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Quel avenir pour les IAA de l'Ouest ?

Entre forces et faiblesses et une évolution du commerce européen et mondial, quelle carte doivent jouer les industries agroalimentaires du grand Ouest ? C'était toute la question développée, par Yves Tregaro, chef de l'unité Produits animaux, pêche et aquaculture de FranceAgrimer, invité lors de la Chaire Entreprises et économie agricole à Agrocampus Ouest.

Signature des accords du Gatt en 1994, réduction des mesures de soutien de marché par la Commission européenne à partir du milieu des années 2000 et élargissement de l'Union européenne, voici trois éléments majeurs à prendre en compte dans l'évolution du contexte des industries agroalimentaires européennes. "Si on regarde les échanges internationaux de produits laitiers et plus précisément la nature des produits échangés, les exportations brésiliennes de viandes de volailles (découpe vs entier), ou encore les taux de carcasse de porc dans les échanges intra-européens, on observe une évolution du commerce européen et mondial vers les produits ingrédients et les composants", souligne Yves Tregaro. En parallèle, des acteurs de rang européen, voire mondial ont émergé en fonction de choix industriels et organisationnels. Cette évolution s'est traduite, selon le chef de produits de FranceAgrimer par une progression de l'intégration dans le monde (porc, volailles, bovins, aquaculture), avec des groupes qui atteignent aujourd'hui des tailles critiques pour participer au commerce européen ou mondial. Enfin des groupes se sont réorganisés après des acquisitions dans l'optique de devenir leader dans un pays donné. Et le grand Ouest dans tout ça ? "Le marché européen a évolué vers des produits intermédiaires, avec un recul des ventes de commodités basiques et la concurrence européenne se fait plus forte à nos frontières", souligne Yves Tregaro. Avant d'égrener les forces et faiblesses des IAA de l'Ouest. "Le tissu de production et d'industrie dense, le savoir-faire technologie avec un réseau d'équipementiers, des entreprises tournées vers des produits élaborés (Primel, Guyader, Charal...) et des atouts logistiques routiers et maritimes, sont autant des forces pour l'industrie agroalimentaire de la région. En revanche, des surcapacités industrielles, une fibre exportatrice pas assez développée, une cohésion verticale entre producteurs et entreprises à développer et une cohésion horizontale amont insuffisante représentent autant de faiblesses".

En conclusion, l'Ouest joue donc son avenir dans l'élaboration du produit et l'innovation. Ce qui passera par une concentration des acteurs de la recherche fondamentale et appliquée, et une incontournable évolution vers le désassemblage des carcasses, du cracking du lait... L'activité aurait aussi tout à gagner à se diriger vers l'assemblage de matières premières et des activités source d'emploi. Sans oublier de se tourner davantage vers des marchés européens et mondiaux comme source de valeur ajoutée.

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