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Préserver le foncier agricole, un objectif désormais partagé

Nécessaire aux agriculteurs pour produire, le foncier est convoité par les collectivités locales. Et son achat pèse lourd pour les jeunes qui s'installent, à un moment où ils préfèrent investir dans leur élevage. Pour répondre à ces différents enjeux, des solutions ont été imaginées par la chambre d'agriculture et les collectivités, la Safer et le Crédit agricole...

De gauche à droite : Alexandre Castrec, JA 29, Bernard Quillévéré, maire de Milizac, Yvon Tanné, directeur crédits et risques au Crédit agricole du Finistère, et Hervé Le Saint, président du comité technique finistérien de la Safer.
De gauche à droite : Alexandre Castrec, JA 29, Bernard Quillévéré, maire de Milizac, Yvon Tanné, directeur crédits et risques au Crédit agricole du Finistère, et Hervé Le Saint, président du comité technique finistérien de la Safer.
© Terra

"Depuis 2006, ce sont 3 900 ha de foncier agricole qui ont été perdus dans le Finistère". Un constat alarmant, qui a incité la chambre d'agriculture à alerter communes et communautés de communes. Et peu à peu, la nécessité de préserver ce foncier a fait son chemin. "Certaines collectivités annoncent même un objectif à zéro hectare consommé, indique Alain Hindré, vice-président de la chambre d'agriculture, en charge du territoire de Brest. Si ça me paraît compliqué à atteindre, éviter et réduire serait déjà un préalable".


Une cellule de concertation foncière

Invitée au Carrefour des communes et communautés de communes du Finistère, la chambre d'agriculture a voulu mettre en avant des actions concrètes menées en ce sens sur le territoire. "À Milizac, nous avions besoin de surfaces pour mettre en place une protection de captage, une zone artisanale et un élargissement de la RD 67", se souvient Bernard Quillévéré, le maire. Quand il apprend qu'un agriculteur souhaite arrêter son activité, il se rapproche de la chambre d'agriculture pour mettre en place une cellule de concertation foncière. "Nous avons aussi invité la communauté de communes, le conseil départemental, la préfecture et la Safer Bretagne".

Et c'est ensemble qu'ils imaginent une solution. "Nous avons acquis 18 ha pour la protection de captage". Achetés par la Safer, les 50 ha restants vont servir à des échanges fonciers sur la commune. Et, au total, ce sont pas loin de 150 ha qui seront échangés par une dizaine d'agriculteurs impactés par la RD 67, qui a grignoté 7 ha, ou le gel de 15 ha pour la zone artisanale. "Un travail de longue haleine, reconnaît le maire. La réflexion a démarré en 2010 et les actes ont été signés chez le notaire en 2015". Mais grâce à des mises à disposition, les terres ont continué à être cultivées. "Et au final, la surface pâturable a augmenté de 30 ha", rajoute Delphine Scheck, chargée de mission économie à la chambre d'agriculture.

 

Différer l'achat

"J'ai envie de concentrer mes investissements sur le bâtiment, pour faciliter le travail et dégager de la marge", indique Alexandre Castrec, à la recherche d'une exploitation où s'installer. Comme lui, ils sont de plus en plus nombreux à préférer investir dans leur outil de production que dans du foncier. Et c'est pour répondre à leur demande que le Crédit agricole a cherché une solution. "On peut déjà financer des terres sur trente ans, affirme Yvon Tanné, directeur crédits et risques à la caisse du Finistère. Mais ça ne suffit pas".

La banque verte a donc imaginé un portage du foncier. "La Safer achète le terrain et le loue au jeune pour une durée de 5 ans, renouvelable une fois s'il le souhaite. Le Crédit agricole finance l'achat et le jeune paie un loyer, qui viendra en déduction du prix, au moment de l'achat". Une solution qui répond à une attente puisque, lancée pendant le Space, elle a déjà vu l'arrivée de trois ou quatre projets.

"Nous avons aussi un partenariat avec le Conseil régional, qui permet de stocker des terres pendant deux ans pour une rétrocession pour des projets équins, bio, de transformation à la ferme ou de vente directe, rajoute Hervé Le Saint, président du comité technique finistérien de la Safer. Un délai qui permet au jeune de finaliser son projet et de lancer son affaire". Enfin, certains agriculteurs préférant rester locataires, des portages de longue durée peuvent être mis en place avec des investisseurs privés, "qui bénéficient alors d'avantages fiscaux". À chacun de trouver la solution la plus adaptée à sa situation !

 

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