Aller au contenu principal

JA
Pour une meilleure répartition des marges

L'assemblée générale des Jeunes Agriculteurs du Finistère, qui s'est tenue le 6 mars dernier à Châteaulin, a consacré une bonne partie de ses débats à la répartition des marges.

"Comment expliquer l'augmentation des prix de vente au consommateur quand les prix agricoles baissent, au point de mettre à mal nos équilibres économiques" s'interrogent les JA dans leur note d'orientation. "l est scandaleux de constater que,quand le producteur perçoit 1,40 €/kg de porc, la grande distribution, elle, touche 2,45 €", renchérit Olivier Billon, responsable du groupe porc. Et les JA de réclamer avec insistance la mise en place d'un observatoire des prix et des marges, qu'ils ne considèrent que comme une étape. "De nouveaux outils doivent permettre à l'agriculture de maintenir une activité économique dynamique sur nos territoires".
Un dossier qu'il n'est pas simple de faire avancer au niveau local, sous peine de subir immédiatement des mesures de rétorsion de la part de la grande distribution. "Nous avons profité du salon de l'agriculture pour faire avancer nos revendications, indique Carole Doré, vice-présidente de JA au niveau national. Et nous avons maintenant l'appui de l'UFC-Que choisir". "Les grandes surfaces se sont adaptées plus vite que nous, constate Guy Le Bars, président du groupe Even. Il faut qu'à notre tour, nous devenions incontournables". Un avis que partage volontiers Jean-François Jacob, secrétaire général de la Sica de Saint Pol de Léon. "L'observatoire des prix n'apportera rien du tout ! Il faut d'abord rééquilibrer le poids des différents acteurs du commerce".

Non à la taxe Borloo

"Il faut maintenir des règles de concurrence identiques". Si Guy Le Bars avait une seule demande à formuler en matière de politique agricole, ce serait bien celle de la fin des distorsions de concurrence. "En matière environnementale, certaines régions demandent encore des dérogations aux 170 unités d'azote à l'hectare. Et la taxe Borloo aura une incidence énorme sur la compétitivité de nos entreprises".
Une taxe dont ne veut plus entendre parler Jean-François Jacob. "Les centres de consommation se déplacent, on est déjà pénalisé sur le plan géographique et on veut nous rajouter une taxe !" Car, le secrétaire général de la Sica de Saint Pol de Léon en est convaincu, la logistique sera, demain, une composante importante du revenu. "En Bretagne, le prix de retrait du chou-fleur est à 0,22 €, contre 0,17 € en Allemagne. Et la logistique nous coûte 0,5 €. Comment écouler notre production vers l'Allemagne, quand il y a 0,55 € d'écart ?"

Ne compter que sur soi

"Nous exportons 50% de nos légumes sur l'Europe, rappelle Jean-François Jacob. Mais, même si nous sommes pro-européen, nous ne comptons sur personne d'autre que nous pour défendre la Bretagne". Ce qui a amené la zone légumière à se battre contre une nouvelle organisation de la production autour d'AOP nationales par produit et à obtenir que le Cerafel soit reconnu AOP territoriale multi-produits. "Mais, aujourd'hui, les aides sont différentes selon que l'on adhère ou non à une AOP nationale", dénoncent les JA, qui se battent pour obtenir la fin de cette différenciation, préjudiciable aux bretons.

Et demain ?

"Suite à la crise, on nous parle de régulation des marchés financiers, note Guy Le Bars; Mais il en faut aussi pour les marchés agricoles. Avec la fin des jachères, la fin des quotas annoncée pour 2015, le risque est énorme de devoir travailler plus pour gagner moins". Pour le président du groupe Even, la réflexion doit être menée au niveau européen. "Ouvrir les vannes serait une erreur qui coûtera cher à tout le monde. On a tout intérêt à produire en relation avec le marché".
"Et ne pas oublier de garder des outils de transformation", rajoute Carole Doré, citant sa région, où les abattoirs ont fermé les uns après les autres. "Aujourd'hui, les broutards partent en Italie, avec tous les problèmes que l'on connaît suite à l'apparition de la FCO. On réfléchit à la mise en place de filières d'engraissement sur place".
"Il faut aussi se préparer à vivre avec moins d'aides, après 2013", estime André Sergent, vice-président de la chambre d'agriculture. Une vraie difficulté, quand les aides Pac représentent aujourd'hui 50% du revenu des producteurs de lait. Mais aussi un challenge à relever. "Le revenu doit être le fruit de notre travail. Et nos produits doivent être justement rémunérés".

