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Pour ses 20 ans, le salon de l'herbe s'offre une très belle édition 2018 !

La vingtième édition du salon de l'herbe et des fourrages à Nouvoitou (35) s'est achevée sur une forte hausse du visitorat. Attrait du salon, développement des productions d'herbe dans l'Ouest, nous avons rencontré Frédéric Bondoux, patron de Profield Events et créateur de ce salon de l'herbe, pour un entretien entre bilan et perspectives.

Frédéric Bondoux, directeur de Profield Events, organisateur 
du salon de l'herbe et des fourrages à Nouvoitou (35).
Frédéric Bondoux, directeur de Profield Events, organisateur
du salon de l'herbe et des fourrages à Nouvoitou (35).
© Terra

La salon de l'herbe vient de se clore. Ce n'est pas la seule réalisation de votre société ?

Frédéric Bondoux. Profield Events a décliné le concept du salon de l'herbe pour d'autres marchés très connexes au monde agricole. Nous avons développé un "Salonvert" dédié aux collectivités et aux paysagistes, puis nous avons créé un salon des entrepreneurs de travaux agricoles qui se tient au Mans. Nous avons également développé un salon sur les travaux publics avec, comme dans le cas du salon de l'herbe, des espaces pour essayer les machines en temps réel. Enfin nous contribuons au salon Euroforest dédié à l'exploitation de la forêt. Nous avons aussi une activité internationale puisque nous représentons un grand opérateur événementiel allemand qui organise le plus important salon européen et mondial consacré aux espaces verts. Profield Events, c'est aujourd'hui 20 personnes et environ 4 millions d'euros de chiffre d'affaires.

 

Vous avez fêté cette année la 20e édition du salon de l'herbe.

F. B. Le salon de l'herbe a trois éditions : une dans l'ouest à Nouvoitou, une dans le centre à Villefranche-d'Allier et la troisième à Mirecourt dans les Vosges. Nous "tournons" sur ces trois sites et nous fêtons effectivement cette année la 20e édition du salon. Ce qui fait l'attractivité d'un salon, c'est bien-sûr l'innovation. Et l'herbe est un secteur où jusque-là le nombre d'innovation n'était pas très important.

 

Quels sont les éléments marquants de ce salon ? Et du développement de l'utilisation de l'herbe ?

F. B. On est dans un univers où le visiteur, l'éleveur a besoin de toucher, de voir ce que fait une machine, ce que devient une variété. Un visiteur vient une journée sur un salon et il vient en voiture ! Voilà pourquoi nous proposons des salons itinérants, des salons de proximité, qui s'intègrent parfaitement dans les évolutions internationales. Il existe de plus en plus de grands salons internationaux avec des présentations classiques pour les distributeurs plus que pour l'utilisateur final. Il faut, à notre niveau, coller le plus possible à tous les besoins de l'éleveur et donc le faire au cœur des régions.

 

Alors quels changements constatez-vous chez les visiteurs ?

F. B. La taille des exploitations a évolué et par conséquent la taille des machines. Le besoin d'information des éleveurs a changé. Il était essentiellement technico-économique au départ et aujourd'hui il devient essentiellement économique. Cela impacte la façon dont les exposants présentent leur produits. Ce salon est devenu la référence en matière de présentation de vitrines fourragères. Les semenciers sont bien sûr très exigeants sur les vitrines puisque, sur ce salon, ils présentent à leurs distributeurs, les variétés qu'ils distribueront à partir de septembre prochain. L'autre élément marquant, c'est bien sûr le développement du digital, du numérique. C'est d'ailleurs plus un accélérateur qu'un frein. On veut voir, on veut toucher, mais le digital est un relais, un démultiplicateur de l'information.

 

Et sur l'herbe et la culture de l'herbe ?

F. B. Au cours de ces 20 années, le nombre d'hectares d'herbe n'a pas fondamentalement bougé. Elle restera sans aucun doute une culture majeure. Mais on voit aujourd'hui la création de productions sous signe de qualité, des marques : il y a une attente en terme de marché, le regard du consommateur a changé sur les produits qu'il consomme. On veut du naturel, le consommateur est demandeur. Cette évolution ne relève pas de décisions politiques, mais des demandes du consommateur. Cela peut avoir un véritable impact en terme d'orientation de la production.

 

En 2021, comment voyez vous la prochaine édition ?

F. B. Il existe des fondamentaux qu'on ne changera pas. On est très à l'écoute des besoins des visiteurs et des attentes du marché. Ces visiteurs aiment les interventions d'experts indépendants, et ne veulent pas perdre de temps, chacun d'entre eux doit en avoir pour son argent. Il faut donc faire en sorte d'être le plus complet et de répondre au plus près des attentes en mettant en avant les innovations.

Le salon de l'herbe a mis longtemps à décoller dans l'Ouest et à y trouver sa place. En fait, beaucoup d'éleveurs sous traitent leur activité de récolte des culture fourragères, soit à des ETA soit à des Cuma. C'est aussi pour cela que nous avons réorienté ce salon sur les cultures fourragères et leur utilisation dans la ration. Mais je suis très confiant, quand un visiteur vient, il trouve cela plutôt bien et revient la fois suivante avec des collègues ! Nous le constatons cette année avec une évolution nettement à la hausse du visitorat. Mais il faut aussi rester très modestes, nous sommes très climato-dépendants ! Mais nous sommes très clairement dans une phase de développement du salon dans la région.

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