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Poireau bio : variétés hybrides ou population?

Disposant de peu de références sur les variétés hybrides, apparues depuis peu au catalogue, les producteurs de poireaux bio ont voulu les comparer aux variétés population. Ils ont découvert l'essai le 13 décembre dernier.

Installé à Cléder (29) avec son épouse, Patrick Cabioc'h vient de convertir sa ferme à la bio. Et en a profité pour changer de cultures : le poireau est devenu la production principale d'une exploitation qui n'en comptait pas tant qu'elle était en agriculture conventionnelle. "J'ai répondu à la demande du marché". Un changement radical, pas si simple à gérer.


Gérer les adventices

Cette année, sur la vingtaine d'hectares que compte l'exploitation, 4 ha sont consacrés au poireau. Peu satisfait des mini-mottes, "il est impossible d'y garder une humidité homogène sur l'ensemble de la plaque", l'agriculteur s'est tourné vers la pépinière. Implantée après une culture de chou-fleur vert, elle a d'abord reçu un couvert végétal, durant tout l'hiver. Après un labour, la parcelle a été semée fin mars, pour un premier arrachage fin juin début juillet. "Un voile de forçage est resté en place 5-6 semaines. Mais il a fallu débâcher pour sarcler, alors qu'il faisait encore froid".
Tout au long de la culture, les adventices sont la hantise des producteurs de poireaux bio, comme en témoignent les échanges qui s'engagent autour de la culture. Et chacun y va de ses astuces. "L'an prochain, je vais tester un faux semis, un passage de désherbeur thermique, puis semer sans remuer la terre et sabler, avant de passer le rouleau", indique Patrick Cabioc'h. Le désherbeur peut aussi être utilisé en pré-levée. "Et même une fois que le poireau a germé, indique Mathieu Conseil, de la PAIS (voir encadré). Comme l'oignon, il supporte d'être brûlé. Et repart sans problème". Une fois repiqué, le poireau est régulièrement biné par des doigts Kress. "Au moins une fois par semaine, indique Patrick Cabioc'h. D'abord à 3 km/h. Puis à 6-8 km/h, quand ils ont un peu grandi".


Des différences très nettes

Si la journée technique a permis aux producteurs de poireaux d'échanger sur la culture et de découvrir un chantier de récolte et de lavage, elle a aussi fait le point sur l'essai variétal mis en place par la PAIS. "Nous voulions comparer les variétés population et les variétés hybrides, apparues depuis peu au catalogue", indique Mathieu Conseil.
Les essais portent sur les résistances aux maladies. "En bio, il n'y a aucun traitement contre la rouille". Mais les différences sont aussi sensibles sur d'autres points. "Le feuillage des variétés modernes tire sur le bleu, une couleur que le consommateur recherche". Les variétés anciennes, elles, ont un feuillage retombant, rendant la gestion de la culture plus difficile. "Un feuillage abîmé par le passage du tracteur est une porte d'entrée aux maladies". "Ces variétés anciennes sont aussi plus difficiles à arracher, le lavage est plus compliqué et elles sont plus dures à éplucher", constate Patrick Cabioc'h. Autant d'aspects qui se traduisent par des heures de main d'oeuvre supplémentaires et des coûts de production plus élevés, "même si, au départ, les graines sont moins chères".

Chantal Pape

La PAIS en quelques mots

La PAIS, la plate-forme agrobiologique d'Inter Bio Bretagne à Suscinio, qui regroupe de structures d'amont (Armorique maraîchère et APFLBB) et d'aval (Biomas, Poder et Pronatura) expérimente légumes et grandes cultures depuis une dizaine d'années. Elle engage une quinzaine d'essais par an, essentiellement variétaux. Si la plupart d'entre eux sont menés sur l'exploitation bio du lycée de Suscinio, à Morlaix (29), certains ont aussi lieu chez des agriculteurs, pour des raisons pédo-climatiques ou techniques. "Les sols de Suscinio sont lourds et ne sont pas aptes à recevoir tous les légumes, indique Mathieu Conseil, chargé de ces essais. Et certaines cultures nécessitent du matériel, que le lycée ne possède pas".
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