 

Ils ont dit

Mickaël Prigent
Responsable du groupe légumes

"Pour atteindre les objectifs du Grenelle de l'environnement, réduire de 50% l'usage des pesticides, le gouvernement a décidé de retirer purement et simplement une liste de matières actives, sans qu'aucune proposition ne soit faite pour les remplacer, dénonce Mickaël Prigent, avant d'annoncer la découverte d'un "nouveau parasite des légumes : le Borloo". Une taxe que les JA refusent. "La chasse au Borloo est ouverte".


Yohann Le Grand
Responsable du groupe lait

"Il ne faut pas favoriser la contractualisation individuelle". Afin de préparer l'après-quotas, les JA réfléchissent à une nouvelle organisation de l'offre et proposent la mise en place d'OP, organisations de producteurs, afin d'éviter un lien direct entre producteurs et transformateurs. "Une AOP, association d'organisations de producteurs, intermédiaire entre les OP et les transformateurs, permettrait de mieux gérer l'offre et la demande". Un fonctionnement qui garantirait la collecte de tous les producteurs et un prix identique pour tous.


Olivier Billon
Responsable du groupe porc

"En 2008, le cours moyen a atteint 1,264€/kg, 13% de plus qu'en 2007". Une embellie qui n'a pas suffi à mettre fin à la crise que traversent les producteurs de porcs. "La flambée du prix des céréales a continué et, en 2008, le prix de l'aliment se situait à 250 €/t, 60 €/t de plus qu'en 2007". Le coût de revient atteint désormais 1,5€/kg et près de 10% des éleveurs finistériens ont un taux d'endettement supérieur à 100%. "Nous allons mettre la pression sur les abatteurs au MPB et afficher une banderole à l'entrée des grandes surfaces, pour montrer la répartition des marges".


Manu Loussaut
Secrétaire général adjoint

"Il faut faire évoluer les esprits". Les 29 et 30 novembre derniers, les finistériens ont participé à l'opération "à travers champs", menée par les JA de Bretagne et Pays de Loire. En deux jours, ils ont accueilli 12 000 visiteurs sur la place de la mairie du 15ième arrondissement de Paris, leur faisant découvrir leurs savoir-faire et leurs métiers au travers d'animations ludiques et de dégustations. Une opération qui sera certainement renouvelée en 2009 !


Gilbert Le Goff
Président de l'Agrifête

"L'Agrifête se déroulera les 29 et 30 août, à Plonévez du Faou". Si toutes les animations n'ont pas encore été arrêtées, quelques valeurs sûres, comme la nuit des laboureurs, le moiss-batt cross ou la course de tracteurs tondeuses, seront reconduites. "Les écoles d'agriculture du secteur présenteront l'évolution de l'agriculture". Un concours de clippage et un marché de produits locaux seront également organisés. "Espérons que, cette année, la météo soit avec nous".


Pascal Mailhos
Préfet du Finistère

"Je ne suis pas sourd à vos demandes", a affirmé Pascal Mailhos aux JA. Et le Préfet de rappeler son engagement à raccourcir les délais d'instruction des dossiers IC, et de faire le point sur les contrôles. "Plus de 95% d'entre eux ne posent aucun problème. Je souhaite qu'ils soient apaisés, de part et d'autre".

 

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

"Sur les engrais azotés, je ne lâcherai pas"
Déçue sur les dossiers des néonicotinoïdes et du glyphosate, la députée finistérienne LREM Sandrine Le Feur se dit déterminée à…
La méthanisation, bonne pour la planète ?
Eau, air sol…, quels services ou pas, leur sont rendus par la méthanisation agricole ? Vaste question que celle des aménités et…
Des légumineuses bretonnes dans nos assiettes
Graines de pois chiche, haricot rouge, pois et lentille corail sont un bienfait pour l’alimentation humaine et constituent aussi…
La région prend position sur la future PAC
La crise Covid a remis sur le devant de la scène l’importance d’une production agricole locale, ainsi que l’apport de l’…
A Moëlan, le projet de reconquête des friches contesté par le SDPPR
A Moëlan sur Mer, la municipalité a commencé à rendre à l'agriculture une partie des 500 ha de friches que compte la commune, via…
Elevage bio cherche repreneur
A l’occasion du cap symbolique des 1 000 fermes bio en Finistère, le Gab tire la sonnette d’alarme : en bio aussi, le…
Publicité