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Lait
Produire à moindre coût

Les études de groupe le montrent : le coût alimentaire est à nouveau orienté à la hausse. Pour le contenir, il faut jouer sur plusieurs tableaux et, notamment, sur l'alimentation hivernale. Le point avec Benoît Portier, du pôle herbivores des chambres d'agriculture de Bretagne.

Benoît Portier, ingénieur d'études au pôle herbivores des chambres d'agriculture de Bretagne.
Benoît Portier, ingénieur d'études au pôle herbivores des chambres d'agriculture de Bretagne.
© Chantal Pape


"Dans les analyses de groupe, le coût alimentaire moyen est de 80€/1000 l, constate Benoît Portier. Le quart qui obtient la meilleure marge se situe à 56 €, le quart inférieur à 98 €". Pratiquement du simple au double ! "Autant dire qu'il y a urgence à faire quelque chose", reconnaît l'ingénieur d'études au pôle herbivores des chambres d'agriculture de Bretagne. Une situation qui s'explique aussi par le passé ! "Il y a deux ans et demi, les éleveurs ont eu le droit de produire plus de lait, qui s'est fait essentiellement avec des concentrés. Et les habitudes sont restées".

Un objectif à 50 €/1 000 l

"On peut se fixer un objectif de coût alimentaire de 50 €/1000 l sur l'année", indique Benoît Portier. Ce qui donnera 10 à 15 € au pâturage et 60 à 70 € en hiver. Premier rappel : si le coût de l'herbe pâturée est estimé à 1, celui des stocks varie de 4 à 5, celui des concentrés peut grimper à 10 pour des céréales, à 20 voire 25 pour les concentrés les plus élaborés !
Pour réduire le coût de la ration, il faut donc commencer par privilégier le pâturage et réduire les stocks. "Ils sont moins efficaces en UF. Et on économisera les frais de récolte". Semer du trèfle permettra aussi de gagner du côté de la fertilisation. Un poste à surveiller également en culture de maïs. "Le coût total devrait être de 500 €/ha, 50 €/t de MS", estime Benoît Portier.

Equilibrer la ration

Pour une bonne efficacité de la ration, il faut qu'elle soit équilibrée. "Le correcteur azoté va permettre de bien valoriser l'énergie fermentescible", rappelle Benoît Portier. Pas question de faire l'impasse sur le soja, à raison de 175 g/kg MS de maïs sauf, peut-être en fin de lactation, où on peut descendre à 100 g. "On peut le remplacer par du tourteau de colza". Même s'il faut en apporter 50% de plus, il reste économiquement intéressant. "On peut aussi choisir d'apporter un tourteau tanné et un aliment à fort pourcentage d'urée".
Mélangé au fourrage à l'auge, en ration semi-complète, le correcteur azoté va autoriser certains animaux à produire jusqu'à 9 000 kg de lait par an. "La différence entre animaux est impressionnante ! Lors d'un essai à Trévarez, certaines vaches produisaient 20 kg de lait par jour, d'autres 40". Le tout pour un coût de l'ordre de 60 à 65 €/1 000 l. "Ce sont les kilos de lait produits à partir du concentré de production qui coûtent cher, puisqu'il faut un kg de concentrés pour un kg de lait". Et le concentré de production ne va pas forcément améliorer les résultats de reproduction. "Si la ration est équilibrée, il n'y aura pas de problèmes".

 

Produire plus par vache pour détenir moins de vaches ?

"Certains éleveurs justifient l'intensification alimentaire par leur souhait de diminuer l'effectif, indique Benoît Portier. Mais l'impact reste faible". Un essai mené à Trévarez a ainsi montré que réduire le concentré de 800 à 1 000 kg par vache induisait une augmentation d'effectif de l'ordre de 6 à 7% seulement. "Et plus on donne de concentrés, moins on a de TB, ce qui limite aussi la réduction d'effectifs".

 

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