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Porc : "l'investissement, c'est le nerf de la bataille"

Bâtiment vétuste, conditions de travail peu attractives : investir dans l'outil de production est une nécessité pour rester dans la course en filière porcine. "Il faudrait investir 22 ct/kg pendant cinq ans pour retrouver du souffle", affirment les experts qui certifient par ailleurs qu' "investir en porc est productif".

Nouvel investissement en porc : il faut trouver l'équilibre entre technique et charges engagées.
Nouvel investissement en porc : il faut trouver l'équilibre entre technique et charges engagées.
© Terra

C'est un fait, faute d'investissements ces dernières années, les bâtiments d'élevage porcin ont continué à vieillir. L'âge moyen des bâtiments naisseur-engraisseur* est de 22 ans sur un échantillon de 232 bâtiments avec des rénovations inégales entre stades physiologiques. Verraterie, maternité, post-sevrage, engraissement..., l'agencement intérieur est âgé de 15 ans en moyenne. Quant aux gestantes, il est de 8,5 ans. Après le pic de 2013 dû au regain de construction avec la mise en groupe des truies gestantes, la reprise de l'investissement depuis la crise est lente, de l'ordre de 223 €/truie/an au premier semestre 2017. Il était de 470 €/truie de 1990 à 1992 (euro constant)... La matinale, organisée par le centre d'études et de recherche de l'Industrie du béton (Cerib) le 10 octobre à Saint-Brieuc, avec comme invités des experts et des acteurs institutionnels, a rappelé la nécessité d'investir. Car l'enjeu est d'importance d'un point de vue économique, humain et de bien-être animal. Pour Georges Douguet de CerFrance Côtes d'Armor, investir, c'est avant tout "rester dans la course". D'autant que les "récents investisseurs, qui sont des élevages plus autonomes avec davantage de FAF et d'engraissement sur site, présentent un coût de revient identique à la moyenne mais pour une qualité d'outil supérieur. Ils remboursent des bonnes dettes", affirme Frédéric Kergourlay, ingénieur à la chambre d'agriculture de Bretagne.

Un investissement productif

Les années chaotiques en porc n'ont pas permis aux éleveurs d'assurer le renouvellement satisfaisant des outils. Sans lisibilité, investir est compliqué. De la baisse des investissements, il en résulte un capital de plus en plus remboursé. "Si on supprimait tout investissement à partir de 2017, il ne resterait que 36 % du capital des emprunts "existant" à rembourser en 2021", décrit Georges Douguet. Pour autant, il est illusoire de se reposer sur ses lauriers. "L'investissement c'est le nerf de la bataille. Pour résister, il faut être compétitif, maintenir la techinicité. Tous les dix ans, l'indice de consommation (IC) baisse de 0,2 point. Peut-être d'ici dix ans, l'IC sera de 2,60".

D'ailleurs, les experts s'accordent à dire que l'investissement en porc, est un investissement productif, qu'il est rentable d'avoir un parc performant. De son côté le plan de soutien PCAEA a permis d'accompagner des éleveurs : en 2016, les investissements représentaient 49 millions d'euros d'investissements, dont 9 millions d'aides via les dispositifs 411b et 412.

Au delà de la performance technique, la transmission d'un bâtiment en bon état, de bonne condition de travail pour soi et ses salariés est plus attractif. Il y a aussi la question du bien-être animal, celle des économies d'énergie avec les bâtiments basse consommation ou encore le développement des bâtiments dits connectés, en plein boum des technologies.

Mais après l'embellie en 2016, le cours du porc connaît une chute depuis août 2017, la cotation était de 1,228 €/kg le 9 octobre dernier. Une chute qui pourrait refroidir les projets. Pour autant la relance des investissements est une nécessité mais qui doit être raisonnée, avec une cohérence globale du système entre les charges engagées et les performances attendues. "Mieux vaut rénover progressivement bâtiment par bâtiment", conclut Georges Douget.

* Etude 2015 - Chambres d'agriculture de Bretagne

 

 

Ils ont dit

Comment aider à l'acceptabilité de nouveaux investissements ?

Pierre Jannin, architecte / L'architecte et le paysagiste ne cachent pas, ne dissimulent ni le bâtiment agricole, ni l'activité agricole. Il convient plutôt de le mettre en avant en amenant une qualité architecturale.

Marie-Laurence Grannec, chambre d'agriculture / L'acceptation par le voisinage passe par une anticipation de la communication en amont du projet. L’implication locale des éleveurs joue aussi sur l'acceptabilité du projet.

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