Aller au contenu principal

PRODUCTION LAITIÈRE
Quelles stratégies face à l'évolution des prix et des volumes ?

Dans le contexte d'incertitude que traverse la production laitière, l'Institut de l'élevage et les chambres d'agriculture ont souhaité faire un tour d'horizon des exploitations en place et connaître la perception des agriculteurs vis-à-vis de leur situation et de leur vision d'avenir.

Gérard You, de l'Institut de l'élevage.
Gérard You, de l'Institut de l'élevage.
© Terra

De janvier à mai 2010, l'Institut de l'élevage et les chambres d'agriculture ont mené leur enquête auprès des éleveurs laitiers français (477 exploitations). L'objectif était de connaître leur vision, à plus où moins long terme, sur leur outil de production et leur réactivité face à une évolution prévue du marché.
Les structures déjà importantes aimeraient continuer leur croissance. L'horizon 2015, pour le bassin Charente, Poitou, Centre, c'est + 71 % de lait livré, + 42 % de vaches laitières et + 4 % de main d'œuvre. Les résultats sont similaires dans le bassin normand (+ 63 %, + 42 %, + 11 %). "L'Ouest se distingue par une restructuration moins rapide et la volonté de voir la productivité du travail s'améliorer (+ 46 %, + 34 %, - 1 %)", explique Bernard Le Lan, de l'Institut de l'élevage.
Mais tous les bassins s'accordent sur la première préoccupation des années à venir : la maîtrise des coûts de production. L'année 2009, par ses prix bas et la suppression des allocations, laisse entrevoir un début de réaction des éleveurs dans un marché libéral promis en 2015.
Avez-vous changé votre stratégie face à la baisse des prix du lait et volumes ? A cette question, "dans l'Ouest, 26% des éleveurs interrogés (plutôt "herbagés") n'ont rien changé, quand 53% ont cherché à réduire les coûts", précise Jean-Paul Huchon, de la chambre d'agriculture. Les leviers les plus utilisés concernaient l'effectif des animaux, quand il n'était pas limitant, et les concentrés en changeant sa nature (colza) et/ou en diminuant la quantité. "Ce qui a été flagrant sur cette crise de 2009 est le changement de relation des agriculteurs avec leur fournisseur. Plutôt fidèles jusqu'alors, ils sont allés voir ailleurs. S'ils n'ont pas sauté le pas, nombreux sont ceux qui ont fait des comparaisons", remarque Jean-Paul Huchon.

Le marché du lait en Europe

"Le prix du lait n'est pas un long fleuve tranquille en Europe. Chaotique, depuis 2006, avec l'arrêt de l'intervention, l'envolée puis le décrochage du prix beurre/poudre…, jusque là, le prix du lait valeur mondiale, on en tenait pas compte, mais elle va devenir la référence pour l'Europe, demain", explique Gérard You, de l'Institut de l'élevage.
Jusqu'en 2005, la production européenne collait au quota. Depuis, elle stagne, alors que le quota alloué augmente. Pourquoi ? Neuf pays produisent à eux seul 80 % du lait européen. Cinq d'entre eux, dont la France, sont à la baisse (de -1 à – 7 % pour l'Irlande).
La filière laitière allemande est pilotée par l'amont avec un paiement qui est fonction de la valorisation propre à chaque entreprise et l'apport aux laiteries est total et sans restriction.
Aux Pays-Bas, la production est rentable (revenu avant impôts deux fois supérieur à la France), mais elle est bridée par les contraintes environnementales. La force de ce pays est de n'avoir qu'un seul transformateur, le rendant compétitif sur le marché européen.
On observe aussi beaucoup de dynamisme au Danemark, mais le pays est plus fragile avec plus de restructurations et de cessations.
La situation au Royaume-Uni est atypique pour deux raisons. La production est entrée dans un processus de déclin avec une sous-réalisation de 2 millions de tonnes (15% de la production) et surtout le maillon transformation est un prestataire. Les contrats se font entre les producteurs et les distributeurs.
L'Irlande connaît aussi une baisse sensible de la production. Elle est essentiellement liée aux mauvaises conditions climatiques de 2009. 2010 s'annonce nettement meilleure.
L'Espagne connaît une double dépendance, celle des céréales par son intensification vers le hors-sol et celle du prix français. Les débouchés du lait espagnol sont le lait de consommation ou de la transformation étrangère, essentiellement française, le secteur en Espagne étant atomisé.
La France, quant à elle, connaît de fortes variations de collecte, conséquence de la politique de sur maîtrise dans le but de limiter la baisse du prix du lait.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Quand agriculteur et apiculteur travaillent de concert
Voilà 4 ans déjà que Frédéric Mésangroas, producteur de porcs à Plouigneau (29), accueille les ruches de Daniel Le Louët. Au fil…
Le retour très controversé des protéines animales transformées
Le 14 avril dernier le Standing Committee on Plants, Animals, Food and Feed (Scopaff - en français Comité permanent des végétaux…
Le Space sera bien là en 2021, à Rennes
Le salon de l'élevage fait son grand retour à Rennes. Entre soulagement, fierté et impatience, les organisateurs du Space livrent…
Les Entreprises des territoires en recherche constante de reconnaissance
Les entreprises des territoires (EDT) se réunissaient encore une fois en viso conférence pour l’assemblée générale 2021. l’…
Porcs : les éleveurs demandent la fin de la castration
"On bute sur le mur des abatteurs… Si le gouvernement ne nous aide pas, ça va être compliqué". Mardi dernier, l’association pour…
Choucas des tours : que faire pour limiter les dégâts à l’agriculture ?
Cette année encore, les dégâts de choucas des tours sur les semis de maïs sont nombreux. Et les agriculteurs des environs de…
Publicité