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Prendre soin du capital humain

La FDSEA lors de son assemblée générale le 22 mars à Quintin a a remis au coeur du sujet "le capital humain" de l'entreprise agricole sans lequel rien n'est possible. Un capital à préserver, encore plus demain, avec l'augmentation de la taille des projets et la réduction de la main d'oeuvre familiale. Retour sur la table ronde et les propos échangés.

Aujourd'hui alors que l'attention se cristallise sur le bien-être animal, compte tenu des attentes sociétales, le capital humain, déterminant à la bonne conduite des entreprises, est de plus en plus fragilisé. La mondialisation de l'économie et des marchés agricoles, les faibles revenus, l'agrandissement des entreprises, l'absence de main d'oeuvre qualifiée ... ont modifié le rapport au travail. La charge mentale et psychologique de l'agriculteur, accentuée par l'isolement s'est accrue. Le sociologue Roger Le Guen décrit un métier, "où l'on travaille longtemps 55 heures par semaine au dessus des cadres et des ouvriers avec des conditions matériels proches des ouvriers".
Dans un tel contexte, le chef d'entreprise est soumis à rudes épreuves. Et c'est le psychologique qui trinque. "Le nouveau fil à la patte est psychologique, on observe une hausse des arrêts pour maladies", atteste Sylvie Le Clec'h-Ropers, directrice du service de remplacement Sdaec et du groupement d'employeurs Terralliance. D'un autre côté, les modes de vie évoluent et les agriculteurs souhaitent s'accorder du temps et des vacances comme le reste de la population. Le sujet n'est plus tabou, Olivier Jouan, agriculteur installé avec son associé en Gaec, témoigne : "je ne voulais pas revivre la même chose que mes parents qui ne parlaient que d'agriculture et ne partaient jamais en vacances. Je ne voulais pas travailler avec ma femme mais avec un associé".

Anticiper pour se préserver
C'est pourquoi dans un projet, la charge de travail doit être évaluée en amont et à chaque étape clé de la vie de l'entreprise. "Quelle sera la charge de travail à 25 ans, à 45 ans, au départ en retraite des parents ? Et si je m'agrandis que se passe-t-il pour moi... ? Qu'est-ce que je délègue, comment je gère l'astreinte", poursuit Sylvie Le Clec'h-Ropers, et d'alerter, "je vois ceux qui pilotent et et ceux qui arrivent au burn-out. Ces derniers subissent et ne sont plus capables de prendre du recul".
Se préserver, c'est aussi s'organiser au quotidien pour parer aux imprévus. Régis Macé, patron de l'ETA Gautier à Saint-Barnabé, conseille à ses clients l'anticipation. En amont, ils échangent sur les surfaces, le protocle, les conseils techniques... "Ainsi les salariés connaissent les champs, les façons de travailler".
Enfin former les jeunes à la résilience, à la capacité de supporter la charge psychologique des crises quand elles arrivent est une autre piste, évoquée par Roger Le Guen.

Chouchouter la main-oeuvre
Enfin le secteur agricole est confronté à la raréfaction de la main d'oeuvre et à la concurrence entre les secteurs. Prendre soin de soi, c'est donc prendre soin de ses salariés pour ne pas manquer de bras. "Depuis 3-4 ans, c'est la pénurie de salariés. Je fais le maximum pour en prendre soin car un salarié s'il ne se plaît pas, il s'en va", atteste Régis Macé.
Alors chouchouter ses salariés n'est pas vains. Cela commence par des aspects pratiques simples. "Soignez l'accueil. Comme n'importe quelle entreprise classique, il faut un lave-main, des sanitaires, un endroit pour déjeuner", répète Sylvie Le Clec'h-Ropers. Quant au montant du salaire, ce n'est pas forcément le critère numéro 1 qui retiendra à coup sûr le salarié mais "l'accueil, l'échange, l'ambiance".

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