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Produire... c'est résister ?

La conjoncture laitière pour 2016 s'annonce des plus tendues. La solution pour résister ? Continuer à produire... C'est en tout cas le message qu'ont souhaité faire passer les intervenants invités lundi 1er février à la journée laitière organisée par la FDSEA et JA.

De gauche à droite : Pascal Nizan (Sodiaal),Gilles Durlin (FNPL), Jean Dubé (animateur), Jean Bizet (sénateur) et Denis Berranger (OP CLEPS Ouest).
De gauche à droite : Pascal Nizan (Sodiaal),Gilles Durlin (FNPL), Jean Dubé (animateur), Jean Bizet (sénateur) et Denis Berranger (OP CLEPS Ouest).
© A.M

"Si hier les quotas étaient une bonne chose, ce n'est plus le cas aujourd'hui, notamment parceque le temps économique va beaucoup plus vite que le temps politique", estime le sénateur de la Manche Jean Bizet. Celui qui préside la commission des affaires européennes du Sénat a également fait part de ses convictions : "Oui la France restera un grand pays laitier mais à une condition, qu'elle ait une vraie stratégie politique et pour l'instant je ne la vois pas !" La conjoncture laitière pour 2016 ne laisse pas de place à l'optimisme. Au niveau mondial, les disponibilités en lait au sein des principaux fournisseurs du marché sont en croissance et viennent alourdir le marché mondial. Dans le même temps, les échanges internationaux se montrent relativement dynamiques mais subissent toujours le ralentissement des achats chinois et l'embargo russe.
Quelle est la vision de la FNPL sur cette année 2016 ? "L'année va être très compliquée et il va d'abord falloir prouver notre capacité à résister et la première réponse passera par la production", a souligné Gilles Durlin, membre du bureau de la FNPL et producteur de lait dans le Pas de Calais. Et d'ajouter : "Les autres pays continuent à produire et attendent que la France baisse ses volumes. De cette façon, la régulation ne se fait que par la baisse de production française. On ne peut pas continuer dans ce sens !" Le représentant de la FNPL a ensuite appelé chacun a plus de solidarité, estimant qu'en France il y a autant de places pour des fermes à 30 vaches qu'à 300 et que ce sont "des modèles cohérents et compatibles entre eux". Un discours que corroborent les propos de Jean Bizet, qui appelle les producteurs à se souvenir de la crise de 2009, "où la France avait baissé sa production et ce faisant avait perdu des marchés qu'elle n'a jamais regagné".

Attractivité

Autre levier mis en avant par Gilles Durlin, la baisse des charges. "On a fait un vrai effort de compétitivité sur nos exploitations, maintenant, il y a certainement des économies à trouver dans les entreprises et OPA qui nous entourent". Enfin l'attractivité a souvent été mise en avant lors des échanges. "Avec plus de qualité, plus de traçabilité, et plus de régularité, on devient attractif, donc on peut devenir exigeant", poursuit le producteur de lait du Pas de Calais. Dans ce contexte, la place des OP s'avère primordiale. Président de l'OP CLEPS Ouest, Denis Berranger estime qu'il faut "travailler à tous les niveaux pour être compétitifs. Tous les jours, des producteurs nous appellent et au delà du prix, la question, c'est comment amener de la trésorerie dans les exploitations pour passer la crise ?" Pour Pascal Nizan, administrateur à la coopérative Sodiaal, il faut aussi avoir en tête qu'une restructuration et une modernisation des outils industriels sont nécessaire, et qu'un "gros travail doit être mené sur la segmentation des marchés, avec plus de valeur ajoutée dans les zones moins compétitives".
La filière française doit donc faire preuve d'audace et d'ambition. Avec la fin des quotas, le vent du libéralisme a soufflé sur les pays du Nord de l'Europe, quand la France, elle, a limité sa production avec des clauses sur les volumes. L'enjeu, pour la France est donc de maintenir son potentiel de production dans sa diversité... En gardant tout de même un oeil avisé sur l'adéquation entre l'offre et la demande ?

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