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Pommes de terre : des variétés plus résistantes

L'heure est à la réduction de l'usage des phytos ? La création variétale a, elle aussi, un rôle à jouer. Si les premières variétés de pommes de terre résistantes au mildiou ont déjà fait leur apparition, Bretagne plants entend poursuivre ses efforts, en creusant du côté des tolérances aux nématodes à kyste mais aussi d'une plus grande résistance au stress hydrique, aux fortes températures...

La visite du champ de comportement variétal de Bretagne plants a réuni une centaine de personnes le 19 septembre dernier à Ploudaniel (29). "Toute la filière plant et consommation est présente, se félicite Jean-Yves Abgrall. Les producteurs, bien sûr, mais aussi tous les acteurs bretons, ceux du Nord et du Centre-Sud, et des délégations étrangères : Danemark, Italie, Égypte, Pakistan...".


Léger retard à l'arrachage

Ce rendez-vous de début d'automne est l'occasion de faire le point sur la campagne en cours. "Les arrachages sont bien avancés, estime le directeur de Bretagne plants. Mais l'année a été particulière". Dans certains secteurs, les forts orages de juin ont provoqué une prise en masse du sol, "et il leur faut attendre la pluie pour pouvoir arracher". Ailleurs, le temps gris d'août, peu propice au défanage, a entraîné des retards.

Si sécheresse et fortes chaleurs de juillet ont sans doute pénalisé le rendement en Bretagne aussi, la baisse sera sans commune mesure avec les autres bassins de production, nettement plus touchés. "On parle d'une récolte à 24 millions de tonnes sur les cinq principaux pays producteurs en Europe, France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Royaume-uni, quand elle était de 29 millions de tonnes l'an passé". Et les prix de la consommation se sont déjà envolés à 250-270 €/t, quand ils atteignaient 40-50 €/t l'an passé à la même époque, une année il est vrai à la production pléthorique.

En Bretagne, les surfaces en plant continuent leur progression, à 5 995 ha. "Nous comptons désormais 269 producteurs, dont une vingtaine de nouveaux", indique Jean-Yves Abgrall.

 

Des variétés tolérantes au mildiou

Cette journée portes ouvertes permet aussi de faire le point sur les variétés issues de la station de Kerloï. "En 2018, 2 180 ha de plants ont été emblavés avec nos variétés", souligne Dominique Morvan, le président de Bretagne plants. Les tonnages certifiés progressent toujours, pour atteindre 67 000 t l'an passé, écoulés à 60 % à l'exportation, 40 % sur le marché français. "Notre objectif est de créer et propose des variétés innovantes et performantes".

Dans un contexte de réduction de l'utilisation de produits phytosanitaires, la génétique a, elle aussi, un rôle à jouer. Et c'est ensemble que les quatre stations françaises de création variétale ont noué un partenariat avec l'Inra pour débusquer des gênes de résistance au mildiou ou aux nématodes à kystes dans des collections d'espèces sauvages puis les "domestiquer". Un travail qui commence à porter ses fruits, quatre variétés récemment inscrites, Passion, Maïwen, Séléna et Azilis présentant une bonne tolérance au mildiou.

"À l'avenir, il nous faudra aussi plancher sur des variétés résistantes au stress, hydrique ou fortes chaleurs". Pour ce faire, la station de Kerloï réalise 1 500 croisements par an, sème 65 000 graines et dispose de 11 micro-parcelles à Ploudaniel et de 13 lieux d'essais à l'extérieur de la station. "La création variétale est un travail de longue haleine, rappelle Jean-Yves Abgrall. Il faut compter dix ans entre le premier croisement et l'inscription au catalogue". Une variété qui sera ensuite protégée trente ans avant de tomber dans le domaine public.

 

 

 

Six nouveautés en cours d'inscription

Les journées portes ouvertes de la station de Kerloï sont avant tout l'occasion pour Bretagne plants de présenter les nouvelles variétés en cours d'inscription. Cette année, quatre hybrides sont en première année d'essais officiels : deux variétés pour le marché de l'industrie, l'une en chips, l'autre en frites, une chair ferme et une destinée au marché de l'export. Deux hybrides sont en seconde année d'essai : une variété destinée au marché du frais et une grand export. "Et Dacine, pomme de terre à peau rouge destinée au marché de l'export, a été inscrite début 2018".

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