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Porcs : le ton monte

Dans le Finistère, un camion espagnol et sa cargaison ont été incendiés dimanche dans la nuit. Parallèlement, la filière cherche une issue à cette crise.

Les éleveurs de porc poursuivent les actions cette fois auprès des salaisonniers. Dans la nuit de dimanche à lundi, ils se sont rendus dans le Finistère et pénétré dans la société Lampaulaise de salaisons, ancien Jean Caby, à Lampaul-Guimiliau. L'inspection des frigos n'a pas montré de présence de viandes étrangères. Mais à quelques kilomètres de l'entreprise, la centaine d'éleveurs a intercepté un camion espagnol, stationné sur une aire de restaurant. La cargaison de viande étrangère et le véhicule ont été incendiés. Les actes se durcissent.

 

Consensus autour du MPB

Réunis le 5 mars au marché du porc breton, 4e jeudi consécutif, les éleveurs à cran n'ont plus de mots pour décrire une situation de crise sans précédent. "Nous sommes au bord du gouffre. Nous sommes arrivés dans nos derniers retranchements", s'indigne un éleveur lors de la séance de vente.

Ils étaient une centaine présents au MPB. Un appel à mobilisation a été lancé par la FRSEA/JA, cette fois, à l'intention de la salaisonnerie pour le dimanche soir.

En effet, suite à la séquestration des acheteurs jeudi 26 février, un consensus général s'est exprimé pour défendre la vente au marché du porc breton et calmer les tensions. Le mot d'ordre du Comité régional porcin, transmis aux éleveurs par courrier, est de "n'accepter aucun blocage du MPB". "Le MPB, indique le CRP, a deux vocations au service des éleveurs : permettre la vente des porcs pour 2 000 éleveurs qui ont fait le choix de ce mode de commercialisation et établir un prix transparent et donc l'équité pour tous".

 

Les éleveurs invités à interpeler leur OP

Mais derrière ce consensus, des dissonances se font entendre. Le syndicalisme FRSEA/JA estime qu'au delà des facteurs conjoncturels que personne ne maîtrise, à savoir l'embargo sanitaire russe notamment, ils existent également des facteurs structurels, qui découleraient de l'organisation du maillon production, à savoir les groupements de producteurs.

Dans un courrier, le syndicalisme invite les éleveurs de porc à faire remonter à leur groupement les dysfonctionnements des structures économiques exprimés auprès du réseau syndical : mise en marché, relations commerciales avec les abatteurs, répartition de la valeur ajoutée, poids du maillon production, marchés export... "Ce n'est pas être contre le marché du porc breton. Mais si l'on veut sauver le système, il faut que les organisations économiques bougent", estime un responsable syndical.

"Le problème n'est pas au niveau des groupements"

 

Pour Michel Bloc'h (à gauche sur la photo), président de l'UGPVB, il n'y a pas de remise en cause de l'organisation des groupements de producteurs, même s'il reconnaît une concurrence forte sur le terrain entre OP.  "Cela a toujours existé. Le problème n'est pas au niveau des groupements, c'est un leurre d'imaginer une telle chose", dit-il. Dumping social en Allemagne et en Espagne, carcan administratif, environnement, retard dans la modernisation des élevages, confiscation de la valeur ajoutée... sont les maux qui, selon le responsable, causent la perte de compétitivité du porc français depuis 10 ans. Selon Michel Bloc'h, "il faut travailler l'étiquetage des produits. Abatteurs et distributeurs doivent s'engager dans la valorisation du porc français".

 

 


Des relations commerciales opaques

De son côté, Paul Auffray président de la FNP est allé à la rencontre des enseignes de la distribution.

Dans son bilan, il dénonce la confiscation de la valeur ajoutée entre abatteurs et distributeurs au détriment des éleveurs. "Il faut s'inviter dans les négociations commerciales", rapporte-t-il, tout en décrivant un système volontairement opaque. Le responsable demande l'intervention du ministre. "Il faut une politique commerciale. C'est tout de même 70% du porc français qui est valorisé sur le territoire". Avec tout l'argent que cela représente.

 



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