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Plant de pomme de terre : rendement en hausse et risque d'invendus

Tous les ans, la réunion à mi-campagne permet aux producteurs Germicopa de faire un premier point sur la situation en plant de pomme de terre. Cette année, avec un rendement en très nette progression et des marchés incertains, l'obtenteur s'attend à des invendus.

"L'hiver froid et sec a permis des plantations précoces et, au 20 avril, 82 % des emblavements étaient réalisés". Débutée dans de bonnes conditions, la campagne 2017-2018 de plants de pomme de terre s'est déroulée sans souci majeur, avec de faibles attaques de taupin et de mildiou. Et même si l'arrachage s'est fait en conditions humides, avec développement de pythium, les pénalités restent faibles, à -0,205 €/t, tous critères confondus.

 

Des rendements en très forte hausse...

À 33,8 t/ha en Bretagne, les rendements moyens ont été en progression de plus de 30 % ! "Cela représente 11 000 t de plants de plus que nos prévisions de campagne. Et ça, d'un point de vue commercial, on ne sait pas gérer", dit en substance Joseph Lallouet, directeur de la production, qui annonce d'ores et déjà des invendus, "même si, pour le moment, nous avons expédié près de 3 000 t de plus que l'an passé, à la même date".


... et des marchés déprimés

"Sur le grand export, la demande est stable mais certains contextes locaux sont compliqués, détaille Florimond Desprez, le directeur général de Germicopa. Dans le sud de l'Europe, Espagne et Portugal, le marché est déprimé, suite à une mauvaise campagne de consommation et à la sécheresse". Le marché français, première destination du plant Germicopa, s'annonce lui aussi difficile. "Sur le créneau du jardin, les commandes sont en retard", indique Joseph Lallouet. "Et sur le marché du frais, le contexte est également incertain, rajoute Florimond Desprez. La mauvaise campagne de consommation pénalise nos variétés en développement".

Après une telle hausse du rendement, le plan de campagne à venir s'annonce prudent. "Avec 22 ha de moins en Bretagne et 33 ha de plus dans le Nord, nous tablons sur une quasi-stabilité des surfaces, aux alentours de 2 700 ha", détaille Joseph Lallouet. Pour coller à la demande de la transformation, en très nette hausse, les variétés industrielles vont grimper de 50 ha, tandis que celles à destination de l'export seront en repli de 63 ha. "Et à 373 ha, Amandine restera stable".


Des ventes sous licence

Malgré un contexte difficile, Germicopa espère passer cette année le cap des 70 000 t de plants vendus, afin d'atteindre son objectif de 80 000 t à l'horizon 2020. "Nos ventes sous licence continuent aussi leur progression, se félicite le directeur général. De 13 000 t en 2012-2013, on est passé à plus de 19 000 t cette année". S'il s'agit là de pommes de terre qui échappent aux producteurs Germicopa, elles rapportent cependant des royalties à cette dernière et contribuent à diluer les charges. "Daisy, sous contrat avec Mac Cain, se développe bien en Argentine".


Rachat du Gopex

Après l'acquisition de Germicopa en 2013 puis une prise de participation dans Danespo en 2015, le semencier Florimond Desprez a poursuivi l'an passé sa croissance sur le marché du plant de pommes de terre en rachetant SPB, la société des producteurs bretons, et ses filiales Gopex distribution de Bret seeds. Avec ses variétés phare, Alaska, Universa et Safrane, l'entreprise brestoise exporte tous les ans 30 000 t de plants à destination de l'Égypte, la Tunisie, l'Algérie mais aussi la Jordanie, marché sur lequel Germicopa est peu présent.

"Pour financer les efforts de recherche, il nous faut augmenter les volumes commercialisés", avance le directeur général de Germicopa pour expliquer cette acquisition. Si les entreprises sont appelées à rester distinctes, elles vont néanmoins "gérer les gammes variétales en concertation. Et coordonner la gestion de la production et de la logistique".

 

De nouvelles variétés

L'an passé, Germicopa a inscrit de nombreuses nouvelles variétés au catalogue. "Capucine, à la chair jaune foncée et Delila, une chair jaune et peau rouge, en consommation, énumère Ewen Thomas, responsable technique et qualité. Du côté des pommes de terre de couleur, nous lançons Gaïane, à chair et peau violette, et Zoé, à chair et peau rose". Souhaitant diversifier sa gamme, l'obtenteur propose aussi Furia, une variété féculière précoce, Betty et Fasty, destinées l'une à la fabrication de chips l'autre de frites. "Et nous avons aussi pris la décision d'arrêter trois variétés : Captain, pour sa trop grande sensibilité aux virus, Clémence, trop tardive, et Dinky, qui n'a pas pu répondre à la demande des industriels".

 

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