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Proralim, l’histoire d’une filière équitable

Il y a trente ans, à Vannes, le boucher Pierre Le Dru créait avec une poignée d’éleveurs de Limousines, le GIE Proralim en label rouge. Ainsi, la filière s’est-elle construite faisant du groupement breton, le premier producteur français.

"Elles aiment bien venir là". Elles, c’est la trentaine de mères limousines peu farouches, petits veaux fraîchement nés à leur suite. Là, en rive droite de l’estuaire de la Vilaine, face à la mer, sur un coteau plein sud, les prairies de Mickaël Guillouzic, à Muzillac, offrent une herbe verte et iodée à souhait. Vaches rouges sur fond vert, complémentaires ! L’image est superbe, le message sur le bien-être animal, limpide. L’éleveur naisseur-engraisseur s’en délecte, installé depuis 2006 sur 75 ha de terres dont 56 de prairies, avec une compagne travaillant à l’extérieur. De la ferme laitière parentale comptant quelques limousines, il n’a rapidement gardé que l’atelier allaitant déjà en label. Il l’a développé, le portant à 55 mères pour 180 animaux, apportant au GIE une vingtaine de femelles par an. La plus-value ? "55 centimes d’euros en plus par kilo de carcasse par rapport à la cotation France-Agrimer", situent Thierry Duval, éleveur, et Gérald Nio, boucher, nouveaux vice-président et président du GIE Proralim. "Cela permet une stabilité et une garantie de prix", acquiesce le tandem à la tête de cette filière.

Du circuit court avant l'heure

"Une filière qui marche, c’est une filière où tous les maillons trouvent leur compte", rappellent Pierre Le Dru et Joseph Collet, binôme désormais retraité, ex-représentants des deux collèges (lire encadré) qui durant trente ans ont présidé alternativement le destin du GIE. "1987, c’est l’époque des anabolisants pour tous les animaux", rappelle Pierre Le Dru. "On s’est insurgé contre cette pratique". On ? "Douze éleveurs et deux bouchers. On a étendu à d’autres éleveurs en fixant ce qu’on attendait en qualité". Fin des anabolisants en 1990 et deux ans après la création du label rouge (1988), son obtention puis la spécialisation en limousin renforcée par des exigences propres garanties par la marque Blason Prestige (six mois minimum de pâturage par an, alimentation principale d’herbe pâturée et de fourrages produits sur l’exploitation, complétée si besoin mais garantie sans OGM). Une filière en circuit court, travaillant désormais avec huit groupements de producteurs qui centralisent les annonces, trient les animaux, effectuent des contrôles en plus de ceux réalisés par l’organisme certificateur. "On est très engagés sur la qualité, les conditions d’élevages respectueuses de l’animal et de l’environnement, un produit sélectionné et contrôlé, un travail de filière et des bouchers aux côtés des éleveurs. C’est le dynamisme de notre filière régionale qui nous a permis de devenir premier producteur national", démontrent les responsables de la filière.

Le GIE Proralim

Cette filière Proralim (pour professionnel de la race limousine) est constituée par 250 éleveurs apporteurs répartis sur la Bretagne élargie, avec trois abatteurs (Gallais viande à Montauban de Bretagne, Kervadec à Auray et Bretagne Viande Distribution à Quimper) et 87 points de vente dont 76 boucheries artisanales et 11 GMS réparties sur les cinq départements d’origine des animaux.

Le GIE est administré par deux collèges, l’un composé de douze éleveurs des syndicats de races et des fédérations régionales, l’autre composé de neuf bouchers de l’association des Bouchers Blason Prestige et des trois abatteurs. Le bureau à six membres reflète cette parité.

883 tonnes commercialisées

Les 2 626 animaux labellisés en 2016 soit près de 21 % du tonnage commercialisé en France en Bœuf limousin label rouge, placent le GIE 1er producteur national, ce depuis 2004. 93 % des animaux labellisés ont moins de 6 ans, un âge moyen de 46 mois, un poids moyen de carcasse de 416 kg, 55 % ont une conformation R+.

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