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Quelle stratégie pour la filière volaille de chair ?

Créée en 2018, Anvol, l'interprofession volaille de chair, a profité du Space pour se féliciter des avancées françaises sur l'étiquetage de l'origine des viandes en restauration mais attend une obligation pour toutes les occasions de consommation à l'échelle européenne. Elle alerte par ailleurs sur la hausse des importations.

filière volaille de chair
En France, la volaille est la 2e viande consommée avec 1,8 million de tonnes en 2018.
© Capri23auto

Avec 120 millions de tonnes produites dans le monde, la viande de volaille occupe désormais la première place des viandes consommées dans le monde, devant le porc. Depuis les années 2000, la croissance annuelle de sa production est de +3,4 %. En France, la volaille est la 2e viande consommée avec 1,8 million de tonnes en 2018, soit +1 % par rapport à 2017. Pour autant, malgré ces chiffres positifs, l'année 2019 n'est pas une année faste pour la filière française. Ainsi, conséquence inattendue de la loi agriculture et alimentation, la diminution du volume des promotions a favorisé l'importation et a eu un effet défavorable sur les labels, vendus initialement à 45 % en promotion. Tout l'inverse du plan de filière qui prévoit la reconquête du marché intérieur. "Alors qu’en 2000, les importations représentaient 25 % des poulets consommés en France, ce taux s’élève désormais à près de 45 % (2018) et le phénomène continue de prendre de l’ampleur. Au 1er semestre 2019, alors que la consommation de poulet augmentait de +2,4 % en France par rapport au 1er semestre 2018, les importations progressaient de +4,7 % tandis que la production française diminuait de -3,6 %", alerte Jean-Michel Schaeffer, président d'Anvol. La France reste la destination prioritaire des importations en Europe, compte tenu de sa différence de compétitivité par rapport aux autres États membres.

L’actualité internationale liée au Brexit et à l’accord UE / Mercosur risque encore d’accentuer les difficultés de la filière française. En effet, si ces importations sont moins chères, elles sont également soumises à des règles et contrôles beaucoup moins stricts tant en matière de bien-être animal que d’exigences sanitaires et sociales.

Le Mercosur impliquerait l'arrivée de 180 000 tonnes de volailles sur le marché européen

 

Identification de l'origine des viandes

Selon Jean-Michel Schaeffer, "un hard Brexit représenterait une hausse potentielle des importations sur le marché européen de +370 000 tonnes de viande de volaille, du fait de la répartition des contingents OMC entre l’Europe à 27 et le Royaume-Uni. De plus, selon les droits de douanes qui seraient appliqués entre le Royaume Uni et l’Union Européenne à 27, les volumes de 657 000 tonnes, historiquement exportés vers le Royaume Uni, pourraient être très fortement revus à la baisse". Quant à l’éventuelle ratification de l’accord UE / Mercosur, il impliquerait l’arrivée de 180 000 tonnes de volailles supplémentaires sur le marché européen.

Dans ce contexte, les professionnels encouragent le Président de la République Emmanuel Macron à confirmer sa décision de ne pas ratifier, même à titre provisoire, l’accord avec le Mercosur afin de protéger la filière d’une nouvelle vague d’importations. La confirmation de cette décision serait un soulagement pour la filière, tout comme la récente annonce du Gouvernement visant à imposer l’identification de l’origine des viandes en Restauration hors domicile."Il s’agit d’un premier pas pour répondre aux attentes des Français". Cependant, la filière estime qu’ "il faut aller plus loin en imposant cette identification dans toutes les occasions de consommation, y compris sur les plats préparés, où 60 % du poulet est importé. En effet, il ne s’agit pour l’instant que d’une expérimentation temporaire".

L’identification de la volaille française doit permettre de valoriser le modèle différenciant de la filière française, qui s’appuie sur la diversité de ses élevages familiaux, tant en termes d’espèces élevées que de signes de qualité. Le plan de filière piloté par Anvol est donc toujours d’actualité : son objectif majeur est en effet la reconquête du marché national, tout en prolongeant les actions en faveur du bien-être animal et la préservation de l’environnement. Elle va aussi poursuivre son travail de réduction des antibiotiques, qui lui a déjà permis de diminuer leur utilisation de plus de 50 % en six ans.

 

Une appli pour le bien-être animal

La profession déploie dans les élevages la nouvelle application mobile Ebene développée par l’Institut technique Itavi en collaboration avec des ONG. Cet outil novateur est conçu pour évaluer le bien-être animal et préconiser les éventuelles améliorations à apporter. Par ailleurs, les investissements massifs prévus dans les poulaillers vont également permettre de renforcer le bien-être animal et la préservation de l’environnement grâce à une évolution de la conception des poulaillers. Des avancées qui vont permettre de réduire encore l’impact environnemental des élevages de volaille, déjà reconnus comme étant le plus faible de tout le secteur de l’élevage.

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