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Pour un agriculteur maître de sa stratégie d'entreprise

D'abord sur sa propre exploitation, puis au sein de sa filière, l'agriculteur revendique de pouvoir décider en chef d'entreprise. Une attente dont la FDSEA a fait le sujet de son assemblée générale, le 12 mars.

/* Style Definitions */ table.MsoNormalTable {mso-style-name:"Tableau Normal"; mso-tstyle-rowband-size:0; mso-tstyle-colband-size:0; mso-style-noshow:yes; mso-style-priority:99; mso-style-qformat:yes; mso-style-parent:""; mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; mso-para-margin:0cm; mso-para-margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:10.0pt; font-family:"Times New Roman","serif";} De l'expression de ses adhérents, lors des réunions locales de cet hiver, la FDSEA a défini ses axes de travail et écrit son rapport d'orientation. "Plus que jamais, l'agriculteur doit être maître de sa stratégie d'entreprise", c'est le point fort qui ressort des attentes des agriculteurs. La FDSEA en a fait le thème de son assemblée générale, le 12 mars, à Chanteloup. "Il est important que chaque exploitant soit maître de ses choix, des orientations de son entreprise, souligne Nathalie Marchand, secrétaire générale de la FDSEA. Cela s'appuie sur trois domaines de compétences : la technique, l'information et la gestion". Une stratégie débattue lors d'une table ronde. La première priorité reste la maitrise technique. "Pour la cohérence de ses choix, l'agriculteur doit reprendre la main de ses décisions techniques et agronomiques, estime Dominique Pelhate, agriculteur à Ossé. Pour construire son revenu, les résultats techniques sont nécessaires. Nous n'avons d'autre choix que d'être très pointu". Cette maitrise ne doit pas se limiter à la technique, elle s'impose aussi dans la gestion et l'analyse économique. "Même si cela peut paraitre contraignant, il ne faut pas déléguer les tâches administratives, souligne Thierry Moreau, agriculteur au Grand Fougeray. Remplir les documents permet de s'approprier ses chiffres, de les analyser régulièrement. Il faudrait aller à la déclaration trimestrielle de TVA pour un suivi régulier de sa gestion, pour travailler régulièrement sur ses coûts de revient".

Pour prendre les bonnes décisions, dans un contexte mouvant, l'agriculteur a besoin de se former et de s'informer. "L'agriculture change souvent, il faut s'informer, remarque Thierry Jolivet, agriculteur à Langan. Le travail en groupes permet d'échanger et de progresser".

Dans cette mission de formation et d'information, les syndicats locaux ont toute leur place. "C'est le lieu où transmettre de l'information, où discuter", approuve Thierry Jolivet. "Ce sont les syndicats locaux qui créent le dynamisme à la base de la réflexion, complète Nathalie Marchand. Alors que les exploitations grandissent et que la charge de travail augmente, les agriculteurs souhaitent pouvoir être remplacé pour aller se former. "Il faudrait renforcer les allégements fiscaux au remplacement", propose Dominique Pelhate.

Pour garder sa liberté de chef d'entreprise, l'agriculteur doit en permanence progresser sur ses résultats économiques. "Par la maîtrise technique, le suivi de ses chiffres, l'information, nous devons aller chercher toutes les marges de progrès", conclut Nathalie Marchand.

 

Réfléchir en filière

Aussi performant soit-il, pour dégager un juste revenu de ses produits, l'agriculteur doit avoir toute sa place dans la filière. Une filière qui répartira la valeur ajoutée entre chacun de ses maillons. Pour en parler, la FDSEA a invité à son assemblée des représentants des différents maillons, producteurs, coopératives, distributeurs mais aussi pouvoirs publics. "Comme l'agriculteur à son échelle, une coopérative doit être maître de sa stratégie, explique Pierrick Gauvin, président de Terres de Saint Malo. En créant des organisations de producteurs, en diversifiant ses gammes, la Bretagne a montré qu'elle anticipait et s'adaptait".

