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Prestor met ses éleveurs à l'honneur

L'année a été rude ? Prestor a profité de son assemblée générale, le 27 mai dernier, à Carhaix (29) pour rappeler l'importance de la technique et mettre ses éleveurs à l'honneur.

Bientôt 8 ans que dure la crise !" Si son résultat a été positif, l'année 2015 a été compliquée pour Prestor, qui a enregistré une diminution de ses flux, porcs charcutiers et reproducteurs, de 3,7 %. "Et nous avons dû reconfigurer nos courants commerciaux, indique Olivier Cormeil, le directeur. Jusque-là, 90 % de nos porcs charcutiers partaient à Josselin, ils ne sont plus que 49 %".

Un paradoxe

Année compliquée, aussi, pour les éleveurs, qui ont dû composer avec un prix de vente à 1,39 €/kg, en baisse de 7 % sur un an. Et cet hiver, ils sont nombreux à avoir subi d'importants retards d'enlèvements, plombant d'autant leurs résultats. "Même si ce n'est pas dans notre culture, nous avons alors décidé de mutualiser les prix", indique Guillaume Roué.

"On vit un paradoxe, rappelle le président de Prestor. Le contexte mondial est favorable, avec des Canadiens qui gagnent 20 € par cochon et la situation européenne est plombée". La faute à l'embargo russe. "Même si ce débouché ne représente que 3 % de nos volumes, c'est colossal pour l'équilibre du marché". A l'approche de l'été, les cours se redressent. Une embellie que les producteurs attendaient depuis longtemps... "Je ne vous promets pas le grand soir, tempère Guillaume Roué. Mais il y a une fenêtre d'espoir".

Jusqu'à la retraite

"Tout ce qui est mesurable est améliorable". En ces temps difficiles, le groupement incite plus que jamais ses adhérents à concentrer leurs efforts sur la technique. Et, en parallèle, il a décidé de les mettre à l'honneur en lançant les trophées Prestor. L'assemblée générale a été l'occasion de distinguer des élevages particulièrement performants, comme le Gaec de Lestanet et ses 32,36 porcelets sevrés/truie, novateurs, comme la SCEA Gauffro et son naissage collectif économe en énergie. Ou qui croient en l'avenir, comme Alain Quéméner qui, à 55 ans et sans successeur, vient d'investir 600 000 € dans la restructuration de son élevage. "Je dispose maintenant d'un outil performant pour travailler jusqu'à la retraite". Et l'espoir de le céder plus facilement. "Quand il a vu nos nouvelles conditions de travail, mon salarié s'est déclaré intéressé".

Gildas et Christiane Sizorn, eux, ont ouvert leurs portes pour l'opération Tous à la ferme et reçu près de 400 Quimpérois, en faisant le parallèle entre sport et élevage. Et Alain et Muriel Tourbot accueillent régulièrement des stagiaires de la formation initiale ou continue sur leur élevage de Saint Thégonnec. Autant d'occasions de changer l'image de l'élevage porcin et donner envie de venir y travailler demain...

 

Prestor en quelques chiffres

- 520 adhérents, dont 328 naisseurs-engraisseurs,
- 1,7 million de porcs charcutiers commercialisés à 49 % à JPA, 
- 27 % Bernard, 15 % Bigard Socopa,
- 245 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Producteur commerçant

Après Yves Audo, président de JPA, Josselin porc abattage, l'an passé, Prestor avait invité Christophe Bonno, le directeur d'Agromousquetaires, à participer à son assemblée générale. Né il y a 40 ans, quand Jean-Pierre Le Roch, le fondateur d'Intermarché, eut l'idée d'acheter une première usine, le pôle agroalimentaire compte désormais 64 sites. Il emploie 11 000 salariés dans des secteurs aussi variés que le lait, le vin, le porc, le boeuf, l'épicerie, la boulangerie, la mer... Et revendique haut et fort son statut de producteur-commerçant, qui irrite les agriculteurs.

"Nous fabriquons à marque propre plus de 3 000 produits pour nos magasins Intermarché et Netto, ce qui nous permet de maîtriser la traçabilité et la qualité", détaille Christophe Bonno. Un modèle unique en Europe et l'une des rares enseignes dans le monde à produire ses propres marques distributeur, ce qui lui permet de se différencier de la concurrence. "Il n'est pas rare qu'un même industriel fournisse les MDD (marque distributeur) de tous les distributeurs. Nos équipes vont suivre les marchés et apporter au consommateur ce qu'il souhaite".

Lait, porc, boeuf... : Agromousquetaires privilégie, autant que possible, un approvisionnement français. "Mais le jambon bio vient d'Allemagne car on n'en trouve pas en France". Et souhaite s'engager dans la contractualisation avec les producteurs, pour une relation gagnant-gagnant. "En lait, les producteurs sont payés 4 à 6 % de plus". Lancée début mars en porc sous la marque Louis d'Armel, la démarche peine à séduire les éleveurs, à peine une dizaine à Prestor. "Elle permet d'investir en ayant de la visibilité, de diminuer la volatilité, de sécuriser l'élevage quand les cours sont très bas", plaide Christophe Bonno.

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