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Pour transmettre son exploitation : savoir anticiper et s'entourer

La semaine de la transmission a pris son essor lundi 16 novembre, en réunissant à Pontivy, à l'invitation de la chambre régionale d'agriculture, les différents acteurs du réseau transmission. Au menu de la table ronde qui a occupé une partie de l'après-midi : anticiper et réfléchir la transmission de manière concertée.

De gauche à droite : André Peron, administrateur au Crédit mutuel, Gilles Bars, représentant de Coop de France, Eric Touzard, responsable de la commission transmission à la chambre d'agriculture de Bretagne, Hervé Le Floch, administrateur au Crédit agricole et Guillaume Delacroix, des JA Bretagne.
De gauche à droite : André Peron, administrateur au Crédit mutuel, Gilles Bars, représentant de Coop de France, Eric Touzard, responsable de la commission transmission à la chambre d'agriculture de Bretagne, Hervé Le Floch, administrateur au Crédit agricole et Guillaume Delacroix, des JA Bretagne.
© Terra

1 600 agriculteurs cessent leur activité chaque année en Bretagne. Un chiffre qui devrait grimper, "papy boom" aidant, à 1 800 vers l'année 2020. Il est donc indispensable de se préoccuper de ce que deviendront leur exploitation. Faute de préparation, la transmission se solde souvent par un agrandissement des fermes voisines. Les terres ne sont certes pas perdues mais est-il souhaitable de généraliser cette solution ? C'est aussi une question de développement territorial.

Pour un partenariat autour de la transmission

Le principe qui a guidé la création du réseau transmission est celui d'un partenariat entre ses acteurs. L'étape suivante concerne la nature de ce partenariat : quelle synergie autour du cédant ?

Pour Guillaume Delacroix, des JA Bretagne, "le projet ne se réalise pas seul : pour qu'il y ait transmission, il faut qu'il y ait un repreneur". Il faudrait donc, dans l'idéal, que le projet de transmission du cédant se développe symétriquement au projet d'installation du repreneur. Gilles Bars, administrateur à Coop de France, rappelle aussi que "indirectement, la transmission concerne les acteurs économiques puisque le renouvellement des exploitants entraîne celui de leur gouvernance". Hervé Le Floch, administrateur du Crédit agricole, remarque pour sa part que "les entreprises agricoles sont de plus en plus capitalistiques. Il serait peut-être souhaitable d'envisager une transmission graduelle". Il est quoi qu'il en soit indispensable d'étudier préalablement sa capacité de résistance. Enfin, dans l'assistance, Bernard du Réau, président du syndicat des propriétaires privés ruraux, pointe la nécessité de ne pas oublier les propriétaires dans la démarche de transmission. Le risque que le bail ne soit pas reconduit est réel, "il serait dommage de faire capoter le projet parce qu'on a oublié de dialoguer avec le propriétaire des terres".

Anticiper la transmission

Pour transmettre son exploitation dans de bonnes conditions, il est capital d'anticiper. Eric Touzard, responsable de la commission transmission à la chambre d'agriculture de Bretagne, relate qu'aujourd'hui, 50 % des appels des exploitants aux conseillers sont passés six mois avant la date théorique du départ en retraite. C'est un délai beaucoup trop court, si l'on songe que l'installation d'un repreneur prend au moins un an, sans compter le temps qu'il faut pour le trouver. L'objectif serait donc d'amener 80 à 90 % des exploitants à commencer les démarches cinq ans avant leur départ, pour éviter les transmissions précipitées.

André Peron, administrateur au Crédit mutuel, souligne qu'il est indispensable de transmettre une exploitation de qualité. Il faut absolument "bichonner son exploitation" et "faire le métier jusqu'au bout". C'est une démarche qui s'anticipe sur de nombreuses années. Hervé Le Floch suggère quant à lui d'instaurer un rendez-vous quatre ou cinq ans avant le départ en retraite, une réunion du cédant avec les acteurs de la transmission pour poser un regard pluriel sur les scénarios envisageables. Guillaume Delacroix ajoute qu'il est indispensable de ne pas parler que d'argent mais aussi "de technique, de patrimoine, de sentiments".

Être attentif à l'aspect psychologique

Eric Touzard rappelle que dans les sociétés, le départ d'un exploitant concerne également les associés. Ceux-ci doivent savoir laisser partir un associé et accueillir le nouvel arrivant en lui faisant de la place, en acceptant d'évoluer dans l'équipe.

Enfin, Gilles Bars a évoqué la possibilité d'un "tuilage" entre cédant et repreneur. Réalisé idéalement sur une campagne, celui-ci permet un passage de témoin en douceur et a été jugé positif par la majorité de ceux qui l'ont pratiqué.

Tous les participants se sont finalement accordés sur le fait que le côté psychologique était important, pour que la transmission soit réussie.

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