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Pour un développement maîtrisé de la filière lait bio

Mardi 26 janvier, l'assemblé générale de l'OP a réuni une soixantaine de producteurs venus de tout le Nord-Ouest de la France. L'OP lait bio Seine et Loire souhaite qu'un travail sur la régulation des volumes se mette en place rapidement.

© EU/AFP/Charly Triballeau

La conférence de l'après-midi, ouverte au public, a permis aux producteurs de lait bio de partager l'expérience de l'AOP Comté en matière de régulation des volumes de production, qui remonte à près de cinquante ans. Forts de leur expérience et du vécu de plusieurs échecs dans les années 80 et 90, les acteurs de cette filière ont construit des outils adaptés à la période post-quotas afin de maîtriser les volumes (productivité/hectare, volume/UTH...) tout en solidifiant les partenariats étroits mis en œuvre avec tous les acteurs de la filière (fruitières, affineurs, metteurs en marché). Cette stratégie de gestion de filière "en bon père de famille" favorise une stabilité des prix et une rémunération juste de tous les acteurs de la filière au moment où la majorité des marchés laitiers sont perturbés. De quoi apporter un peu de sérénité aux éleveurs franc-comtois dans cette période très difficile pour les éleveurs laitiers conventionnels.

La filière laitière bio qui bénéficie comme pour le comté d'une bonne image auprès des consommateurs et d'un potentiel de développement peut se nourrir de cette expérience singulière en France pour créer les conditions d'un développement maîtrisé, permettant d'atteindre son objectif d’augmentation des volumes tout en garantissant des prix équitables pour l'ensemble des acteurs de la filière (producteurs, transformateurs, distributeurs, consommateurs). L'OP lait bio Seine et Loire souhaite qu'un travail sur la régulation des volumes se mette en place rapidement avec l'ensemble des groupements d'éleveurs laitiers bio, dans le cadre de leur fédération nationale : Lait Bio de France.

Des volumes régulés, des prix équitables

Lactalis, seule des six laiteries partenaires de l'OP ayant participé au débat (les autres étant excusées) a conforté l'OP dans son travail de régulation des volumes. Elle se dit prête désormais à travailler sur un cadre de gestion concertée des volumes de lait bio avec l'OP Seine et Loire. Celle-ci milite depuis 2013 pour l'obtention progressive d'un prix bio rémunérateur pour les producteurs, a minima de 465 € (prix de base). L'OP souhaite travailler rapidement avec les six transformateurs à la mise en place d'outils de régulation des volumes permettant un développement maîtrisé de la filière, en réponse aux attentes de consommateurs de produits laitiers bio de plus en plus nombreux et fidèles.

Une chose est sûre, plus les producteurs seront nombreux à adhérer aux OP, mieux les intérêts des producteurs seront défendus dans le cadre d'une gestion concertée du développement de la filière avec les transformateurs.

 

Analyse des conversions

Si le rythme de consommation des produits laitiers bio observé depuis cinq ans se poursuit, la filière aura besoin d'environ 100 millions de litres de lait bio supplémentaires à l'horizon 2018. Le volume en conversion devra être légèrement supérieur, tenant compte des départs en retraite et des arrêts de fermes bio qui ne seront pas toutes reprises en bio. La filière dénombrait, à l'automne 2015, 60 millions de litres en cours de conversion. Il faudrait poursuivre le développement sur un rythme régulier de 50 millions de litres maximum par an. Or, d'après les retours du terrain, la filière risque d'avoir à gérer un pic important de collecte bio en 2018 si un grand nombre de conversions démarrent comme pressenti au printemps 2016. La filière a besoin d'intégrer progressivement et dans les meilleures conditions possibles ces nouveaux volumes nécessaires pour répondre aux besoins du marché, d'où la nécessité de mettre en place des outils de régulation des volumes pour augmenter le plus régulièrement possible le volume de lait bio mis en marché .

Qu'est ce que l'APL bio Seine et Loire

L’APL bio Seine et Loire est une OP transversale de mandat (non commerciale) reconnue par le ministère de l’agriculture depuis janvier 2013 pour négocier collectivement la vente du lait biologique livré à six laiteries privées dans le Nord-Ouest de la France (Danone, Lactalis, Montsûrs, Saint-Père, Sill, Triballat) par ses adhérents lui ayant donné un mandat de négociation.

Au 1er janvier 2016, l’OP lait bio Seine et Loire représente 260 adhérents sur un total de 460 producteurs concernés (60 %) et 80 millions de litres de lait bio livrés annuellement aux laiteries partenaires. Elle est un des cinq membres fondateurs de la fédération nationale des groupements de producteurs laitiers bio (Lait Bio de France), créée en avril 2013 et qui regroupe à ce jour plus de 1 200 producteurs et un peu plus de 50 % des volumes de lait biologique collectés en France.

 

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