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Quand les femmes en colère s'expriment…

Les agricultrices de la FDSEA 22 et les JA réclament des solutions concrètes de toute urgence pour sauver l'agriculture et l'économie agroalimentaire du département. Ils l'ont répété haut et fort, lundi dernier lors d'un rassemblement au lycée de la Ville Davy à Quessoy lundi 5 octobre.

Quand les femmes prennent les devants pour exprimer leur colère et leur désarroi, c'est que la situation est plus qu'intenable. Devant l'absence de mesures des pouvoirs publics, Europe et Etat français, la section agricultrices de la FDSEA 22, les responsables de section et les JA ont invité les élus et les responsables des OPA à venir s'exprimer devant les agriculteurs mais aussi les élèves de la Ville Davy. "Mes collègues agricultrices et moi même, nous avons voulu vous rencontrer car en plus d'être bien souvent la comptable sur les exploitations et d'être celles qui règlent les factures et gèrent les comptes, nous sommes aussi des mères de famille, qui, chaque jour avons pour objectif de faire en sorte que nos enfants puissent avoir la même éducation et le même accès à la culture que les autres enfants. Il est paradoxal que celui qui produit, ait plus de difficulté à se nourrir que les autres", a remarqué Chantal Bévillon, productrice de lait, dans un discours poignant. "Nous voulions également voir nos entreprises agroalimentaires pour les mettre en garde : aujourd'hui c'est l'agriculture qui est mise à mal. Demain, si nous ne sommes plus là, ce sont vos entreprises qui tomberont. [...] Par contre, vous avez un avantage par rapport à nous : vous pouvez délocaliser, pas nous", a déclaré la présidente de la section agricultrices. Solidarité et courage politique, sans entrer dans le détail des revendications, le syndicat par la voix de son président, Jean Jacques Poëzévara, a également interpellé élus et OPA.
Elus et OPA prennent la parole
A la tribune, le député Marc Le Fur a tracé un bilan de la situation européenne et franco-française. La régulation des prix et des volumes ainsi que la gestion des aléas économiques au niveau européen sont des dossiers importants "à faire passer", a-t-il indiqué. Ce dernier a défendu un principe, celui d'incorporer les volumes de poudre de lait dans l'alimentation des veaux. Mais face aux élèves, son discours s'est voulu rassurant sur le moyen terme. "Il y aura de meilleures périodes". Du côté des OPA, Guy Dartois, président de Cooperl Arc Atlantique a exprimé la solidarité de la coopérative : "nous portons le poids de cette crise agricole et mondiale". En première ligne, le président de la coopérative a dénoncé à son tour les incohérences du système européen, source de distorsions de concurrence : fiscales, sociales, sanitaires, environnementales, coût de la main d'œuvre... "L'Allemagne, selon un ancien accord, embauche de la main d'œuvre des pays de l'Est payée au niveau du pays d'origine. L'avantage se traduit par un gain de 5 cts du kg de carcasse produit. Gommons toutes ces distorsions intra communautaires", a insisté Guy Dartois. Baisse du pouvoir d'achat des pays tiers, dévaluation de la monnaie (Russie, Corée), perte de couverture des achats via l'assurance crédit..., la filière porcine subit les conséquences de la crise financière. Là encore les politiques sont au cœur des décisions.
Enfin, dans un message d'espoir tourné vers les élèves du lycée, Jean Salmon, membre du conseil d'administration de la Ville Davy, a souligné un paradoxe émis par des spécialistes, celui d'une éventuelle crise alimentaire d'ici 10 ans. "La population augmente, la Bretagne, la France aura besoin de gens qui produisent".

Face aux paradoxes, face à une crise multi productions, en manque de solutions politiques nationales et européennes..., qui peut prédire quand et comment l'agriculture bretonne sortira de ce tunnel.

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