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Bilan de santé de la Pac
Quel scénario pour la Bretagne après 2013 ?

Le 29 mai dernier, l'assemblée générale de la Caisse de Bretagne de Crédit mutuel agricole s'est penchée sur les conséquences du bilan de santé de la Pac pour l'agriculture bretonne.

De gauche à droite : Yves Simon, chargé de mission au ministère de l'agriculture, Chantal Lemouel, économiste, chercheur à l'Inra, Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d'agriculture de Bretagne, et Jean-Pierre Denis, vice-président exécutif du groupe Arkea.
De gauche à droite : Yves Simon, chargé de mission au ministère de l'agriculture, Chantal Lemouel, économiste, chercheur à l'Inra, Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d'agriculture de Bretagne, et Jean-Pierre Denis, vice-président exécutif du groupe Arkea.
© Terra


"Avec le bilan de santé de la Pac, l'Europe organise son désengagement vis-à-vis de l'agriculture", dénonce Christian Péron, président de la caisse de Bretagne de Crédit mutuel agricole. "Officiellement pour se conformer aux règles édictées par l'OMC mais en réalité surtout pour des raisons budgétaires".
"A elle seule, la Pac consomme un tiers du budget européen", explique Yves Simon, chargé de mission au ministère de l'agriculture. "Mais il faut se rappeler que c'est la seule réelle politique commune de l'Europe et qu'elle ne consomme que 1,5% du produit intérieur brut européen. Et que les 9 milliards d'€ que la France y consacre, c'est l'équivalent de 4,5 jours de cotisations à la sécurité sociale !"

Comment gérer les risques ?

"On casse la Pac" s'inquiète Jacques Jaouen. Et le président de la chambre régionale d'agriculture de dénoncer le démantèlement des outils de gestion des marchés. "Ce qui entraînera, à coup sûr, une plus forte volatilité des prix et donc une exposition accrue de nos entreprises aux aléas de conjoncture", rajoute Christian Péron.
La solution serait-elle de développer les assurances récolte ou revenu ? "Au regard des risques encourus, il faut commencer par relever les plafonds des DPA, dotations pour aléas", estime Jean-Pierre Denis, vice-président exécutif du groupe Arkea. "Et ne pas profiter de ces assurances pour démanteler le système du fonds de calamités agricoles, qui a fait ses preuves". Un avis que partage volontiers Chantal Lemouel, économiste et chercheur à l'Inra. "Les assurances sont basées sur la solidarité : si j'ai un accident de voiture, mon voisin paiera pour moi. Mais, en cas de calamités, inondations, sécheresse..., c'est toute une région qui est touchée et la solidarité ne peut plus fonctionner : il faut que l'Etat intervienne".

Et demain ?

Une centaine de chercheurs de l'Inra se sont penchés sur les différents scénarios possibles après 2013, tenant compte d'un accord, ou non, à l'OMC et du bilan de santé de la Pac. "De manière générale, les productions végétales s'en tirent bien, notamment à cause de l'augmentation de la demande à des fins non alimentaires", résume Chantal Lemouel. Par contre, un accord à l'OMC et la suppression des restitutions entraînent une baisse du prix du beurre et de la poudre, tirant le prix du lait vers le bas. "La viande rouge, elle, souffrirait d'une baisse des droits de douane puisque le marché européen s'ouvrirait alors aux importations". Par contre, pas de gros bouleversements à attendre sur les marchés des viandes blanches, porc et volaille, déjà ouverts.

Produire autrement

La chambre régionale d'agriculture, elle aussi, a planché sur l'évolution prévisible de l'agriculture bretonne à l'horizon 2020. "Pour être encore là demain, il faudra s'organiser, parler d'une seule voix", plaide Jacques Jaouen. "L'amont et l'aval devront mieux travailler ensemble pour peser sur les marchés, grande distribution ou export".
"L'Europe est ouverte", constate Yves Simon. "Il faut qu'elle ait les mêmes exigences pour les produits d'importation qu'elle a vis-à-vis de ses producteurs, qu'il s'agisse du sanitaire, de l'environnement ou du social".
"Le monde redécouvre la rareté", rappelle Chantal Lemouel, qui veut y voir une lueur d'espoir pour l'agriculture bretonne. "La demande va rester ferme. Mais il va falloir trouver d'autres façons de produire, en préservant les ressources naturelles".

 

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