Aujourd'hui 5 centrales d'achat concentrent 85% des achats alimentaires. Pas facile pour les 10.000 entreprises de la transformation de faire contrepoids. Encore moins pour les 500.000 producteurs. "Le rapport de forces n'est pas équitable, constate Xavier Beulin, vice-président de la FNSEA. Le premier enjeu pour les producteurs est donc d'obtenir une meilleure répartition de la valeur ajoutée. Puis de devenir acteurs des filières. Les agriculteurs ne doivent pas hésiter à devenir actionnaires d'outils de la transformation, en créant des filiales à leurs coopératives". Pour y arriver, de producteurs, les agriculteurs doivent devenir vendeurs, s'impliquer dans le devenir de leurs produits. "On ne vend plus, on nous achète, reconnait Thierry Moreau. Les agriculteurs doivent reprendre la main dans la valorisation de leurs produits, en se formant sur les marchés, en s'engageant dans la gestion de leur coopérative". Pour y arriver, la profession doit donc faire évoluer ses outils. "Au sein de la filière légumière, nous continuons à renforcer nos outils mutualisés et collectifs, explique Pierrick Gauvin. Avec nos collègues de Normandie, du Nord et de Belgique, nous testons des horaires communs de mise en marché pour faire contrepoids aux distributeurs qui centralisent leurs achats. Après 5 semaines, nous allons aller plus loin car la concentration de l'offre est un des moyens de faire face à la distribution". Si beaucoup appelle à cette concentration, du moins à une concertation de l'offre, elle tarde à se mettre en place. De même que la création de valeur ajoutée. "La valorisation doit faire le revenu, exige Xavier Beulin, vice-président de la FNSEA. Trop souvent, la création de valeur ajoutée échappe aux producteurs. Ca doit nous faire réfléchir sur nos organisations économiques".

 

Une valeur ajoutée à créer et à répartir

Un point fait l'unanimité dans toutes les filières : la valeur ajoutée n'est pas équitablement répartie entre les maillons. Au détriment des producteurs, au profit des GMS. "Arrêtez de tirer sur la grande distribution, prévient Maxime Soulas, directeur de Carrefour Alma. Le monde agricole est resté sur le ressentiment des marges des années 80 et 90. Il en est autrement aujourd'hui. Les marchés ne sont plus euphoriques. Dans mon magasin, le résultat est de 1,8% du chiffre d'affaires". Pour le commerçant, la concentration ne doit être ni un but unique, ni une solution. "C'est le consommateur qui décide. Je ne distribue que ce qui se vend. C'est la demande qui crée l'offre et non l'inverse. Plutôt que de s'opposer, on devrait se parler pour développer les marchés porteurs". L'observatoire des marges devrait d'y voir plus clair. "Il faut identifier qui s'en met plein les poches, en attend Xavier Belin. Nous devons arriver à trouver avec tous les maillons de la filière une relation gagnant/gagnant où les producteurs ne seraient pas toujours la variable d'ajustement".

Contractualisation collective, interprofessions plus musclées, investissements dans les filières, les pistes sont nombreuses pour que les agriculteurs (re)trouvent une juste valorisation de leurs produits.

 

Ils ont dit

 

René Collin, président de la FDSEA :

-"ce rapport montre la vie du réseau, il nous permet de faire des propositions. La FDSEA se doit d'être aussi sur du constructif, pas uniquement du revendicatif".

 

Xavier Beulin, vice-président de la FNSEA : "

-"nous devons garder notre unité syndicale malgré les tensions créées par cette nouvelle PAC".

-"il faut retrouver un lien entre les productions végétales et animales. Renforçons la contractualisation pour jouer gagnant/gagnant. La profession peut créer un fonds d'intervention, alimenté par la production de céréales et qui pourrait servir à des prêts relais. Il faut consolider notre appui aux filières animales et anticiper les variations du prix des céréales au travers d'un engagement pluri-annuel".

 

Jean Daubigny, préfet d'Ille et Vilaine :

-         "nous ne devons pas minorer le poids économique de l'agriculture et de l'agro-alimentaire, c'est le socle de notre région. Sa stabilité dans la crise actuelle le prouve".

-         -"Dès 2010, la PAC va évoluer avec pour objectifs de préserver l'emploi par des aides dès le premier hectare ; d'accompagner le développement durable, par exemple par le soutien à l'agriculture biologique ; de cibler des secteurs sensibles et de créer de nouveaux outils de couverture des risques".

-         -"Nous voulons une agriculture durable, créatrice de richesse, tenant compte de l'environnement et présente sur l'ensemble du territoire".

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