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Plant de pomme de terre : le marché se redresse

Après une campagne catastrophique, due à une surproduction de pommes de terre de consommation, le marché du plant se redresse cette année. Mais le segment du jardin ne cesse de se réduire.

"Puceron, taupin, mildiou, gale... cette année, les attaques ont été moins nombreuses et le paiement qualité a été, en moyenne, de -1,08 €, contre -1,12 € l'an passé". Tous les ans, les réunions organisées par Germicopa à l'attention de ses producteurs sont l'occasion pour Jean-Yves Abgrall, responsable des services technique et qualité, de faire le point sur la campagne. "Et les réclamations ont été moins nombreuses, 1,25 % contre 1,5 % l'an passé, à la même date".

Une année à oublier

Si la campagne 2014-2015 est "à oublier", selon Eric Bargy, directeur général de Germicopa, la campagne en cours s'annonce sous de meilleurs auspices. Le marché de la consommation se tient nettement mieux, notamment à cause d'une baisse des emblavements de 12 à 15 % au niveau européen, tirant du même coup le marché du plant. Mais le marché français reste bataillé. "On y trouve pas moins de 48 variétés de chair ferme", indique Joseph Lallouet, directeur production et logistique. Pour se démarquer, Germicopa compte accentuer encore ses efforts marketing.

Un marché du jardin en recul

Autre souci : le marché du jardin, pourvoyeur de marge, est en très nette récession. "De 2012 à 2015, les ventes de plants ont diminué de 37 %". La faute à une population toujours plus citadine, à des jeunes générations qui ne veulent plus jardiner, à des terrains de plus en plus petits, qui ne laissent plus de place au potager... "Mais aussi à la grande diversité de l'offre en grandes surfaces, qui n'incite plus à produire ses propres pommes de terre". L'an passé, 50 % des invendus de Germicopa se situaient sur ce créneau du jardin. "Pour stabiliser nos volumes, nous allons, là aussi, relancer une politique marketing". D'autant que Charlotte, variété-phare de Germicopa, est tombée dans le domaine public et aiguise l'appétit de ses concurrents...

À l'export, où Germicopa écoule près de 40 % de sa production, les volumes sont à la hausse, notamment en Algérie, à Cuba, en Uruguay... Mais la situation est contrastée. "Nous avions un marché pour la Daifla en Syrie. Et les événements au Moyen-Orient ont aussi des conséquences en Égypte ou en Israël", détaille Eric Bargy.

Rationaliser le plan de production

Avec un plan de production à 2 556 hectares, Germicopa prévoit d'augmenter légèrement ses surfaces : +80 ha dans le nord de la France et +60 ha en Bretagne. "Pour une meilleure efficience logistique, nous avons décidé de rapprocher les variétés de plant de leur zone de destination, explique Joseph Lallouet. Les variétés destinées à la transformation seront désormais cultivées dans le Nord, où se trouvent les usines. Et la Bretagne produira le plant destiné à l'export".

De nouvelles variétés

Cette année, l'obtenteur a inscrit quatre nouvelles variétés. Angélique, une chair ferme précoce et Kelly, une chair blanche destinée à la transformation en frites figurent désormais au catalogue français. Et Tilbury est inscrit au Portugal pour la transformation en chips, Furia aux Pays-Bas pour la production de fécule. "D'autres variétés devraient être inscrites en 2017 et 2018, indique Jean-Yves Abgrall, qui cite une chair ferme, de type Charlotte, une consommation à yeux violets, de type Blue Belle ou, sur des créneaux de niche, des pommes de terre à peau violette et chair violette ou à peau rouge et chair rouge, qui aurait des effets anti-oxydants".

De nouvelles perspectives

Faisant désormais partie du groupe Florimond Desprez, Germicopa met peu à peu des synergies en place avec le groupe semencier du Nord. "En Espagne, notre réseau de distribution passe désormais par sa filiale. Au Royaume-Uni, un plan de production a été mis en place pour des variétés industrielles. Et en Argentine, un marché de royalties se développe, grâce à Daisy". En Bretagne, 27 ha de betteraves porte-graines ont été implantés chez les producteurs Germicopa pour le compte de SESVanderHave. "Une surface appelée à croître dans les années à venir", précise Joseph Lallouet.

Mais le rachat du danois Danespo ne manque pas d'inquiéter les producteurs. "Au contraire, analyse Eric Bargy, ça confirme l'intérêt de Florimond Desprez pour la pomme de terre". Et le directeur général de Germicopa d'y voir de belles opportunités. "Ça peut nous ouvrir des marchés sur les pays scandinaves, où nous sommes assez peu présents, ou en Allemagne".

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