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Préparer la transmission de son élevage de porcs

L'anticipation est le maître-mot d'une transmission réussie. Cédant comme repreneur doivent prendre du temps pour bâtir un projet solide. La chambre d'agriculture a des outils pour les y aider.

Colette et Alphonse Pousset ont transmis leur élevage de porcs à un jeune. Un projet réussi car anticipé.
Colette et Alphonse Pousset ont transmis leur élevage de porcs à un jeune. Un projet réussi car anticipé.
© Cécile Julien

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"Nous n'avions pas envie de laisser pourrir l'outil que nous avions mis notre vie à construire". A l'heure où certains rêvent à leur retraite, Colette et Alphonse Pousset, producteurs de porcs à Saint Jean sur Vilaine, se sont attelés à un beau projet : transmettre leur outil et permettre à un jeune de s'installer. Depuis février, ils ont réussi, Benoit Leray a pris les rênes de cet élevage de 112 truies naisseur-engraisseur. Pour que le rêve ne tourne pas au cauchemar, il a fallu beaucoup d'anticipation et de préparation, aussi bien pour les futurs cédants que pour le jeune agriculteur. Afin d'assurer le renouvellement des générations en production porcine, la chambre d'agriculture propose différents outils pour faciliter la transmission. L'effet de la démographie a créé un petit boom dans le nombre de projets. De quelques uns par année, on est passé à 35 en 2007 et une vingtaine en 2008. Le gros des départs est encore à venir : en Ille et Vilaine, un tiers des producteurs de porcs a plus de 50 ans. "Pour compenser les départs, il faudrait 70 installations annuelles pendant 10 ans", chiffre Nathalie End, conseillère porc à la chambre d'agriculture.

Pour Colette et Alphonse Pousset, la question de la transmission s'est posée dès 97, soit dix ans avant leur retraite. "Une partie des bâtiments était à refaire. Soit on faisait quelques rénovations, soit on reconstruisait", relate l'éleveur. Le choix d'un bâtiment neuf a été fait dans la perspective d'une reprise. "Nous avons continué à améliorer l'élevage en vue d'une installation".

 

Bien s'entourer

Première étape vers l'installation, l'évaluation du montant de l'outil. Y compris en cas de reprise familiale. "Il faut acheter un outil pour ce qu'il vaut aujourd'hui, pour sa valeur économique et non patrimoniale", souligne Nathalie Marchand, élue à la chambre d'agriculture. Le cédant comme le repreneur ne doivent pas hésiter à faire faire plusieurs estimations. "A 57 ans, quand on a commencé à penser à la reprise, nous avons fait estimer la valeur de notre élevage, par le groupement et par la chambre d'agriculture", explique Alphonse Pousset. L'éleveur a bien compris que Benoit Leray en fasse de même quand il a monté son projet d'installation. L'estimation de l'élevage à reprendre passe aussi par une bonne connaissance de la valeur des animaux, donc de leur statut sanitaire grâce aux sérologies. De même, une parfaite connaissance des résultats techniques et économiques s'impose. "Le jeune doit profiter de son EPI pour se les approprier et construire son projet", souligne Nathalie End.

Les calculs de la chambre d'agriculture montrent qu'un éleveur a, en moyenne, une capacité de remboursement de 350 euros par truie, soit un endettement moyen de 2750 euros par truie. Il lui reste, une fois payer les stocks et le cheptel, 1750 euros par truie pour financer la reprise de l'outil. "Dans le département, les coûts de reprise vont de 500 à 2.200 euros, chiffre Nathalie End. Pour une construction, on est à 6.500 euros/truie". Autant dire que l'installation repose sur la reprise des outils existants. Une transmission se prépare trois ans à l'avance, le temps pour le cédant de préparer ce que va devenir son exploitation, pour le jeune se former et de mûrir son projet, et pour les deux de travailler ensemble, par le biais du tutorat.

Comme la réussite d'une installation se joue dans la durée, le jeune doit continuer à se former, à échanger, à se doter d'outils de pilotages. "Grâce à la GTE et à la G3T, je vois si je suis dans les objectifs du prévisionnel, ce que je peux corriger", apprécie Benoit Leray. Le jeune éleveur sait qu'il peut compter sur Odette et Alphonse pour l'épauler. "Quand on transmet à un jeune, c'est pour le voir réussir", sourit le jeune retraité.

 

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