoindre l'exploitation laitière de 615 000 l sur 128 ha avec légumes d'industrie, bientôt suivi par le second, comprendre ce que l'on fait, quantifier, comparer est une seconde nature. Une exigence où s'épanouit Laurence Bouguennec avec ses associés, "Comprendre ce que je fais pour bien le faire et qu'on ne décide pas à ma place", voilà le fin mot de l'affaire qui la lie avec Mireille Quidu. Cette dernière, infirmière, a quitté son cabinet pour reprendre en novembre 2011, les rênes de l'exploitation porcine de son mari, 244 truies NE sur 53 ha. A l'Earl du Vieux Hêtre où bientôt son gendre, non issu du milieu agricole, ni agriculteur, la rejoindra. Là se niche une même volonté de comprendre. "Pour discuter avec le technicien et qu'on ne me dicte pas ce que je dois faire". Indépendantes, elles sont faites pour s'entendre, d'autant qu'au Crano, on accueille les lisiers de 2 exploitations, dont celle du Vieux Hêtre.

 

"Des économies à faire"

Pour aller au bout des choses, Laurence Bouguennec réalise elle même son plan de fumure. "Depuis 12 ans, d'abord sur papier par le biais des Synagri enfin sur Mes parcelles, un très bon outil. Je me suis formée avec Christelle (Samson conseiller agronomie à l'antenne du Faouët). Je le fais seul et je l'envoie à Christelle pour qu'elle voit s'il y a incohérence ou non" raconte l'exploitante. Complexité ; "Jjai parfois 3 cultures. Des pois, du navet et du blé, et 25 ares de maïs en bordure... Pas facile mais ça donne du piquant", estime l'agricultrice qui, loin d'une contrainte, a pris cette obligation "avec philosophie. C'est incontournable et en plus cela présente des atouts car il y a beaucoup d'économies à faire et de bienfaits environnementaux à en tirer", pointe l'exploitante. Intérêts économiques ; "quand une culture est sortie du champ, j'ai tous les comptes pour calculer la marge", et elle ne s'en prive pas. Ni de revenir sur des itinéraires techniques, ni sur des choix variétaux. En plus des analyses de terre, 5 par an au moins, elle faisait procéder à l'analyse de ses lisiers de bovin. "Pour savoir ce que l'on apporte, c'est essentiel de connaître ces valeurs pour apporter à la plante, la dose au plus juste, au bon moment". Mais pas d'éléments sur les lisiers des apporteurs. "Or certains sont très irréguliers en teneur d'azote. 30 M3 à 1,5 ou à 4, ce n'est pas la même chose". D'où l'idée de quantifier.

 

S' approprier ses données

De son coté, Mireille aspirait à la même autonomie. "Avant je le faisais le PPF avec un organisme comptable mais je pataugeais. Ça me stressait. Je ne comprenais pas". Alors avec un échantillon de lisier, un jour de 2012, Mireille débarque à l'antenne du Faouët pour le faire analyser au Quantofix. "Avec mon retour à la ferme, celle de mon gendre, la mise au normes Bien être... C'était une prise de conscience. Je voulais tout remettre à plat, être clean, connaître les valeurs du lisier qu'on apportait". De fil en aiguille, Mireille Quidu a signé pour la réalisation d'un plan de fumure complet. "Cette année, j'aimerais être en mesure de faire moi même mes enregistrements", assure cette femme qui a soif d'apprendre et "de décider avec mes compétences". Alors, "en tant que fournisseur du lisier, je suis responsable de ce qui est mis". Là encore, "je veux savoir ce que je livre. Pour respecter le besoin des plantes. Car j'ai un plan d'épandage chez 5 prêteurs. Leur apporter l'info sur la valeur, c'est important.", assure Mireille.

En discutant, ces deux femmes on trouvé ce point commun. "On voulait avancer en même temps, on avait envie d'apprendre et les mêmes attentes. Alors on a acheté en commun notre Quantofix", disent-elles de concert. "360 euros ! Pour moi on achète des choses plus inutiles et plus chères que ça sur les exploitations", assure Laurence qui avec Mireille a découvert, guidée par le conseiller agronomie, Christelle Samson, le protocole d'utilisation de leur doseur d'azote.

Claire Le Clève

 

 

 

 

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