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Inondations à Morlaix
A quand les travaux ?

Une quinzaine d'ouvrages de régulation à construire, des talus à implanter, des zones humides à entretenir... : pour tenter de réduire l'impact des inondations en centre-ville de Morlaix, un plan de lutte a été établi dès 2004. Mais, faute de financements, il est resté dans les tiroirs... jusqu'à ce que le Jarlot et le Queffleuth débordent à nouveau, le 24 décembre dernier.

Guy Pennec, président du Syndicat mixte du Trégor
Guy Pennec, président du Syndicat mixte du Trégor
© Chantal Pape

 

Si les inondations de 1974 sont encore dans toutes les mémoires, avec plus de 2 mètres d'eau en centre-ville, celles de 1995 ont fait prendre conscience de la nécessité d'entretenir les cours d'eau. Et le SMT, le syndicat mixte du Trégor, créé à l'origine pour lutter contre les inondations, embauche alors son premier agent pour entretenir et restaurer les rivières. Puis surviennent les inondations de 2000-2001 sur toute la Bretagne. En occasionnant des dégâts considérables, elles débouchent sur un plan de prévention de risques, bouclé en 2004. "Il prévoit un réseau de 15 ouvrages de régulation sur les bassins versants du Jarlot et du Queffleuth, capable de stocker 450 000 m3 d'eau", indique Guy Pennec, le président du SMT.

 

Un retour sur investissements en 10 ans

 

Faute de moyens financiers, les travaux ne sont pas engagés. Mais le dossier est relancé en 2009, quand l'Etat demande de vérifier l'efficacité économique du projet. Une étape que le SMT boucle avec succès fin 2012. "Le montant moyen des dommages s'élève à 2,4 millions d'€/an. Une fois les travaux engagés, il serait de 2 millions". Car la configuration de Morlaix fait que, quels que soient les travaux, il y aura toujours risque d'inondation dès lors que trois conditions sont réunies : des sols à saturation, 30 mm de pluie sur une journée, un cumul de 50 mm sur deux jours. "Et un fort coefficient de marée va être facteur aggravant, en ne permettant pas à l'eau de s'écouler".

Le retour sur investissement prendrait donc une dizaine d'années, les travaux étant estimés à 3,5 millions d'€. Mais, malgré les demandes du SMT, le comité de pilotage, présidé par le sous-préfet, ne s'est toujours pas réuni pour engager le dossier plus en avant. "Il faut dire que les mesures à prendre sont loin d'être populaires". Et Guy Pennec d'énumérer une soixantaine d'hectares d'emprise foncière, pour les 15 ouvrages. Et une démarche lourde, la mise en place d'un Papi, un programme d'action de prévention des inondations demandant 3 à 5 ans. "Il faut que l'Etat nous aide".

En attendant, certaines mesures annexes, comme l'implantation de talus de ceinture, l'entretien et la restauration des zones humides... peuvent faire l'objet d'un contrat territorial. "Là encore, il faut que l'Etat s'engage". Et il revient aux mairies de rappeler aux riverains qu'ils doivent entretenir les berges. "Lors des dernières crues, les rivières ont charrié du bois bien coupé, prêt à être brûlé, relate aussi Guy Pennec. Les gens stockent plein de choses au fond de leur terrain. Que la rivière déborde et tout est emporté".

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