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Porc : des éclaircies à l'horizon

"Tenez bon, logiquement, nous devrions repartir sur une dynamique favorable et positive !". Voilà le discours adressé par Philippe Bizien, président du comité régional porcin, aux éleveurs lors de l'assemblée générale. Un message d'espoir donc, pour une filière en crise depuis plus de cinq ans.

Philippe Bizien 
(2e sur la photo) souligne que l'embargo russe prive les éleveurs du juste retour attendu de leur travail.
Philippe Bizien
(2e sur la photo) souligne que l'embargo russe prive les éleveurs du juste retour attendu de leur travail.
© Terra

"Un début d'année tendu, un été prometteur, une fin d'année morose", c'est un bilan peu flatteur que dresse le CRP sur l'année 2013 de la production porcine. Un constat qui débute avec un prix payé aux producteurs jugé insuffisant par la profession. Sur l'année 2013, le cours s'établit à 1,464 euros, soit un centime de plus par rapport à la même période en 2012. Le comité note également une baisse d'activité en Europe, notamment sur la zone Uniporc Ouest et sur les principaux bassins de production. A contrario, l'Allemagne progresse de 1,08% après une année 2012 en retrait et le Royaume-Uni produit 0,15 % de plus. Philippe Bizien affirme que "l'embellie des cours est attendue par les éleveurs qui vivent une épreuve d'endurance avec des trésoreries tendues et un parc bâtiment vieillissant".

Russie : une perte de 75 millions d'euros

Une embellie qui tarde à venir. La faute à l'embargo russe et à la gestion de ce dossier par la Commission européenne, clament les responsables professionnels. "Depuis cinq mois, l'embargo nous prive du juste retour attendu, d'une rémunération du travail à la hauteur des efforts", souligne le président. Et de poursuivre : "alors que l'Europe n'a toujours pas réglé le problème du dumping social - qui va se poursuivre contrairement aux dires de nos ministres- la Commission européenne agit de façon défavorable sur le dossier russe". Le président fustige la Commission qui serait "centrée sur elle-même, loin de toutes réalités économiques de terrain". Il ajoute : "elle semble n'agir que pour préserver ses intérêts technocratiques". Des propos corroborés par Guillaume Roué, président d'Inaporc qui explique "ce dossier est embourbé. Nous sommes des victimes collatérales de problèmes politiques à plus haute échelle voilés sous des aspects sanitaires". A Philippe Le Jossec, président de l'Arip (association régionale interprofessionnelle porcine) de calculer le manque à gagner qui s'élèverait à "plus de 75 millions d'euros". Il met notamment en lumière les "15 centimes de sous valorisation de la viande sur les marchés". Des chiffres qui énervent alors même que le sujet n'a pas du tout été abordé lors du sommet Poutine-Hollande en juin dernier.

Objectif : 15 millions de porcs en Bretagne

L'assemblée générale a été l'occasion pour le CRP de réunir autour de la table la filière porcine, la Dréal, la Draaf et le conseil régional. Un seul thème : quelle ambition des pouvoirs publics pour la filière porcine ?

Marc Gutton, directeur de la Draaf Bretagne a commencé son allocution en citant Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture : "il est possible de revenir au niveau de production de 25 millions de porcs tout en améliorant la performance environnementale des exploitations". Au directeur d'ajouter :  "c'est notre feuille de route". Des propos appréciés par l'assemblée qui demande aussi du concret. Marc Gutton avance le chiffre de "15 millions de porcs par an pour la Bretagne". Et de reprendre les objectifs du plan agricole et agroalimentaire pour la Bretagne : confortation de la production porcine, soutien à la modernisation des exploitations et du secteur de l'abatage-découpe, facilitation des investissements... Si l'Etat est dans une logique de croissance ce sont les acteurs de la filière qui doivent développer le projet". Dans ce sens, Marc Navez, directeur de la Dréal Bretagne rappelle l'obtention de "l'extension du régime enregistrement dans les élevages porcins". Et de préciser : "cette mesure va concerner 90% des élevages soit potentiellement 4200 exploitations en Bretagne". Le conseil régional par la voix de Michel Morin, son vice-président, rappelle "qu'ensemble nous avons fait évoluer les choses même si cela ne règle pas tout". Au président du CRP de regretter que "cela soit arrivé tard. Il y a une inertie des politiques. Il a fallu attendre qu'un abattoir ferme". Concernant le passage de la gestion du Feader  à la région, Michel Morin a demandé "plus d'organisation et de cohésion à la filière porcine". Des propos "inaudibles" pour Philippe Bizien qui estime que "la production porcine bretonne est la mieux organisée de France. Nous ne sommes pas organisés en filière de A à Z mais il y a des interlocuteurs à chaque étape".

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