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Prix du lait : "s'il faut retourner devant les portes des magasins..."

Maintien des conférences de bassin, prise en compte des spécificités des jeunes dans les contrats avec leur entreprise, mais aussi guerre des prix sur fond de négociations entre grande distribution et fournisseurs, Cédric Henry, responsable lait pour les JA de l'ouest et éleveur en Ille et Vilaine, fait ici le tour d'horizon des dossiers laitiers qui occupent prioritairement les JA de l'Ouest.

Cédric Henry Responsable lait JA Bretagne
Cédric Henry Responsable lait JA Bretagne
© Terra

Réunis nationalement en session lait, les JA ont affirmé leur souhait que soient maintenues les conférences de bassins laitiers après 2015. Pourquoi cette revendication ?

Cedric Henry. Avec la fin des quotas, les pouvoirs publics se sont désengagés de la gestion des volumes. Or, nous voudrions qu'ils puissent encore jouer un rôle à l'avenir, notamment par rapport à la problématique de l'installation, en étant un point de concertation entre tous les acteurs de la filière laitière. La conférence de bassin peut être le lieu de ces propositions pour définir les modalités d'accompagnement de l'installation. FranceAgriMer a pour sa part donné un avis favorable au maintien de ces conférences de bassin et un décret devrait paraître dans les semaines à venir pour confirmer cette nouvelle mission des conférences de bassin.

La contractualisation laitière est en route. Les JA souhaitent que, dans les cadre des contrats,des dispositions particulières soient définies pour les jeunes. Pouvez-vous expliquer cette demande ?

C.H. On sait qu'il pourra être compliqué demain de trouver des jeunes pour reprendre des exploitations laitières. Ce que nous souhaitons, c'est que des jeunes soient incités à prendre le relais des nombreux éleveurs qui partiront à la retraite et que ces jeunes continuent à s'investir dans le métier. Aussi, nous voudrions des modalités qui rassurent un peu ces jeunes pour pouvoir se lancer dans le métier dans des conditions favorables. Les capitaux à reprendre dans les exploitations laitières sont importants et le seront encore plus demain. Face à cela, il faudra d'abord des garanties de volumes mais pas seulement, il faudra aussi des garanties de prix. Mais c'est la marge qui permettra au jeune installé de faire face aux besoins de l'exploitation.

Alors qu'il n'y aura plus d'encadrement des volumes, qui peut donc garantir une marge aux éleveurs ?

C.H. Ce que nous souhaitons, c'est que ce soit l'entreprise qui garantisse une certaine marge pendant les premières années de l'installation. Il s'agit d'assurer un filet de sécurité pour ceux qui s'engagent dans la production. Un jeune qui débute le fait avec un niveau de trésorerie zéro, sa force réside dans le fait qu'il croit en l'avenir. On sait que les perspectives laitières sont plutôt bonnes, mais on sait aussi qu'il y aura des fluctuations de prix. Il faut donc faire en sorte que ceux qui s'installent dans les moments où les prix sont plus bas ne soient pas balayés par les crises. Un outil de maintien de marge peut atténuer la vulnérabilité des jeunes, même si cet outil n'est activé que quelques mois sur une période plus longue durant laquelle il sera mis en œuvre pour cet éleveur. L'idée n'est pas d'avoir un dispositif permanent, mais de pouvoir activer une solidarité globale au moment crucial, que ce dispositif soit géré au niveau de l'entreprise ou à celui plus large de l'interprofession.

Dans notre esprit, un système garantissant les marges vise à protéger les nouveaux installés, mais si un tel outil parvient à être mis en œuvre et qu'il fonctionne, il serait peut être envisageable de l'élargir à toute la population agricole. Mais dans un tel cadre, un système de garantie ne pourrait être engagé que dans le cadre de la politique agricole commune. Mais pour l'instant, en France et en Europe, nous n'en sommes qu'à préparer la PAC 2015 qui ne prévoit pas de système d'assurance. Et cette PAC là nous déçoit puisque les éleveurs laitiers de l'Ouest seront ceux pour lesquels les aides diminueront le plus. Ce qu'il faut espérer maintenant, c'est que la conjoncture et les prix compensent ce repli des aides de la PAC dans les années qui viennent.

La guerre des prix que se livrent les enseignes de la grande distribution pourrait bien se faire sur le dos de l'élevage si l'on s'en tient aux échos des négociations en cours entre fournisseurs et GMS. Etes-vous inquiet ?

C.H. Nous, JA, avons réagi à cela dans un communiqué par lequel nous nous interrogions sur les propos tenus par Serge Papin de Système U. Ce discours n'est-il pas tenu par ce groupe pour mieux se placer dans les négociations. Pour notre part, nous sommes méfiants même si nous sommes bien conscients qu'il y a une guerre sur les prix. Il y a aussi de quoi s'interroger sur la grande distribution française et sur ses intentions. Evoquer le prix de 320 e des 1000 l, alors qu'au niveau européen on est plutôt à 400 e est au mieux une provocation et on est prêt à aller chercher des explications s'il le faut. S'il faut retourner devant les portes des magasins, alors on le fera.

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