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Prix du lait : l’argent du beurre

© Terra

"On assiste, à nouveau, à beaucoup d’agitation au sein du secteur laitier français car les producteurs de lait attendent une revalorisation immédiate du prix du lait à hauteur de la progression spectaculaire des cours du beurre. L’envolée récente des prix de contrats du beurre industriel, qui ont doublé en un an, doit être remise dans son contexte. Le beurre industriel ne représente que 10% de l'utilisations du lait en France et beaucoup d’industriels utilisateurs de beurre ont couvert l’essentiel de leurs besoins en beurre jusqu’à la fin de l’année à des prix bien inférieurs aux cours actuels. Ainsi, le prix moyen de facturation du beurre industriel en juin 2017 était de 4 380 €/t pour un prix moyen de contrats de 5 780 €/t. La matière grasse laitière issue de la collecte française est valorisée à 80% dans de  produits de grande consommation : fromages et produits laitiers ultra frais en particulier. Or les prix de vente à la grande distribution n’ont pas du tout suivi le mouvement de hausse du beurre industriel. Les distributeurs se retranchent derrière l’obligation d’une négociation annuelle des prix des marques nationales, imposée par la LME pour s’opposer à toute renégociation des prix des produits laitiers en cours d’année. Pour les marques de distributeurs, sous la pression des producteurs de lait et sous couvert d’une rétrocession intégrale aux producteurs, les distributeurs montrent une timide ouverture à une revalorisation, limitée à certains produits comme le lait UHT qui ne représente qu’une part très faible (environ 8%) des produits laitiers commercialisés en grande distribution. Enfin, la valorisation de la protéine laitière, l’autre constituant qui détermine la valeur du lait collecté, demeure au plus bas, plombée par les énormes stocks de poudre accumulés à l’intervention publique et par la décision de la Commission européenne de remettre des stocks sur le marché à un prix très bas. La cotation de la poudre de lait écrémé n’a progressé que de 9% en un an. Sans une prise en compte générale de la volatilité extrême des marchés laitiers par la grande distribution française, l’impact réel de la hausse du prix du beurre industriel sur la revalorisation des produits laitiers fabriqués en France risque d’être décevant au regard des attentes des producteurs de lait".

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