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Pomme de terre : le plant breton présent dans 51 pays

Même si la campagne 2013-2014 est loin d'être finie, l'assemblée générale de Bretagne Plants, le 14 janvier dernier à Carhaix (29), a permis d'en dresser les premiers contours.

De gauche à droite : Emmanuel Guillery, directeur de Bretagne Plants, Dominique Morvan, président, et André Donval, vice-président.
De gauche à droite : Emmanuel Guillery, directeur de Bretagne Plants, Dominique Morvan, président, et André Donval, vice-président.
© terra

Après une année 2012 moyenne, avec un rendement brut de 38 t/ha, la récolte bretonne de plants de pomme de terre a été encore moins bonne en 2013, 37,4 t/ha, mais surtout très hétérogène selon les régions et les types de sol. Maigre consolation, le mildiou s'est fait très discret, grâce au temps chaud et sec qui s'est installé dès début juillet sur la Bretagne. A l'inverse, le rhizoctone a trouvé les conditions propices à son développement, les traitements ne suffisant pas toujours à limiter les attaques.

Un marché intérieur porteur


Sur le marché français, où s'écoule 40% des quelque 125 000 t de plants bretons produits sur près de 5 000 ha, les cotations des variétés du domaine public (Bintje...) ont démarré au même niveau qu'en 2012. Mais, le marché de la consommation étant porteur, les variétés sous exclusivité ont mieux tiré leur épingle du jeu. "Dans certains variétés, on a vraiment vendu des quantités importantes", constate Eric Bargy. Et le PDG de Germicopa de s'inquiéter, après des plantations 2013 en progression de 3,5%. "Il faut préparer les esprits à une saison difficile en consommation, l'an prochain, si les surfaces augmentent encore".

 

Des prix en baisse à l'export


A l'export, le plant breton est présent dans 51 pays. Et les situations sont très diverses. Avec près de 15 000 t expédiées, la Tunisie reste stable en volume, malgré des difficultés de transport à destination. Et devrait perdre sa place de premier client du plant breton au profit de l'Egypte, dont les achats ont progressé de 4 000 t. "Le marché algérien est difficile, rajoute Eric Bargy. L'activité était soutenue en septembre. Mais les prix ne sont pas au rendez-vous". Un constat que le PDG de Germicopa fait également pour le Maroc. "Heureusement qu'en Europe du Sud, le marché est un peu plus dynamique". En Espagne et en Grèce, les prix ont progressé par rapport à la campagne précédente, "même s'il faut rester vigilant sur le paiement".

"Au Moyen Orient, la saison s'est bien passée et les prix étaient corrects, rajoute Pierre Cadiou, directeur du Gopex. Dans les Emirats et au Koweit, on a augmenté les tonnages". Le marché était également soutenu en Irak et en Jordanie, où la demande a progressé de 30%. "On n'a pas su l'honorer, ce qui va être problématique pour le futur".

 

Taupin : comment faire ?

Comme l'an passé, l'assemblée générale de Bretagne Plants a aussi été l'occasion de dénoncer des distorsions de concurrence intra-communautaires sur le traitement du taupin, les producteurs français n'ayant plus de molécules à leur disposition, contrairement aux hollandais. Une situation difficile à expliquer à destination ! "Pourtant, les trous dans les tubercules n'empêchent pas la germination", plaide Dominique Morvan, le président de Bretagne Plants.

 

Chantal Pape

 

Un nouveau labo pour Bretagne Plants

Après la construction, en 2011, du laboratoire in vitro de Kerangueven pour approvisionner la filière en tubercules de départ de haute qualité, Bretagne Plants s'apprête à bâtir, courant 2014, un laboratoire de détection des pathogènes de la pomme de terre. "L'accroissement du nombre de tests, la diversification des pathogènes recherchés et l'évolution des techniques de détection nécessitent de renouveler l'outil mis en place en 1992", indique Dominique Morvan. Un projet d'1,5 million d'€, pour lequel Bretagne Plants va solliciter l'aide des collectivités territoriales et de l'Etat.

 

A la recherche de nouveaux producteurs

"Sortez du rang, produisez du plant". C'est avec ce slogan que Bretagne Plants a lancé, courant 2013, une campagne pour trouver de nouveaux producteurs. Une façon de contrer la lente érosion du nombre de planteurs, mais aussi de relancer la production afin de réduire les charges de structure.

Pour aider les nouveaux venus à se lancer, Bretagne Plants et les collecteurs s'engagent à les épauler techniquement et financièrement. Des solutions peuvent également être envisagées pour la récolte, le conditionnement et le stockage. Et des parrainages seront mis en place.



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