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A quand la sortie de crise ?

Venus à Quimper le 28 mai dernier pour y rencontrer les actionnaires finistériens de Crédit agricole SA, Jacques Lenormand et Jean-Paul Betbeze, respectivement directeur général adjoint et directeur des études économiques, nous livrent leur analyse sur la sortie de crise.

De gauche à droite : Jacques Lenormand, directeur général délégué de Crédit agricole SA, et Jean-Paul Betbèze, directeur des études économiques.
De gauche à droite : Jacques Lenormand, directeur général délégué de Crédit agricole SA, et Jean-Paul Betbèze, directeur des études économiques.
© Terra

"En France, les banques ont été moins touchées par la crise, tient à rappeler Jacques Lenormand, qui souligne là l'avantage des banques de dépôt. "Dans la crise de liquidités, qui a immédiatement suivi celle des subprimes, notre base de déposants nous a permis de faire face plus facilement".

Un léger frémissement

"Au Crédit agricole, l'immobilier représente 50% des nouveaux crédits", explique Jean-Paul Betbèze. Que les transactions, dans le neuf comme dans l'ancien, soient à la baisse et, aussitôt, l'activité de la banque s'en ressent. "Mais le mouvement est en train de s'inverser". Et l'économiste de citer deux segments de marché repartis à la hausse : celui des primo-accédants, encouragé par le doublement des prêts à taux zéro, et celui du logement locatif, aidé par de nouvelles incitations fiscales. "Aujourd'hui, les promoteurs nous disent qu'ils n'ont plus de stock de logements neufs sur les bras. Ce n'était pas le cas il y a 6 mois".
Pour autant, est-on sorti de la crise ? Jean-Paul Betbeze se veut prudent. "Je pense qu'on est arrivé au point bas de la crise et qu'on va remonter tout doucement". Mais l'onde de choc touche les entreprises avec un léger temps de retard. "Elles ont résisté tant qu'elles ont pu. Et c'est aujourd'hui qu'elles licencient". Un phénomène qui risque de durer encore un peu, les secteurs de l'automobile et de l'aéronautique étant les plus touchés. "Et quand l'économie repartira, la croissance ne sera que de 1 à 1,5% par an, ce qui ne manquera pas de poser problème en termes de déficit public en France".
Pour l'économiste, il y a peu de chances que l'on connaisse, à court terme, une croissance aussi "fringante" que celle qu'on a connu ces dernières années, car la crise a induit des changements de comportement. "Le consommateur choisit des produits moins élaborés, ce qui n'aide pas à relancer l'économie", affirme Jean Le Vourch, président de la caisse de Crédit agricole du Finistère. Hard discount, premiers prix et entrée de gamme ont le vent en poupe dans toutes les catégories de population. Des comportements qui, s'ils perdurent au-delà de la crise, ralentiront d'autant la reprise ! "Ils ne sont synonymes ni de croissance ni d'emploi".

Epauler particuliers et entreprises

Au niveau national comme départemental, le Crédit agricole met tout en oeuvre pour aider ses clients, particuliers ou entreprises, à passer la crise au mieux. "Qu'ils n'hésitent pas à nous faire part de leurs difficultés, conseille Jacques Lenormand. Plus elles sont prises en amont, plus on a de chances d'y faire face, en allongeant les prêts, par exemple". "Nous repérons les situations en train de se dégrader, rajoute Jack Bouin, directeur général du Crédit agricole du Finistère. Et nous prenons aussitôt contact avec nos clients". Car les difficultés sont bien là ! "En un an, le coût du risque a déjà été multiplié par deux, constate Jacques Lenormand. Et on ne va pas s'arrêter là".

Inciter les entreprises à investir

"Notre seconde mission, c'est d'inciter les entreprises à investir quand elles en ont les moyens, affirme Jack Bouin. Ce qui va générer du business pour le reste de l'économie. En ce qui nous concerne, nous n'avons pas cessé nos investissements".
Et le Crédit agricole prépare déjà l'après-crise. "Le monde de demain sera un peu plus compliqué", prédit Jean-Paul Betbèze. Pour diminuer ses coûts de production, la banque va nouer des partenariats sur le marché européen. "C'est aussi ce que nous avons fait au niveau breton, rappelle Jack Bouin. Plutôt qu'une fusion, qui nous aurait fait perdre de la proximité avec nos clients, nous avons préféré un partenariat entre les 4 caisses de Crédit agricole".

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