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Plant de pomme de terre : les voyants sont au vert

Programmées début février, ses réunions de producteurs ont permis à Germicopa de dresser un premier bilan d'une campagne de plants de pomme de terre qui s'annonce sous de bons auspices. À condition que le marché français réponde présent...

Florimond Desprez, directeur général de Germicopa.
Florimond Desprez, directeur général de Germicopa.
© Terra

"Tardives du fait de l'humidité du printemps, les plantations de pommes de terre ont été réalisées dans de bonnes conditions. La levée a été rapide, tout comme la croissance végétative. La tubérisation a été moyenne et le grossissement difficile". En ouvrant ses réunions de producteurs, lundi en Bretagne, mardi dans le nord de la France, Germicopa a commencé par faire le point sur une saison culturale atypique.

 

Un plant de qualité

Si la qualité du plant est au rendez-vous, avec des pénalités très faibles et très peu de réclamations clients, le rendement est en très net recul, -18,5 % dans le nord, -11,8 % en Bretagne. Une pénurie "que connaissent aussi nos concurrents du nord de l'Europe. Et qui nous a permis d'attaquer la campagne plus confortablement que l'an passé", affirme Joseph Lallouet, directeur production.

"Sur le grand export, le marché est dynamique, confirme Florimond Desprez, directeur général de Germicopa. Mais de plus en plus complexe !" Certains pays, comme l'Égypte, durcissent leurs exigences phyto "à la limite du faisable". D'autres, Turquie ou Tunisie, ont vu augmenter les risques liés au paiement. "En Grèce, Espagne, Portugal..., la situation revient à la normale, après une campagne difficile". Les prix de vente s'en ressentent : + 50 €/t en Afrique et Moyen Orient, + 60 €/t en Europe du sud. Et avec 2 000 tonnes seulement, les invendus sont à un niveau faible.

 

Que faire des petits calibres ?

Si les voyants sont au vert, comme le confirme Joseph Lallouet, hors de question pour Germicopa de se prononcer sur des prix culture. "Par rapport à l'an passé, l'augmentation sera substantielle. Mais il est encore trop tôt pour en savoir plus. On n'est pas très avancés sur le marché français. Et le créneau du jardin diminue inexorablement". Le faible grossissement des tubercules pose souci. "En Amandine, on a essayé de remplacer le calibre 32-40 par du 30-40. On y réfléchit pour la Charlotte aussi. On attend maintenant les retours de nos clients".

"Les acheteurs se désintéressent des petits calibres, qui représentent la moitié des invendus, rajoute Florimond Desprez. Et leur valorisation devient plus compliquée". "On aurait bien un débouché vers l'industrie, complète Joseph Lallouet. Mais il faudrait des tubercules non traités", ce qui complique le chantier au moment de la récolte et peut poser des soucis de conservation. "Ce sera l'un des dossiers de l'inter-saison".


Réorientation variétale

Germicopa poursuivant son développement, "nous prévoyons de passer de 2 714 à 2 866 ha", calcule Joseph Lallouet, en présentant le plan de production pour la campagne à venir. L'augmentation se fera dans le nord de la France, + 106 ha, plutôt qu'en Bretagne, + 46 ha, et surtout sur des variétés destinées à l'industrie, frites ou féculerie, + 107 ha.

"Mais on ne veut pas céder aux sirènes, prévient le directeur production, en évoquant la pénurie de plants de l'année en cours, pour cause de sécheresse dans le nord de l'Europe. L'augmentation reste raisonnable". Et ce sont les variétés Amyla, + 26 ha, Daisy, + 11 ha, ou Royal, + 58 ha, qui en bénéficieront. Une réorientation variétale que Germicopa veut prudente. "Le créneau industrie se développe rapidement. Mais les demandes peuvent varier fortement".


Premier collecteur breton

"En cumulant les tonnages Germicopa et Gopex, nous sommes désormais le premier collecteur sur la Bretagne", rappelle Joseph Lallouet. Même si les sociétés restent distinctes, c'est désormais Germicopa qui se charge de la production, de la logistique et de la commercialisation des plants du Gopex, racheté par Florimond Desprez. "Nous avons entamé une harmonisation de nos modes opératoires, qui prend un peu plus de temps que prévu".

Ces réunions sont aussi l'occasion de présenter les nouvelles variétés. "Adaptée aux pays méditerranées, Amany a un très haut potentiel de rendement", énumère Ewen Thomas, responsable du service technique. Destinée aux frites industrielles, Kelly se distingue par sa résistance au mildiou, ce qui lui ouvre le marché de la bio. En consommation, Noha est adaptée aux frites ménagères. En cours d'inscription, une variété féculière présente une très bonne résistance à deux nématodes. Et Punchy, destinée à la fabrication de chips, a un très bon comportement en conditions stressantes.

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