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Proralim Limousin, "la pérennité d’une viande de qualité"

De la qualité de leur production, de leur ancrage breton et du nombre de points de vente, Ils ont fait leur force. Les 251 éleveurs mais aussi 77 bouchers et abatteurs du GIE Proralim sont venus le rappeler à Billers (56). Un prolongement aux 30 ans d’existence de cette filière extra courte qui commercialise le cinquième de la viande limousine sous label en France.

"J’étais un passionné de viande, mes parents faisaient du lait". Ce qui n’a pas empêché Lionel Nicolas, à Billiers, d’assouvir en partie sa passion en achetant dix petites génisses limousines, avant même de rejoindre l’exploitation familiale six ans plus tard en 1997. Les premières vaches rouges ont ainsi valorisé à merveille les pâtures séchantes qui dominent l’estuaire de la Vilaine et les marais de Billiers…  Soit plus de huit mois de pâturage à l’année, confortant son attrait pour l’atelier allaitant. De quoi aussi se forger une expérience :  "c’est une race très facile, ça vêle bien, elle valorise bien les fourrages que nous produisons ici". Véronique, son épouse qui l’a rejoint comme associée en 2006, trouve la race "vigoureuse voire fonceuse". Rien d’étonnant qu’au départ des parents, en 2006, l’EARL de la bergerie cède aux sirènes de la race allaitante, abandonnant le lait au profit de 330 animaux dont 105 vaches mères. Un beau troupeau qui s’épanouit sur 150 ha de SAU dont 100 consacrés à l’herbe. Quand 55 veaux mâles trouvent preneurs ailleurs comme taurillons, 14 vaches sont valorisées tous les ans sous le label Blason Prestige par la GIE Proralim. L’intérêt ? "75 centimes en plus par kilo de carcasse par rapport à la cotation de France-Agrimer qui a dévissé en décembre dernier", rapporte Gérald Nio, boucher à Plescop, et président du GIE Proralim. Il souligne aussi l’un des avantages à produire selon un cahier des charges exigeant et abolitionniste envers les OGM, comme les créateurs du GIE l’avaient été, en leur temps, face aux anabolisants couramment implantés, jusqu’à leur interdiction.

 

30 ans à viser l'excellence

"On s’était ému de cette pratique dès 1985, et insurgé contre elle en 1987. On voyait une viande gorgée d’eau ! ", ont rappelé Pierre Le Dru et François Laudrain, tous deux bouchers désormais retraités, à l’initiative du projet Proralim. Lundi dernier à Billiers, entourés des "historiques" de cette aventure, ils ont retracé le parcours de ce groupement d’intérêt économique. "On voulait trouver une viande de qualité, on a rencontré Emile Allanic qui était éleveur à Ambon", se sont-ils souvenus, convaincus que si la qualité de la viande ne s’améliorait pas, "c’était la mort de la boucherie traditionnelle". Ils ont aussi compris que "en contrepartie, il fallait proposer pour ces animaux une plus-value". Ce sera chose faite avec une grille discutée à parité au sein des deux collèges qui sont constitués, bouchers et éleveurs puis abatteurs. Dans la foulée, viendra la reconnaissance du Label Rouge pour ces animaux bretons. "Des animaux nés et élevés hors berceau. Nous sommes allés défendre l’affaire à Limoges, pas facile", se remémore Emile Allanic en énumérant les arguments qui feront mouche. En 88, c'est la reconnaissance du GIE puis, en 1990, l'interdiction des anabolisants. De 20 éleveurs au départ, ils seront 120 dix ans plus tard à rejoindre cette filière organisée en circuit court, spécialisée en vaches limousines et encadrée par des exigences fortes, garanties par un cahier des charges précis (six mois minimum de pâturage par an, alimentation principale d’herbe pâturée et de fourrages produits sur l’exploitation, complétée si besoin mais garantie sans OGM)."Nous sommes très engagés sur la qualité, les conditions d’élevages respectueuses de l’animal et de l’environnement, un produit sélectionné et contrôlé, un travail de filière et des bouchers aux côtés des éleveurs. C’est le dynamisme de notre filière régionale qui nous a permis de devenir premier producteur national", démontrent les responsables de la filière.

 

Circuit court

La filière Proralim (pour professionnels de la race limousine) est administrée par deux collèges : l’un composé de douze éleveurs des syndicats de races et des fédérations régionales, l'autre de neuf bouchers de l’association des Bouchers Blason Prestige et des trois abatteurs (Gallais viande à Montauban de Bretagne, Kervadec à Auray et Bretagne Viande Distribution à Quimper). Cette filière en circuit court, structurée et tracée s’organise entre 251 éleveurs (réunis au sein de huit OP) répartis sur la Bretagne élargie (répartis principalement dans les Côtes d’Armor à 43 %). 89 points de vente dont 77 boucheries arborent l’estampille Blason prestige. Cette viande est disponible également dans 12 GMS.

 

 

20 % du tonnage Label Rouge

- 2 546 animaux labellisés en 2017 ont été vendus par le GIE Proralim, soit 20 % du tonnage commercialisé en France en bœuf limousin Label Rouge.

- Un poids qui place le GIE, l’un des 23 organismes de production en France, sur la 1ère marche podium national, conservée depuis 2004.

- Avec un âge moyen de 46 mois, plus de 93 % des animaux labellisés ont moins de 6 ans pour un poids moyen de carcasse de 418 kg.

- 54 % ont une conformation R+ pour un prix moyen brut de 4,91 euros/kg soit en moyenne 2 052 euros bruts pour l’éleveur.

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