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Pour une Europe plus réactive et plus proche du terrain

Dunkerque accueillera le prochain congrès national de JA du 6 au 8 juin 2017. L’Ouest y participera en force avec une cinquantaine de représentants des Pays de la Loire et une délégation de 30 Bretons. José Jaglin, responsable lait JA Bretagne, sera du voyage. Il nous fait part de ses attentes.

José Jaglin, responsable lait JA Bretagne.
José Jaglin, responsable lait JA Bretagne.
© Terra

Le thème central du rapport est la gestion du risque. Ce rapport est-il centré sur les questions d’assurance ?

José Jaglin. On parle de la gestion des risques dans sa globalité, qu’il s’agisse de la gestion du risque dans sa dimension humaine, financière, sociétale, économique, sanitaire, climatique… Une partie de ce rapport est bien-sûr en lien avec la prochaine PAC et la définition des politiques nationales. Chez JA, nous avons beaucoup d’ambitions et l’envie de bousculer les idées reçues. Sur le volet financier et économique de la PAC, nous posons un préambule important : que la PAC bénéficie d’un budget pluriannuel avec une fongibilité à l’intérieur des actions du budget agricole.

Nous pensons que la PAC doit pouvoir s’adapter à l’évolution économique des filières. Nous demandons une hausse sensible du budget agricole, une pluri-annualité du budget et une fongibilité entre filières et dossiers afin de donner de la lisibilité et de la réactivité. D’une façon générale, nous aimerions que l’Europe soit plus réactive et plus proche du terrain et qu’une production en difficulté puisse être aidée par une autre. Nous formulons des propositions sur l’assurance fourrage qui pourrait être subventionnée par l’Europe au même titre que l’assurance récolte pour les cultures. Nous proposons aussi des aides contracycliques pour contrer la volatilité des marchés.

 

Ces propositions sont-elles de nature à éviter les crises ?

J.J. Nous estimons à JA Bretagne que la première étape à enclencher face aux crises, ce sont des filières qui fonctionnent correctement avec un réel partage de la valeur.
À un second niveau, nous souhaitons que dans les filières soient mis en place des fonds conjoncturels entre tous les acteurs de la filière jusqu’au consommateur, ce qui permettra de mutualiser le risque entre les maillons. Enfin seulement, intervient la PAC, dans l'ordre des priorités, cette politique agricole européenne est  la troisième étape. Le rapport qui sera débattu à Dunkerque ne porte pas sur les questions de l’organisation des filières, qui était le thème du rapport de l’année passée, et sur lequel nous avions fait beaucoup de propositions. Le rapport de cette année cherche à développer les autres thèmes.

 

Le ministre de l’agriculture viendra-t-il ?

J.J. J’espère qu’il viendra. Ce serait dommage en début de mandat qu’il ne le fasse pas ! Sa présence marquerait un signe fort de renouveau, d’écoute et de travail en commun, une manière d’aller vers l’avenir.

 

Quelle est la situation sur le chantier de l’installation ?

J.J. Globalement, elle se maintient correctement. Mais nous avons tapé du poing sur la table l’année passée pour que les prix pris en compte dans les études soient plus en rapport avec la conjoncture réelle. Second élément, nous voyons de plus en plus émerger la problématique de la main-d’oeuve. Les besoins explosent et il n’y a pas vraiment de solution réfléchie. Les jeunes ont perdu les repères dans cette période sans quota. Nous assistons à une concentration des moyens de production par associé ou à des départs en retraite d’associés prévus mais pas préparés sur ces questions du volume de travail.

 

 

 

La gestion des risques au cœur des débats

Moment fort du réseau, le congrès sera l’occasion d’évoquer la future PAC, à commencer par la définition de l’actif agricole pour une distribution plus juste des aides. La gestion des risques sera l'autre grand sujet du congrès, après les catastrophes climatiques qui ont marqué ces dernières années. Cette gestion des risques constitue aussi l’un des éléments de stabilité du métier. JA en a fait le thème de son rapport d’orientation annuel. Le syndicat a réfléchi sur plusieurs axes, notamment la nécessité d’une gestion des risques basée sur un prix d’équilibre pour une vision à plus long terme, et une gestion des volumes en accord avec l’ensemble de la filière. Enfin, le risque humain et social occupe une partie importante du rapport, face aux  interrogations sur l’entente avec les associés, les salariés, le voisinage, mais aussi sur le risque de maladie, d’accident du travail. Le rapport se veut, en tout cas, opérationnel.

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