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L'ALLEMAGNE
Puissance agricole en devenir

Salle comble pour la conférence organisée au Space par le CER, sur les trajectoires du couple franco-allemand en matière agricole. Une chose est sûre : entre ces deux sumos qui s'observent et se comparent, l'Allemagne entend bien appliquer à l'agriculture ce qu'elle sait si bien faire : exporter.

Au côté d'Eberhard Schultze, agriculteur allemand, Jean Michel Lebret, président de CER Bretagne, et Rémi Brizard, directeur CER Orne et de l'Efac.
Au côté d'Eberhard Schultze, agriculteur allemand, Jean Michel Lebret, président de CER Bretagne, et Rémi Brizard, directeur CER Orne et de l'Efac.
© Terra

La France n'a qu'à bien se tenir. Tête de classe en production de céréales, de viande bovine ou de volaille de chair, la première puissance agricole européenne vacille et arrive au deuxième plan derrière l'Allemagne pour le lait et en 3e position pour le porc. Car à l'export, l'agriculture, qui constituait un des plus beaux fleurons de la balance commerciale de la France, se fait tailler des croupières par sa voisine d'outre-Rhin.
L'Allemagne a bondi de 23 % sur les 10 dernières années en production porcine quand la France reculait de 1 %.  Même saut de près de 50 %, mais cette fois-ci en volailles de chair quand la France régressait sur le même temps de 20 %. Car au delà de la recherche d'autosuffisance, l'Allemagne applique à son agriculture la vieille recette de son industrie : l'exportation avec une "dynamique de développement encouragée", ont rappelé les deux ingénieurs d'études, Laurent Marc et Véronique Kerlidou, avec pour expliquer ce dynamisme, Eberhard Schultze, en grand témoin.

 

 

Hyper concentration et spécialisation

Des efforts que Eberhard Schultze, agriculteur allemand près d'Hanovre et membre de l'Efac(1), n'a pas contredit démontrant l'importance de la réunification des deux Allemagnes, dans l'augmentation de la production nationale. "Au départ les agriculteurs de l'Ouest étaient horrifiés par les tailles (1 000 à 10 000 ha). Mais ils ont très vite réalisé le potentiel que cela représentait. Cette expérience nous a encouragé à concentrer nos exploitations et utiliser des machines plus importantes".
Vrai également pour la libéralisation du coût du travail, à ces détails près. "Un travailleur allemand coûte 11 à 15 euros l'heure et perçoit en net 17 000 euros par an. Un travailleur polonais est payé 6 euros de l'heure et l'on paye les charges correspondantes au gouvernement polonais. Mais ce Polonais emploie, chez lui en Pologne, un Hongrois à 4 euros de l'heure", précise ce coopérateur pour qui la concurrence est de toute manière salvatrice.
Vrai encore pour l'aide dévolue aux énergies renouvelables encouragées pour atteindre, dès 2020,  20 % de la production nationale. Mais quand une famille française dépense en moyenne 4 800 euros pour se nourrir, la même, en Allemagne, ne déboursera que 2 200 euros. "C'est une question de culture. Les Allemands n'aiment pas dépenser pour la nourriture. Les hardiscounters l'ont bien compris; ils représentent 25 % du marché du détail et les prix alimentaires sont toujours tirés vers le bas".
En France, c'est moitié moins. Une situation qui devrait perdurer et placer l'Allemagne en position de force pour répondre à des marchés aux prix toujours plus compressés.

(1) European Federation of Agricultural Consultants.

 

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