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Pour plus de solidarité

Le feu est dans nos campagnes, devant les laiteries, les GMS, les abattoirs, les administrations.

Oui, l’absence de rémunération des producteurs est la conséquence directe de la stratégie permanente des prix bas portée haut et fort par les GMS. Je dénonce cette stratégie destructrice d’emploi, de valeur de nos produits et de notre travail. Oui, les GMS et les intermédiaires sont coupables de ne pas accepter de répartir plus équitablement leurs marges. J'affirme qu'ils ne peuvent pas considérer les producteurs comme une simple variable d’ajustement sans encourir leur colère, et qu’ils doivent partager leurs marges pour sauver l’élevage.

Mais nous, professionnels agricoles, avons-nous tout fait pour garder la maîtrise de nos structures de ventes, de nos abattoirs, de nos laiteries ? Sommes-nous suffisamment présents aux assemblées générales de nos coopératives ? Quand aurons-nous le courage de privilégier l’intérêt collectif à l’intérêt individuel pour donner à nos structures un poids significatif pour affronter le marché, résister à la volatilité et leur permettre de protéger les producteurs.

Nous sommes étouffés par la sur-administration, nous devons sans cesse cocher des cases, courber l’échine devant les exigences de notre administration zélée. Mais quand nous avons eu l’occasion de bloquer la mise en place de la Déclaration annuelle des flux fin 2014, qu’ont fait la plupart des prestataires de services ? Chacun a pris peur des conséquences de ne pas déposer cette déclaration … et surtout vendu des prestations ! Au final, 80 % de déclarations ont été déposées. Je reste persuadé que notre position de résistance syndicale était la bonne. Résultat, les agriculteurs sont maintenant dans la seringue, avec un quota d’azote départemental et un système de punition collective. Si le quota d’azote est dépassé, tous les producteurs devront réduire leur pression azotée, même ceux dont les pratiques sont conformes à la réglementation !

Si nos élus et nos parlementaires se préoccupent réellement de cette situation, ils doivent s’exprimer, se positionner clairement sur l’avenir de l’agriculture sur notre territoire, ils doivent exprimer leur inquiétude pour l’avenir des filières et être des facilitateurs locaux et territoriaux, notamment vis-à-vis de l'administration.

La FDSEA appelle solennellement la profession, l’ensemble des acteurs économiques, les élus, les parlementaires et l’administration à faire bloc derrière les agriculteurs, à faire preuve de plus de solidarité, de cohérence, d’union sans quoi nos campagnes se transformeront en vaste zone de désespérance et de révolte puis en désert économique.

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