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Porélia : enfin, "le prix de revient couvert en 2016"

Le groupement de producteurs de porcs Porelia, basé à Pleyben (29), avait réuni vendredi dernier ses adhérents à Pabu, près de Guingamp, lors de son assemblée générale. Le groupement fait de la maîtrise du coût alimentaire son cheval de bataille.

François Pot, président de Porélia, Rachel Richard, directrice et Philippe Bourhis, un des vice-présidents.
François Pot, président de Porélia, Rachel Richard, directrice et Philippe Bourhis, un des vice-présidents.
© Terra

Pour la première fois depuis dix ans, le groupement (250 adhérents) annonce en 2016, un prix de revient couvert, résultant de l'amélioration du prix de marché et de la baisse du prix de l'aliment après de longues années de crise. "Le prix des sept derniers mois a permis de compenser le début de l'année 2016, soit un taux de couverture moyen de 104 %", rapporte Rachel Richard, directrice du groupement. Le prix moyen payé aux producteurs s'affiche à 1,293 € en 2016 pour un coût alimentaire de 79 € les 100 kg de carcasse (contre 84 € en 2015). Le groupement défend une stratégie centrée sur la marge sur coût alimentaire de l'ordre de 60 € les 100 kg de carcasse, ce qui rapporterait, selon le groupement, un gain de 36 000 € à un élevage de 200 truies.

François Pot, président du groupement, est aussi président du marché du porc breton et sa philosophie en tant qu'éleveur est de ne pas "tout déléguer au groupement". Notamment la vente des porcs. 55 % des 983 000 porcs charcutiers commercialisés transitent via le marché du porc breton. Trois abatteurs principaux - Kermené, Bernard et le groupe Bigard - achètent les porcs.

Des choix techniques et stratégiques

Le groupement fait donc du coût alimentaire son cheval de bataille, se concentrant sur la baisse de l'indice de consommation et la baisse du prix des intrants (matière première et aliment). "Nous préférons investir dans ce qui rapporte du gain", répète François Pot. D'où une grosse activité tournée vers le stockage des matières premières avec 13 000 m³ en 2015 et 8 000 m³ en 2016 de capacité de stokage réalisée et un gros travail sur l'évolution des dépenses de santé "pour réduire la part de curatif". Une démarche autour de la cohérence des systèmes naisseur-engraisseur est également menée avec le rapatriement et la construction de places en engraissement : 14 000 places en 2016 et la même chose en 2017. "L'activité bâtiment reprend avec des rapatriements en cours mais peu de projets de développement. Dans notre groupement, moins de 10 % des porcs sont élevés à façon", ajoute son président.

Le challenge des prochaines années, au delà de la maîtrise des coûts, concerne la transmission des exploitations porcines. Avec une à deux installations par an, le groupement travaille à accompagner les jeunes dans leur parcours. "Face aux banques, il faut des projets d'entreprise solides avec des prix réalistes sur toute la ligne mais à chacun son métier", précise François Pot. Le prix de marché en hausse (1,41 € payé en 2017) est bien évidemment un argument de poids.

 

Chiffres clé 2016

250 adhérents naisseurs-engraisseurs

983 000 porcs charcutiers

55 % commercialisés via le marché du porc breton

Porcs sevrés/truie productive/an : 29,2

Indice de consommation : 2,84

Prix aliment : 213 €/tonne

Prix moyen payé : 1,293 €/kg

44 salariés

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